Blazers 19 : Sauvons le monde, sauvons les Dunes

Publié le par Devotionall

Il y a de cela quelques temps, je vous avais entretenu au sujet des Dunes, ce recoin de nature sauvage, à Gauchy, quartier du Moulin de tous vents, où j'ai passé de nombreuses années de ma jeunesse ( voir le 2 octobre, sur le calendrier à gauche ). Cet accès de nostalgie est en fait exemplaire de l'évolution du temps et des mentalités. Les Dunes, aujourd'hui, ont vécu, elles ne sont plus, mais comment pourrait-il en être autrement à une ère où chaque jour l'équivalent de centaines de terrains de football partent en fumée sur l'autel de la course à la production.

Les dunes, c'était la nature sauvage, le cycle des saisons tel qu'il était et se devrait de l'être : couvert par la neige en hiver, les Dunes renaissaient au printemps, les sauterelles et les papillons établissaient leur règne en été, la nature déclinait lentement et paresseusement en automne, et tout cela pour le plus grand plaisir des gamins du quartier, qui y dressaient cabanes et pièges retors, sans se douter de la chance qu'ils avaient. En 2006 les animaux n'hibernent plus, les flaurs printanières bourgeonnent en décembre, et le bitume a remplacé le moindre espace vert.

Alors au lieu de faire des cabanes, les moulins de tous ventistes de 2006 doivent passer de longues après midi devant des consoles toujours plus sophistiquées, comme des onanistes frénétiques à enfiler les buts sur Fifa 2006 ou dégommer des zombies dans des villes fantomes. Ils ne savent même pas reconnaître le papillon policier de la sauterelle coupeuse ( voir article précédent ) et n'ont jamais vu les cocons des araignées et les fourmillières géantes de la seconde bosse des dunes ( chaque bosse délimitait une partie plane, en tous trois bosses, avant d'arriver à une usine qui fabriquait du plastique en secret, au fin fond des dunes ).

Dans les dunes, ou pouvait aussi capturer des abeilles et des bourdons. Pour cela, il suffisait d'une bouteille et d'un bouchon : appliquer le col de la bouteille sur l'insecte, et vite refermer le bouchon. Impossible aujourd'hui : il n'y a plus de fleurs sur lesquelles les abeilles peuvent se poser, et les gosses du quartier sont trop occupés, hypnotisés par la télévision, les écouteurs de l'Ipod engoncés dans les oreilles insensibles. Cette génération n'aura pas les dunes car elle n'en est pas digne, elle n'aura que son paradis virtuel à conserver sur carte mémoire, pas dans la mémoire. Ma génération, celle d'Iron man et des super héros innocents, salue bien bas celle des petites culottes et du gore des mangas bidons, des sms et mp3 richement payés par les parents : vous seriez à plaindre, vous à qui ont a volé l'enfance et le merveilleux, si vous n'étiez finalement pas si heureux et imbus de votre captivité sentimentale. Vous ne savez, n'avez jamais su rêver, et ne serez jamais que de tristes insomniaques, qui fixeront béatement un lointain incertain, un no futur effrayant.

Rendez nous les Dunes !

Et rendez nous les vrais blazers, un appel entendu dès cette nuit : victoire sur le parquer des Pistons, qui l'eut cru, avec à la clé une belle performance défensive, chez les maitres du genre! Randolph a passé le début de match avec de la glace sur le genou, à se demander s'il allait poursuivre la rencontre, mais une fois décidé, il y est allé de ses plus de trente points, dont le panier de la victoire à vingt secondes de la fin. Sous les panneaux, Aldrige a joué une rencontre intense, et Jarret Jack confirme qu'il représente un excellent investissement pour les prochaines années, en semant la panique dans les rang de Détroit.  Même Dickau et Udoka ont réussi à placer des tirs primés au bon moment, pour rester à portée des Pistons. Certes, nous sommes encore loin de ce qui fut une finale NBA, dans mes chères années de lycée ( finales que j'allais regarder chez Conforama, en séchant les cours, sur les grandes télés branchées sur Canal plus ), mais en ces temps difficiles, une telle victoire est à souligner. Et ce n'est que le premier des six déplacements consécutifs qui attendent les Blazers en dix jours. On remet ça cette nuit à Milwaukee!

Jarret Jack : Bonnes nouvelles pour l'avenir...

DETROIT - PORTLAND   85 - 88

PTS : RANDOLPH   31

RBS : RANDOLPH   13

ASS : BILLUPS (Det)   8

Bilan : 7V   12D

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