Le journal des culturés : Quelques groupes inconnus...

Publié le par Devotionall

Le journal des culturés présente :

Un petit tour d'horizon des derniers cd's que nous avons écouté, en souhaitant que vous puissiez y trouver de l'inspiration pour vos prochaines acquisitions musicales. Beaucoup de bonnes surprises, d'artiste inattendus.

Et ça commence plutôt bien, avec THE TINY, un groupe inconnu ici, en provenance de la suéde. Il s'agit ici de leur deuxième production, "Starring someone like you". On a parfois l'impression de retrouver Bjork sur cete album, mais une Bjork débarassée de toute velleïté de diva, privilégiant la simplicité et l'innocence à la pseudo crédibilité artistico-exclusive. Cet album fleure bon les seventies et la grâce du fait-maison : pas d'arrangements miraculeux ou de surproduction outrancière, tout réside dans l'harmonie des voix et la fragilité de violoncelles ou de pianos mal accordés. La voix de Ellekari, la chanteuse, nous parle de rêverie et de ce que nous pouvons voir de l'autre coté, la nuit, quand la fatigue, et non les somnifères, nous a emmené voir Morphée. Les larmes de l'etrange créature de la pochette, une sorte de peluche géante à poils courts, qui pleure sur une ville immobile, plongée dans l'hiver, ne doit pas nous induire en erreur : la mélancolie n'est pas toujours synonime de tristesse, avec The Tiny. ( 7,5/10 )

Avec PLUS MINUS, nous avons eu la certitude que James Balayut, le chanteur de cet etrange formation née des cendres du groupe indie Versus, a apprécié les derniers travaux de Radiohead. Au point qu'il en a appliqué attentivement les recettes pour cet album qui n'est pas une nouveauté, étant sorti en fait en 2003. Quelque part entre The Notwist ou Postal Service, les nappes electroniques se mêlent tout au long des 45 minutes avec des guitares acoustiques mal réveillées, et le chant semble causer une souffrance telle que Tom Yorke, à coté, semble un abonné à Pif gadget en pleine crise d'adolescence. "Cutting out " est à ce titre exemplaire : tenter de faire une musique envoutante et depressive tout en en préservant la beauté et l'euphorie. Ceux qui ne comprennent pas les analogies avec Radiohead ont rendez vous avec la chanson "The ventriloquist" qui ouvre l'album, et qui est le parfait hommage à Kid A, par exemple. Plus Minus mérite bien qu'on y jette une oreille, l'album n'a rien à envier à la dernière sortie en solo de Yorke, si cela peut vous convaincre... (6,5/10)

TAPES'N TAPES, vous connaissez? Si vous nous dites oui, c'est fort, très fort. Soyons sérieux, personne ici ne se vantera de popuvoir toucher un mot sur ces grands inconnus de Minneapolis. Leur premier véritable album de 2005, The Loon, vient d'être réedité et cette fois distribué hors des States, la belle nouvelle. L'album a été enregistré en plein hiver dans un studio du Winsconsin, sans eau courante, voilà pour le coté roots, que vous allez retrouvez sur toutes les chansons. La force de ce groupe, c'est de varier les styles et le tempo sans même avoir besoin de se forcer : malgrè les apparences, toutes les chansons sont des mêmes compositeurs, du blues à la chanson à texte, presque non accompagnée. Nissan vient de s'emparer du morceau "Jakov's suite " pour une de ses pubs, le succès risque donc d'arriver. Pour notre part, nous vous invitons à ecouter "Manitoba" la sixième plage de l'album : une émulation parfaite de Band of horses, autre coup de coeur de 2006, un petit joyau à ne pas rater. ( 6,5/10 )

Enfin pour en finir aujourd'hui, voici donc JAMES YORKSTONE, qui vient de réaliser un joli album, The year of the Leopard. Supervisé par Rustin Man ( Talk TYalk, Beth Gibbons.. ) voici la preuve que la folk peut aussi satisfaire un public varié et habitué à bien d'autres choses. Yorkstone est ici en solo, débarassé de son groupe ecossais, les Athletes ( rien à voir avec les Musclés, Bernard Minet n'aime pas la folk; mais que devient il, d'ailleurs, et Framboisier, ce couillon ? ). Le principe est simple, ici : une guitare séche, une voix, profonde et sure d'elle, à la Cohen ( Leonard, bien sur ) et des titres parfois sublimes, comme woozy with cider, qui tourne en boucle depuis ce matin sur le juke box de l'ordi : la puissance des mots et de la voix, plus forte et émouvante que des dizaines de violons lourdingues et lassants. Les ecossais ne savent plus jouer au foot depuis fort longtemps, mais pour ce qui est de la musique, ils ont encore quelques cartouches à tirer. ( 7/10 )

 
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The Tiny : charmante pochette, en plus!

Morale de cet épisode du mardi? Des tas de bons albums sont actuellement disponibles chez vos disquaires préférés, à ceci près : Que personne ne fait l'effort de les promouvoir, puisqu'ils ne rapporteront finalement pas grand chose ( sauf miracle ) aux petites compagines qui les ont produit. Ou vous êtes labellisés Univers sale / EMI ou vous n'avez pas accès aux médias et à la publicité. Une autre des fonctions des blogs tels que celui ci est de relayer l'information musicale, pour éduquer un public, toujours plus nombreux, aux (vraies) découvertes musicales. N'hésitez pas à nous faire part de vos avis ainsi que de vos chroniques.

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