Les femmes ( au foyer ) savantes

Publié le par Devotionall

Est ce faire preuve de sexisme que de dire que le role de la femme au foyer est aujourd'hui en grand danger, et que c'est sa spécificité qui fait tout le charme des différences sociales entre hommes et femmes? Probablement, non ?

A ceux qui comptent résoudre les problèmes du chômage en interdisant l'accès des femmes au monde professionnel, à ceux qui pensent que de toutes façons, la femme n'est qu'un travailleur au rabais qui se fait mettre enceinte après de savants calculs pour pouvoir rester bien au chaud au foyer, je rappelle juste que vous n'êtes pas des visionnaires, ni des exaltés : d'autres avant vous ce sont essayés à ces vagues de machisme, et avec même bien plus de talent et d'ironie. Je vous laisse donc aujourd'hui en compagnie de Molière, cet auteur de cour qui fait de nos jours s'esclaffer grand nombre de collègiens trépanés ( Ah Molière c'est mort, c'est tous des pd qui ceux qui font du théâtre avec leur perruques à balles deux ), et qui nous rappelle, dans la comédie "Les femmes savantes", que la course à l'égalité des sexes est une chose, le savoir maintenir son propre statut, sa propre qualité, en est une autre:

Chrisale, bourgeois qui doit marier sa fille, se heurte aux décisions contraires de sa femme, qui en tant que femme savante et très docte, a prévu de donner la main de ladite fille à un intellectuel de piètre envergure, et calculateur, mais qui a su la charmer par quelques mièvres sonnets. Chrisale s'insurge ( quel nom idiot, d'ailleurs, Chrisale... )

Il n'est pas bien honnête, et pour beaucoup de causes,
Qu'une femme étudie et sache tant de choses.
Former aux bonnes mœurs l'esprit de ses enfants,
Faire aller son ménage, avoir l'œil sur ses gens,
Et régler la dépense avec économie,
Doit être son étude et sa philosophie.
Nos pères sur ce point étaient gens bien sensés,
Qui disaient qu'une femme en sait toujours assez
Quand la capacité de son esprit se hausse
 À connaître un pourpoint d'avec un haut de chausse.
Les leurs ne lisaient point, mais elles vivaient bien ;
Leurs ménages étaient tout leur docte entretien,
Et leurs livres un dé, du fil et des aiguilles,
Dont elles travaillaient au trousseau de leurs filles.
Les femmes d'à présent sont bien loin de ces mœurs :
Elles veulent écrire, et devenir auteurs.
Nulle science n'est pour elles trop profonde,
Et céans beaucoup plus qu'en aucun lieu du monde :
Les secrets les plus hauts s'y laissent concevoir,
 Et l'on sait tout chez moi, hors ce qu'il faut savoir ;
On y sait comme vont lune, étoile polaire,
Vénus, Saturne et Mars, dont je n'ai point affaire ;
Et, dans ce vain savoir, qu'on va chercher si loin,
On ne sait comme va mon pot, dont j'ai besoin.
Mes gens à la science aspirent pour vous plaire,
Et tous ne font rien moins que ce qu'ils ont à faire ;
Raisonner est l'emploi de toute ma maison,
Et le raisonnement en bannit la raison :
L'un me brûle mon rôt en lisant quelque histoire ;
 L'autre rêve à des vers quand je demande à boire ;
Enfin je vois par eux votre exemple suivi,
Et j'ai des serviteurs, et ne suis point servi.

Les femmes savantes, Acte II

 

Et vous, pensez vous que l'entretien d'une femme soit plus économique de l'achat d'un lave vaisselle, ou bien encore, avez vous remarqué que si les mains des femmes sont plus fines que celes des hommes, c'est pour mieux épouser la forme de l'interieur des verres et les nettoyer en profondeur ?


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