L'atelier des peinturiers : WILLIAM TURNER

Publié le par DEVOTIONALL

Aujourd'hui, je voudrais vous entretenir d'un peinturier de talent, dont j'ai pu apprécier de nombreuses oeuvres lumineuses lors d'un séjour à Londres, il y a deux ans : William Turner.

Tuner a eu un grand rival, John constable, mais qu'il a su surcallser par sa particularité et son talent. Ses premières toiles dénotent un pittoresque issu du XVIIIe siècle. Rapidement accepté par les milieux officiels, Turner s’intéresse au paysage historique et à la dimension littéraire de la peinture sous l’influence des peinturiers classiques Poussin et le Lorrain. En 1802, le peintre voyage pour la première fois hors de Grande-Bretagne : il découvre la grandeur dramatique des Alpes, et prend contact avec l’art français contemporain de David et de ses élèves. De retour en Angleterre, Turner peint des scènes rustiques de la vie champêtre anglaise, mais aborde aussi avec un souffle plus large les thèmes contemporains (La Bataille de Trafalgar, 1806-1808) et les scènes d’histoire dramatiques (Tempête de neige : Hannibal traversant les Alpes, 1812).

La lumière est de plus en plus présente et intense dans ses toiles. En 1819, un voyage en Italie accentue cette tendance. Ulysse narguant Polyphème (1829) est le sommet de cette évolution : lumière et couleur sont traitées dans une abstraction sans précédent. En 1834, l’incendie du Parlement de Londres lui inspire plusieurs études ayant pour sujet la violence et le feu, où il développe ses expériences sur la couleur, chargée d’une forte puissance émotive, jusqu’à la libération totale vis-à-vis de la peinture tonale. Turner compose désormais ses tableaux autour d’un tourbillon, et cherche à accentuer la composition centrifuge en expérimentant des formes nouvelles, carrés et octogones. Evoluant toujours, sa peinture confine à la fin de sa vie à l’abstraction (Pluie, vapeur, vitesse : le Great Western Railway, 1844).


The slave Ship ( William Turner ) 

Turner a un talent époustouflant lorsqu'il s'agit de jouer avec les couleurs, de peindre les horizons, les couchers de soleil, le ciel qui s'embrase. Il donne à ses toiles une touche de mélancolie qui souvent confine avec la rebellion des éléments, la grandiosité de la nature qui semble dominer et ecraser l'homme par sa magnificience. La lueur blafarde di soleil est ici pretexte à une scène hautement dramatique et poignante, avec ce navire d'esclave ( une galère ) en proie à la furie des vagues, des hommes privéd de leur liberté mais aussi entre les mains des éléments sauvages. Rarement un artiste a réussi à peindre avec autant de vérité le ciel et ses multiples coloris, et à en dégager une beauté aussi merveilleuse que menaçante. Turner, c'est "a piece of art", comme disent les britons entre deux bieres. Cool.

Commenter cet article