PROFONDO ROSSO - Angoisse et frissons avec Dario Argento

Publié le par DEVOTIONALL

A ceux qui apprécient les films angoissants et gores, je ne peux que recommander le chef d'oeuvre de Dario Argento, Profondo rosso (les frissons de l'angoisse en VF ). Ce film, en Italie, est considéré comme la grande référence du genre, et a marqué de son empreinte toute une génération de cinéphile, captivés par ce "giallo" ( enquête policière ) à fort taux d'hémoglobine. Argento démonte et s'amuse avec les codes du genre, et signe des scènes brèves mais efficaces, d'une cruauté et d'une sauvagerie à vous faire faire des cauchemars. La musique du film, signée par le groupe Goblin, est aussi devenue célèbre : une sorte de comptine musicale pour enfant introduit les grands moments de frisson et d'horreur, qui sont autant de petites oeuvres d'arts dérangées.

Marcus Daly ( sosie presque parfait de Robero Mancini, entraineur de l'Inter ) vit à Turin, où il exerce le métier de pianiste de jazz. C'est un musicien et un compositeur renommé, contrairement à son ami Carlo, pianiste également, et tout aussi talentueux, mais que le succès notoire fuit inlassablement. Carlo est en quelque sorte le "Janus" de Daly. L'un est homosexuel, alcoolique et prolétaire, l'autre est un peu "macho" et embourgeoisé. Carlo vit encore avec sa mère, Martha, une ex-actrice adulée recluse dans le passé et à moitié folle. Marcus habite quant à lui un appartement cossu dans un immeuble très chic. L'étage juste au-dessous du sien est occupé par une parapsychologue, Helga Ulmann, un médium capable de lire les pensées des gens. Un soir, tandis que Marcus vient de quitter Carlo ivre-mort sur la grande place qui fait face à l'immeuble résidentiel, il est témoin du sauvage assassinat de Miss Ulmann, dont la tête vient fracasser les carreaux d'une fenêtre. Derrière le médium se tient une silhouette noire non identifiable. Marcus se précipite sur les lieues, et de là, mène l'enquête, au péril de sa vie, et en binome avec Gianna Brezzi, une journaliste ambitieuse qui l'entraine vite dans son lit.

Profondo Rosso est un film de 1975, et il en a les qualités et les défauts : un charme inné et un peu désuet, une photo typique de l'époque, des costumes et des tenues vestimentaires qui fleurent bon les seventies. L'alternance des plans d'ensemble (conversation entre Marcus et Carlo sur la place, conférence dans le théâtre) et des gros plans par le biais d'une caméra subjective (jouets dans une chambre d'enfant, assassin quittant la salle de théâtre), la violence inouïe des meurtres, la musique obsédante des Goblin, contribuent grandement à la particularité du film. Les décors baroques et insolites accentuent de plus l'aspect parfois "irréel" de "Profondo Rosso". Les morts sont donc hyper-violentes, graphiquement terrifiantes, en tous cas très imaginatives, souvent au détriment de la logique et de la vraisemblance. Mais qu'importe, on se trouve dans un giallo, après tout, dans lequel tous les codes du genre sont non seulement respectés, mais aussi magnifiés. Vous voulez du sang, vous voulez des frissons, vous vouez un chef d'oeuvre du genre? vous venez de trouver!

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