Blazers 28 : Journal de Noël
Le voyage aller, qui me ramène à Lille après de longs mois d'absence, est des plus ennuyeux. La SNCF, fidèle à ses habitudes, accuse un retard d'une bonne demie heure sans la moindre explication ou justification. Dans le train, je suis assis à coté d'un vrai boute en train, ManuX, qui a pris soin de se caler deux boules quiès dans les oreilles : chouette, on va pouvoir parler un peu!
Premier impact avec Lille : un peu comme la porte du congélo qu'on aurait laissé grand ouverte pendant toute la journée, froid polaire et recours au bonnet. En gare de Lille Flandres la Sncf met généreusement à disposition des chauffages d'appoints qui ne chauffe pas, ou bien il faut s'en approcher dangereusement, et là vous brulez. La seule vraie source de chaleur de la soirée est finalement Marycarole qui débarque à l'heure, elle, et nous partons directement défier le gel et les congères pour un resto argentin du Vieux Lille. Ma foi je ne connaissais pas, un coin fort sympathique pour de bons petits plats, rue de Gand pour les personnes interréssées. Je recommande.
Amis obsédés et aux idées mal tournées, je n'ai pas de détails croustillants à vous fournir quand à la nuit chez notre belle montpellieraine, ni sur la matinée suivante. Ne soyez pas si déçus, je me suis grandement assagi, avec les ans. Merci MC pour l'accueuil, et une remarque : ne vous laissez pas abuser par le comptoir sicilien du marché couvert de Wazemmes : Les arancini n'ont de sicilien que le nom, ils vous servent des involtini au speck avec de la tomme, même les cannoli sont décevants. En prison, les imposteurs.
Le samedi après midi est une course contre la montre pour se procurer les derniers cadeaux. Dans les grandes enseignes, les consommateurs de bousculent. Toute l'année les français se lamentent sur leur pouvoir d'achat, l'augmentation du coût de la vie, mais le 23 decembre, ils vous assènent moult coups de coude et crocs en jambes malicieux pour être le premier au rayon BD de la fnac ou s'emparer d'une echarpe chez Camaieu. Une furieuse envie de distribuer deux ou trois taquets au passage m'a effleuré l'esprit, mais la perspective d'une veille de réveillon en garde à vue m' a dissuadé de faire couler le premier sang. Soirée troisième âge au coin du feu chez ma soeur, autour d'un trivial poursuite. N'ayant jamais subi de défaite à ce jeu pseudo culturel, il était prévisible que l'invincibilité perdure, malgré une fatigue harassante.
Jingle bells, c'est le jour du reveillon. Alex et moi on se fait une pizza dans un pseudo restaurant italien de Lille : la bas il vous serve la margherita avec, je cite : pomodoro, formaggio e prosciutto. Et oui, du jambon dans la margherita, il fallait oser. J'avais peur de trouver du fromage blanc dans le tiramisù, mais finalement c'était la partie la plus correcte du repas. Impossible de trouver un billard disponible sur Lille, pour faciliter la digestion! Tout était fermé, nous avons du nous rabattre sur un vieux bowling mal en point où les boules se bloquent deux fois par partie en fin de piste. Courte mais méritée victoire sur l'interiste déconfi, qui cette fois pourra se consoler avec le scudetto en fin de saison, faute de concurrence sérieuse en série A. Retour chez la soeur pour le réveillon avec une bûche aux trois chocolat qui m'a coûté l'équivalent d'un mois de salaire en Pologne : certes elle était délicieuse, mais à ce prix la, elle pouvait l'être!
Le reveillon, c'est la fête et les cotillons, des heures de fous rire et de convivialité, un repas exceptionnel préparé par le plus grand traiteur... Plus sérieusement, un reveillon comme un autre, un reveillon de Noël, quoi. La grande nouveauté appréciée, c'est de ne pas entendre de télé durant le repas. Je hais le recours à ce type d'appareils durant des soirées de ce genre : c'est l'echec cuisant de la communication entre les êtres, l'imbécillisation jusque'à la lie. Après que le Père Noël soit passé par la cheminée ( au 8° étage d'une tour de Mons en Baroeul, le Père Noël a des techniques bien à lui pour s'occuper de la France d'en bas, qui en général vit en haut ) les cadeaux pleuvent à gogo! Je dois admettre une chose, cette année je suis gâté, j'ai même eu l'impression, à un certain moment, d'être en phase terminale de leucémie, pour mériter tout cela. Merci bien sincère à tous ceux qui ont pensé à moi, les comics sont tous superbes, et les bons d'achats pour le Furet du Nord ( existe t'il un Furet de la Côte ? ) se transformeront vite en petits frères des cadeaux précédents. Cela dit c'est bien joli tout cela, mais moi j'ai un train à prendre le 25, jour de mon anniversaire, à midi un quart. Alors bonne nuit.
Départ de Lille Europe à 13 heures. Vous avez remarqué la différence avec l'heure indiquée plus haut? Bravo, bienvenus dans le monde merveilleux de la Sncf, qui continue l'opération " cher client, nous te mépriserons jusqu'au bout". Retard de 45 minutes, bientôt une heure à Marseille et à l'arrivée, sans la moindre compensation ( ce n'est pas de notre faute, un homme s'est jeté sur les rails... ) ni la moindre excuse. Plus de bus à l'arrivée à Nice, merci les taxis et leurs tarifs exorbitants. Au total, rien que pour monter et descendre de Lille, près de 250 euros partis en fumée, Noël c'est une fois par an, et c'est tant mieux. Je rentre chez moi pour constater que cette fois... je n'ai pas été cambriolé, quel soulagement. L'immeuble est vide, seule la voisine nouvelle arrivante est restée dans son studio, j'entends sa gamine qui braille comme chaque jour, une petite crétine de dix ans qui pique des crises à toute heure du jour et de la nuit. Une fois ma porte en acier refermée, silence et soirée repos, quelques coups de fils, et retour à la vie normale jusque le 28 au soir et le départ pour Rome, Naples, Avellino, et des soirées de débauche en perpective ( enchaîner un mariage le 30 et le reveillon du 31, à l'italienne, ça va être du sport ).
Sur ce, bonnes fêtes de fin d'année à toutes et à tous, un grand merci à toute la famille que je salue : à demain...
Match presque inutile, cette nuit, pour les Blazers, tant la différence entre l'équipe et celle des Suns de Phoenix est encore eclatante. Impossible de rivaliser avec une formation qui joue pour le titre, et traverse une très bonne phase, quand on est un jeune team qui mise avant tout sur l'avenir et les prochaines saisons. De plus, les suns, habitués à un jeu ultra offensif et peu de défense, ont su habilement entrainer les Blazers dans leur jeu, pour les abattre encore plus facilement. Barbosa a mené la défense de Portland en bâteau durant tout le temps passé sur le parquet. La diiférence fondamentale entre les deux équipes est la vitesse d'execution des actions et la cohésion qui règne depuis de longs mois chez les joueurs de l'Arizona. Une défaite qui était finalement prévue, donc rien de bien grave, mais il faudra profiter des prochains matchs à la maison pour soigner quelque peu le bilan. Durant ce temps, Yao Ming, le pivot crée en laboratoire par nos amis chinois, s'est dechiré la cheville juste avant le reveillon, et sera absent six semaines, alors que Iverson a pour la première fois fait gagner ses nouvelles couleurs, Denver, avec 28 pts et 13 assist contre Boston.

La tête dans le sac, pour les Blazers
PHOENIX - PORTLAND 110 - 87
PTS : MARION (Pho) 23
RBS : RANDOLPH 14
ASS : DIAW (Pho) 8
Bilan : 12V 16D