La nostalgie n'est qu'un leurre!
Retour à Nice en ce mardi matin, après une courte excursion d'un peu plus de 48 heures dans le grand nord. Si parfois je me laisse gagner par la mélancolie classique de ce qui fut et ne sera plus ( la vie estudiantine, aucune responsabilité, glandage en fac voire en fnac ), ce type de week end a au moins un grand mérite : me remettre les idées en place et me rappeller les multiples raisons pour lesquelles un retour à Lille n'est pas franchement ce que j'envisage dans un proche avenir!
D'ailleurs, pour en finir avec la nostalgie canaille, je vous renvoie à ce que je pense de ce sentiment. Flash back, l'article datait de novembre 2005, je l'ai naturellement éliminé.
Puisque je change chaque année de ville, de région, voire de pays, certaines personnes, résidents sédentaires de leurs villes de naissance, s'étonnent du fait que je n'éprouve pas vraiment de nostalgie pour les lieux passés, ou ceux de ma jeunesse.
Cela n'est pas tout à fait vrai. Même lorsqu'on a grandi en Picardie, dans un des recoins les moins glamours du Nord de France, on peut parfois, en habitant Rome, la Provence ou la côte d'Azur, ressentir le besoin ou l'envie de retourner sur les lieux de nos premières années.
C'est ce que l'on apellera la nostagie, le malaise qu'induit l'impossibilité d'être physiquement présent dans des lieus qui nous ont marqués. Mais cette nostalgie est en fait une mythisation de souvenirs, un processus naturel qui vient parfois affleurer à notre esprit lorsque le présent n'est pas exceptionellement rose, ou lorsqu'il le semble trop, paradoxalement.
Cela se combat par l'analyse : il suffit que vous preniez une feuille et un crayon, et que vous annotiez point par point les avantages que vous offrirait un retour en arrière. Les raisons pour être vraiment et rationellement nostalgique. Que vous ne vous contentiez pas de sensations mais de faits. Par exemple, vous aimeriez, quelques années plus tard, retrouvez des amis de fac pour une sortie un samedi soir. Mais ces mêmes personnes ont probablement une vie personnelle et familiale, des centres d'intêret qui font que désormais vous appartenez à deux sphères différentes, interagissants sur deux plans différents. Voire, ils ne se rappellent même plus de vous, ou ne pensent jamais à vous. Le plus drole est que ce même présent qui vous fait être nostalgique, vous en serez nostalgique, selon toute vraissemblance, dans quelques années.
Si nous étions immortels, nous pouriez nous moquer ouvertement de la nostalgie et de la distance, et prétendre avoir le temps de notre coté, pour entreprendre tous les retours possibles et imaginables. Mais dans un monde marqué par la finitude de toutes choses, le peu de temps qui nous est imparti pour réaliser notre destinée nous insuffle une telle frénésie, un tel effroi, que chaque seconde qui s'écoule tombe dans un gouffre sans fond, un long et sombre précipice, dans lequel nous nous efforçons candidement d'apercevoir une faible lueur, pour nous assurer que nous ne vivons pas en vain.
En réalité, le contraire du nostalgique est le visionnaire, ou celui qui trouve dans chacune des petites choses de la vie, une potentielle surprise, qui a encore le sens du merveilleux. C'est pourquoi les enfants ne sont pas nostalgiques.
En attendant, pas un seul billard disponilble à Lille, un dimanche après midi. Invraissemblable que dans une soit disante metropole de cette ampleur, aucun tapis vert ne soit disposé à nous recevoir. Heureusement que Annalisa est là pour le lot de consolation : quelques photos de mes exploits balistiques, lors de l'obtention du titre envié de Champion d'Europe de billard catégorie petite et moyenne bourgeoisie.

Le champion d'Europe Culovic s'apprête à perdre son titre: Devotionall est sur le point de conclure la partie par une avant dernière jaune élémentaire, suivie d'une ultime boule un peu plus ardue. Il finira la partie avec la noire, en réalisant le coup du grillon sauvage, dont il est le seul maître à ce jour.

Dans la même soirée, Devotionall s'est fait 4 groupies italiennes sans même forcer son talent : de gauche à doite : assitante italienne dont j'ai perdu le nom, Anna, autre italienne sans nom, mille excuses pour ma mémoire défaillante, et Annalisa, notre chère photographe pour l'occasion. Certes, ce n'était que du billard....