On écoute pour vous...
Premier Cd à passer sur la platine : le dernier CASSIUS "15 again" . L'honneur de la France dans le monde de la house peut être sain et sauf, ce nouvel album tient toutes ses promesses. Exilés dans une maison à Ibiza et dotés d'un materiel minimum pour l'enregistrement, les deux ompères Zdar et Boombass ont eu également la bonne idée de bien s'entourer, et d'inviter plusieurs pointures comme Etienne de Crecy, dont on retrouve la patte sur le titre phare 15 again, ou Sebastien Tellier qui officie à la basse sur plusieurs titres. du reggae funk de see me now à l'electro ambient de Cria Cuervos, une nouveauté bien sympathique pour donner du rythme à vos prochaines soirées. ( 7/10 ) . Toutefois si aux dancefloor et aux descentes sous acides vous préferez l'intimité d'une soirée aux chandelles sous une bonne nappe de mélancolie, avec vue fixe sur la corde accrochée aux poutres du cellier, BAND OF HORSES saura vous séduire. Everything all the time est le première album de cette ovscure formation de Seatlle, et il est passé totalement inaperçu de ce coté de l'atlantique. Horrible méprise, nous avons affaire ici à un véritable chef d'oeuvre, d'une beauté rarement atteinte ces temps derniers. A la croisée des chemins de Mercury Rev au sommet de sa forme ( celui de Deserter's song ) et d'Arcade Fire ( mais en bien plus romantique ), Band of Horses est LA révélation de 2006, une pépite perdue aux milieux de galets sans valeurs. Procurez le vous d'urgence. ( 9/10 ). Pendant ce temps, les Inrocks s'extasient pour THE PIPETTES, groupe de filles allumées qui nous envoie leur pop sucrée formatée " je veux passer à la radio par tous les moyens " . Rien de bien original la dedans, We are the Pipettes n'est pas un mauvais album, juste la copie d'une copie déjà entendue, un gentil CD que l'on écoutera un mois avant de le brader chez La Clef des champs ( spécial dédicace Vieux Lille, les autres peuvent pas comprendre ). Un girl groupe de plus, that's all folk ( 6/10 ). Nous pouvions aussi évoquer le dernier album de PHOENIX, des français qui font du rock et qui plaisent beaucoup à la presse spécialisée et à l'etranger. Mais hélas It's never been like that est un disque chiant et plat, qui ne vous laissera rien de bien précis à savourer. ( 5/10 )
Une dernière remarque concernant le nouveau single de DEPECHE MODE, Martyr, bientôt chez vous et dans vos I pod. Single imparable up tempo reprenant les thèmes classiques du groupe ( pain, suffering, love, et je vais mourir dans d'atroces souffrances mais je suis heureux comme ça ), Martyr a tout pour cartonner et réjouir ceux qui ont adoré l'inestimable Playing the angel. Inusable, les DM, encore mieux que les nouvelles duracel...
BAND OF HORSES : L'obsessio pop du moment
Quelle merveille ! Et dire que Sub Pop n’est même plus distribué en France pour nous régaler de ce trésor, il y a vraiment des claques qui se perdent ! Avis aux distributeurs et labels en manque de prospection artistique, Sub Pop est au même titre que Secretly Canadian l’une des enseignes rock les plus alléchantes d’outre-atlantique (Shins, Iron & Wine, Wolf Parade, Sleater-Kinney, Rogue Wave).
Band Of Horses est la dernière botte secrète du label de Seattle. Les mystérieux cavaliers qui se cachent sous cette identité nous ont posé un véritable guet-apens amoureux, un traquenard pop dont il est difficile de sortir indemne. Depuis l’écoute du bien nommé Everything All The Time, on a stoppé les rotatives, caché furtivement la pile de cds à chroniquer (et dieu sait qu’on a du retard !) pour vous parler expressément de ce disque, une façon d’exorciser cette addiction qui nous rend si coupable ces temps-ci. Oui, coupable, car Band Of Horses a le don de rendre le reste de l’actualité musicale morne, bien pâle.
La faute revient à deux briscards de la scène indépendante de Seattle, Ben Bridwell (guitare/chant) et Matt Brooke (bassiste), ex Carissa’s Wierd, excellente formation dream pop qui n’a jamais dépassé les frontières de l’état de Washington en 10 ans d’existence. Enregistré dans l’ancienne capitale grunge sous les précieux conseils du producteur Phil Ek (Modest Mouse, Shins...), ce premier album qui fait suite à un remarquable EP paru l’année dernière s’impose comme un must pour amateur de pop à guitare.
Pour évoquer le terroir musical de Band Of Horses, on a pu entendre ici et là le nom des Shins et My Morning Jacket. Personnellement, on penchera surtout du côté du gang pastoral de Jim James, pour cet emploi d’une reverb outrancière (“Part One” fait partie des preuves à charge enregistrées dans ce procès assigné par My Morning jacket pour plagiat). L’empreinte americana y est pourtant moins marquée qu’elle ne le suggère. Hormis un banjo sur “Monsters” et quelques ambiances boisées, les étalons du northwest s’attachent plutôt à façonner des ballades pop à la beauté surannée. La voix ultrasensible de Ben Bridwell - compromis improbable entre Jim James et Doug Martch de Built To Spill - y est pour beaucoup. Son chant habillé de cette reverb divine flotte sur des mélodies désarmantes de simplicité et d’intensité.
Les chansons de Band Of Horses sont rudimentaires en terme d’arrangements, élevées essentiellement par des guitares rêveuses et délicieusement brouillonnes, les même que nous gratifiait Dean Wareham du temps de Galaxy 500. De ce fait, Band Of Horses pourrait être un guitar band assez conventionnel d’approche, si son sens des harmonies ne relevait pas du travail d’orfèvre. Ben Bridwell et Matt Brooke puisent leur refrain dans une source d’inspiration lumineuse qui semble intarissable. Le délicat “Our Swords” et un vibrant bottleneck sur “The First Song” ne manqueront pas de rabibocher les inconditionnels de Built To Spill. Légèrement augmenté d’un grain de saturation, “Wicked Gil” et le guilleret “Weed Party”, ont ce sens heureux du refrain que l’on traque sans vergogne chez les groupes signés sur Sub Pop depuis la suprématie des Shins.
Mais c’est proprement au rayon intimiste que le coup fatal sera porté. Parmi les perles du lot, le troublant “The Great Salt Lake” vous tétanisera de frissons. C’est tellement beau qu’on en chialerait. Et puis arrive le titre fondamental, celui dont se damnerait tous les apprentis James Mercer et Mark Linkous de la terre, “The Funeral”. Des arpèges sensibles maltraitent une 7e corde (sensible également), guidé par une voix en état de grâce qui semble ne plus toucher terre. Durant cette fulgurance, Ben Bridwell nous souffle “At every occasion, I’ll be ready for a Funeral”. Assurément, il faudra désormais se recueillir quotidiennement sur ce chef-d’oeuvre.
Merci à www.pinkushion.com
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