Fucking job
Fucking job in a fucking way...
Est-il possible aujourd'hui de sauver l'éducation nationale? (Dis)fonctionnement quotidien d'une machine à broyer qui fait du formatage son cheval de bataille et la lutte contre un enseignement correct son incroyable croisade. Le monde à l'envers en quelques remarques:
1. L'abolition du collège unique se fait attendre. Le collège unique, sous couvert de donner à tous les mêmes chances jusque la troisième, confine des éléments déjà repérés depuis deux ou trois ans comme en marge du système educatif à patienter dans des classes bondées, à recevoir un enseignement qui n'a pour eux aucune valeur ni finalité. Plutôt que de les integrer dans des filières professioneles pour acquerir un savoir faire direct, qui cela dit en passant fait cruellement défaut au pays aujourd'hui, nous les maintenons dans le collège unique pour "faire du chiffre" au détriment de la qualité de l'enseignement.
2. Les IUFM doivent disparaître au plus vite. Enormes machines qui coûtent des milliards à l'Etat, mais qui n'aboutissent à rien d'autre qu'à un formatage flagrant et préocupant du corps enseignant. Des centaines de formateurs aux compétences douteuses, des milliers d'heures de cours richement payées mais franchement inutiles, une mécanique aussi agile qu'un éléphant dans une verrerie, les iufm sont une aberration contre le bon sens.
3. Les classes de seconde à 37-38 ? Les classes de collège qui implosent? Tant que les effectifs seront ce qu'ils sont, il sera impossible d'offrir un enseignement de qualité. En conséquence, il serait bon de refuser systématiquement les visites des IPR ( inspecteurs pedagogiques qui viennent juger les profs bien qu'ils ignorent tout de la réelle situation actuelle qu'ils contribuent à faire se dégrader ) qui n'ont plus de crédibilité : comment des individus complices d'un système vicié pourraient ils juger des profs qui ne sont plus à même, du fait des tares de ce système, d'assurer des cours satisfaisants ? Casse tête chinois...
4. Les parents d'élèves sont des parents d'élèves. Pas des enseignants, ni des inspecteurs, ni des juges. L'autre soir, une blondasse couverte de colliers chic et toc, s'est permise de demander à un collègue de physique : Pourquoi si vous mettez en pratique toutes vos bonnes résolutions et vos idées que vous venez de nous exposer ( car oui les profs ici à Nice doivent exposer aux parents leur visées pédagogiques, une aberration de plus ! ), les élèves s'ennuient autent en assistant à vos cours.. Sans commentaires, encore moins sur l'absence de réaction du proviseur qui laisse passer ce type d'intervention sans défendre le corps enseignant.
5. Les élèves eux mêmes. Bande de petits cons nourris à l'I pod et la playstation, acnéïques boutonneux sans respect pour rien ni personnes, incultes patentés à qui on a déjà allégé tous les programmes pour faciliter la lente integration dans un monde au bord de l'auto implosion. Ils sont parqués bien sagement dans nos salles pour ne pas qu'ils cassent les attributs de leurs parents dans la journée. Nous ne sommes pas des profs, mais de simples animateurs sociaux. L'ecole est une grande garderie organisée, une vaste supercherie qui opère sous le couvert de visées éducatives...
6. Faire la grève. Pour quoi faire? Les routiers bloquent les axes d'autoroute, le pays est à genoux. La SNCF grogne, et la France tombe victime du chantage du rail. Les profs cessent le boulot? Les élèves font la fête, les parents s'en prennent à ces faignants de fontionnaires trop payés, le gouvernement s'en contre fiche jusqu'au trentième jour de grève, ce que les enseignants en 2006, payés somme toute assez chichements surtout en début de carrière, ne peuvent pas se permettre.
Rapide conclusion succinte pour ce soir ?
Nous accomplissons chaque jour un vrai boulot de m....... dans des conditions de m.........., quoi de plus normal que la considération que le grand public a de notre fonction soit celle que l'on a généralement pour la m.........
Fucking job in a fucking way.