HANCOCK : Will Smith anti superhéros
Pour une fois on ne pas nous rabattre les oreilles avec le concept du super type sans peur et sans reproche, porté par ses idéaux et sa noblesse d'âme. Le super-héros, jusqu’ici modèle de vertu, en prend pour son grade avec ce film. Hancock est asocial, alcoolique, susceptible, assez feignant, bas-de-plafond, violent en bref comme on le lui répète le long du film, c’est un sale con. Tout le contraire de Superman, avec qui il partage une seule chose : sa toute puissance, son invincibilité totale.
Will Smith incarne parfaitement le rôle. Non pas qu’il corresponde aux adjectifs de son personnage mais dans un film d’action fantastique il est comme un poisson dans l’eau. Certes il ne s'agit pas là d'un rôle des plus raffinés, et le critique pourra peut être faire la moue surtout si comparé au récent "Pursuit of happiness", mais étant l'un des héros d'une certaine coolitude à la black américaine, il fallait fatalement que cela arrive au grand ecran. En face, il n’y a pas de super-vilain. Et pour une fois ça fait du bien de ne pas voir un super-héros suivi de sa cohorte de puissants imbéciles ayant tous le même but : conquérir le monde. L'ennemi d'Hancock, c'est lui même. Ce n’est pas une adaptation d’un comics, et on ne s'en plaindra pas ! Les adaptations sont par nature peu fidèles et généralement décevantes pour les fans. Certains des super-héros existent depuis 60 ans et ont au moins une aventure par mois, résumer leur parcours en un film de 2H frise souvent le ridicule et conduit la plupart du temps à des aberrations chronologiques (X-Men) ou a des omissions rendant le héros fade et sans profondeur (Spiderman).
Dans ce film, c'est la solitude du héros qui lepousse à plonger dans le coté obscur de l'individu. Alcool, frime, tout est bon pour évacuer un dangereux mal de vivre, un malaise persistant chez un être que rien ni personne n'est en mesure d'arrêter. Une vraie solitude et pas juste le sentiment habituel du super-héros tiraillé entre son devoir et le besoin de protéger ses proches qui l’oblige à avoir une double-vie. Au final on en tire un film agréable et divertissant dans sa première heure, avec de bonnes petites trouvailles et des sourires faciles. On se perd un peu dans un final rocambolesque et qui soulève autant de poussière que d'interrogations. On a même l'impression que le réalisateur pris par le temps, a décidé de bacler son film avec moult explosions, pour en finir avec ce qui jusque là semblait pouvoir mériter le titre de petite réussite plaisante. Dommage car il y avait là un potentiel certain, en évitant le sensationnel et le grand guignol de la dernière demie heure. Ce qui n'empêche pas le tout de rester assez correct, même si loin de ce que j'attendais de cette sortie, pour laquelle il y avait tant à dire et à faire. (6/10)