GUILLERMO VARGAS HABACUC
J’ai finalement décidé de donner un nouveau ton à ce site. Une nouvelle direction. C’était cela où le fermer, et j’ai opté pour cette solution. Je compte continuer à vous proposer une actualité musicale, filmique, littéraire, mais autrement. Plus avec des remarques personnelles sur ce que tout cela m’inspire, que de la simple chronique froide et objective. Après tout nous vivons dans une société où chacun veut savoir ce que fait l’autre, l’épier, se repaître de banalités absurdes, pourvu qu’elles soient étalées sur la place public. Des émissions comme le Loft Story ou la Star Academy, c’est un peu l’antichambre du phénomène de la blogosphère. La vie, le quotidien des gens que vous lisez régulièrement, hormis pour vos amis proches ou votre famille, est sans intérêt. Absolument aucun, je vous assure. Et pourtant, vous ( nous ) continuez de fréquenter ces sites divers et variés où s’étalent une logorrhée pseudo littéraire, une véritable graphomanie galopante qui encombre la bande passante du net, à coups de vidéos youtube ( je sais pas quoi mettre dans mon article, hop une vidéo. Comme si une force inexplicable obligeait l’internaute à publier un article ) ou de photos privées.
Mais le monde tourne un peu à l’envers, vous avez remarqué ? Je veux dire, même l’art n’échappe pas à cette règle. Je viens de prendre connaissance d’un certain Guillermo Vargas Habacuc, un artiste costaricain, qui a eu une idée splendide : enchaîner un chien dans une salle d’exposition et le laisser mourir d’inanition ( sans lui donner à manger ou à boire, pour les incultes ) sous les yeux du public, qui assiste à la « performance » artistique, jour après jour, jusqu’à l’inéluctable mort. L’animal ( c'est-à-dire l’artiste, qui ne peut se targuer du mot humain après cela ) compte réitérer prochainement sa triste expérience, ce qui a déclenché sur le net une vague de protestations et de pétitions. Sans pour autant aimer les chiens ( c’est le moins qu’on puisse dire…) je me demande : comment le public peut-il assister à cette « expérience » artistique sans jamais avoir le réflexe de détacher l’animal mourant ? Est-ce un gros canular, ce que je souhaite, relayé par des milliers d’internautes ? Dans ce cas, je serais bien content d’être parmi les jobards qui mordent à l’hameçon. Autrement, ces mêmes amateurs d’art accepteraient ils qu’un moustachu hystérique les filme pendant qu’ils prennent une douche au gaz, juste pour réaliser une « prestation artistique » ? La curiosité morbide et l’indécence morale, ça doit être ça qui fait avancer le monde. Et prospérer le Net ?


Les chemins de l'art sont parfois tortueux..