DANIEL DARC - AMOURS SUPREMES
Du rock aux arts martiaux, en passant par la défonce sous diverses formes, Daniel Darc est un des ces individus qui vivent leurs passions à fond, et peut importe qu’elles soient destructrices. Cet ancien membre du groupe Taxi Girl a connu la gloire dans les années 70, et ensuite expérimenté que le plus dur n’est pas gravir la pente du succès, mais d’être capable de gérer l’autre versant, celui de la rapide descente, sans que la chute finisse, par force d’inertie, par devenir une dégringolade incontrôlable. Sa carrière est clairsemée de sorties ici où là, espacées les unes des autres, sans grand liant à première vue. C’est pourquoi une seconde nouveauté en l’espace de quelques années relève presque de l’exploit. Le chant de Darc est important dans cet album, il colle parfaitement aux propos et crée à lui seul une atmosphère prenante, ce qui pousse beaucoup à évoquer le spectre de Gainsbourg. En fait il semble qu’il rende au romantisme sa vraie vocation, celle d’un courant mélancolique et doté de classe, avec des thématiques mortifères, la mièvrerie en moins. Ce qu'il nomme justement ses amours suprêmes.
Pour ce cinquième album solo, Darc est particulièrement bien entouré, au point même de fricoter avec Alain Bashung, pour le titre L.U.V qui a des faux airs de Air, une mélodie electro maîtrisée et versaillaise. Les thèmes sont bien sur assez sombre, et l’amour et ses déchirures/blessures est décliné sous ses différentes formes, avec quand même assez souvent une petite touche d’espoir, voire de rédemption. Sinon comment expliquer la trompette salutaire qu’on entend sur ça ne sert à rien, par exemple ? Le temps qui passe, les remords et les regrets qui s’accumulent sont d’autres soucis très présents. J’irais au paradis semble être l’espérance finale de Darc ( plus si Dark pour le coup ) qui le clame haut et fort : puisque qu’il a vécu un enfer, il s’est bien gagné le droit au paradis ! La vie est mortelle, Serais-je perdu, autant de chansons bien gaies qui vont vous donner la pêche avant d’entamer une nouvelle dure journée de labeur. (7/10)
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