L'ILE ( Ostrov / de Pavel Lounguine )
Petite plongée dans le cinéma russe ce jour, avec un film actuellement sur vos grands écrans : L’Ile, ou simplement Ostrov, en VO. Vous aimez le cinéma qui fait de la lenteur et du temps presque cristallisé une vertu, vous pensez que seul le cinéma d’auteur ( et pas forcément d’hauteur ) mérite de coup d’œil ? ce film est pratiquement fait pour vous. Les critiques sont assez divisées, entre la production anecdotique ( dans Première ) et le vrai grand film ( dans Marianne ). Je me suis fit mon idée, et elle se trouve exactement au milieu de tout cela. L’histoire est la suivante : Nous suivons la vie quotidienne dans un monastère orthodoxe, sur une île du nord de la Russie. Un moine perturbe la vie de sa congrégation par son comportement étrange. En effet, selon la rumeur, l’homme posséderait le pouvoir de guérir les malades, d’exorciser les démons et de prédire l’avenir... C’est en tout cas ce que croient les étrangers qui se rendent sur l’île. Mais le moine, qui souffre d’avoir commis une terrible faute dans sa jeunesse, se considère indigne de l’intérêt qu’il suscite. En fait ( attention spoiler ! ) ce saint homme a abattu un de ses semblables pour sauver sa peau pendant l’occupation nazie.
Pyotr Mamonov est ici à la religion ce que le Doctor House est au monde musical : Acide, parfois insupportable et irrévérencieux, la barbe jamais faîte et la nonchalance tranquille. Il doit se racheter après son crime honteux et passe son temps à battre sa coulpe et à se couvrir de cendres. Le film dévelloppe tout un discours sur le rachat et le pardon divin des simples individis, qui loin d’être un sujet qui me déplait, mériterait tout de même un peu plus de « nerf ». L’île est d’une lenteur et d’une platitude que les grands cinéphiles qualifieront de « contemplative beauté » mais qui va très vite éloigner tous les autres, tant le discours avance à pas de limace et sans relief, ou presque. La rédemption d’Anatole, le prêtre, est au prix d’un ennui qui vous guette, et seuls les plus courageux résisteront. Après cela, le film n’est pas mauvais, c’est vraiment bien filmé, la scène d’ouverture est bien trouvée et la plongée dans la foi est parfois un exercice salutaire, mais on déplorera quand même que ce « L’île » ne soit vraiment pas un film à recommander à tout un chacun. De la noirceur la plus complète, à peine mitigée par la blanche neige et l’écume de la mer qui sont ici presque des personnages à part entière. Pour tous les amateurs de l’élitisme cinématographique. (6/10)
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