EELS et SIA FURLER
EELS est de retour. Pas sur que ce soit l'album le plus joyeux de l'année. En fait nous voici avec deux disques pour le prix d'un. Un best of tout d'abord ( MEET THE EELS ) et une compilation de B sides et de morceaux rares ( USELESS TRINKETS ). Une nouvelle bonne occasion de se pencher sur l'eclectisme du groupe de Mark Everett, que j'avais tout de même bien sous évalué à ses débuts. Depuis la pochette angoissante du premier album ( les yeux écarquillés de la fillette de Beautiful Freak ), les compos depressives se sont succédées et ne se sont pas ressemblées. Toujours avec cette sensation d'urgence et de psychose imminente, parfois soulagé par une belle pop assumée. Une carrière à suivre, finalement, marquée par les drames familiaux ( la soeur et la mère du chanteur en deux ans, ce qui aménera à la noirceur de Electro-Shock blues ) et les retours en grâce et à la lumière ( le bien plus chatoyant Daisies of the galaxy ). Eels jouera ensuite du blues, s'offre une tournée sous coulis de violons, s'institutionalise, au point que plus personne n'osera aujourd'hui contredire son importance et son influence. Tant pis si ce n'est pas le groupe qui vous fera démarrer l'année en vous secouant les côtes, ce best of est une piqure de rappel à recommander pour ceux qui ignorent des tubes comme Novocaïne for the soul, ou encore Cancer for the cure. Quand à l'album de raretés, on le réservera aux initiés, qui sauront s'en délecter. (7/10 pour le best of )