LA CUREE ( Emile Zola )
Que sont donc devenus les deux fils de Pierre Rougon, le protagoniste du premier roman de Zola recensé sur ce blog voici quelques jours ? Eugène est monté à Paris où il est devenu ministre, alors que Aristide, en bon parvenu, le rejoint un peu plus tard et change de nom à la mort de sa femme ; il devient Aristide Saccard et se lance tête baissée dans les manigances économiques et l’immoralité la plus totale, juste pour devenir riche et respectée de tous. S’il avait pu, il aurait probablement pris sa carte à l’UMP également. Aristide a la bonne idée d’épouser Renée, une fille de bonne famille, et bonne tout court, qui lui rapportera une jolie dot, des terres, un beau patrimoine, et plus encore. Vivant de spéculations immobilières illégales, organisant de fastueuses réceptions, et s’enfonçant toujours plus dans un monde et un quotidien de luxure et de débauche, le couple et l’enfant de premier lit d’Aristide, Maxime, foule aux pieds la décence et la morale, méprise royalement l’existence des pauvres gens et semble évoluer dans un monde parallèle et factice fait de paillettes et d’orgie. Quand je vous disais que l’histoire se répète, la fois dernière, vous voyez bien…
LA CUREE, c’est cela, une bien belle histoire immorale, la débauche et l’absence totale de moralité sous le règne de Napoléon III, que vous pourriez probablement remplacer par un président plus contemporain. La spéculation immobilière enrichit grandement les Saccards, mais cette vie vide de sens et absurde tourne à la tête de Renée, qui en bonne garce frivole, passe d’un amant à l’autre, jusqu’à finir dans le lit de son beau fils, le seul pour lequel elle semble éprouver une vraie passion. Compte tenue de l’époque, on ne pourra reprocher à Zola des excès de pudibonderie, au contraire ! D’ailleurs, relisez tous ces passages du roman, au grand air, avec ces carrosses qui se croisent et s’exposent, c’est toute la création du Bois de Boulogne qui apparaît sous vos yeux. Quand à la Curée, c’est un terme issu de la chasse ; c’est le moment où le gibier déjà bel et bien mort est donné en pâture aux animaux pour qu’ils puissent rogner les os, et ne rien laisser. Ce que fait Saccard et sa clique, avec le Paris de l’époque, méprisant le peuple moribond au profit de ses intérêts personnels. Une curée qui se prolonge toujours aujourd’hui, mais qui a pris le nom autrement plus vulgaire de parachute doré ou de flexibilité, ou encore de délocalisation du travail. Si Zola était encore parmi nous, il aurait du pain sur la planche…

Hérédité et milieu dans la curée
La curée : fiche wikipedia

Hérédité et milieu dans la curée
La curée : fiche wikipedia
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