Le journal des culturés : The cinematics, Cousteau, et des DVD

Publié le par Devotionall

Imaginez vous passer une grande partie de votre enfance et adolescence en Ecosse, à compter les averses et à se faire peur au coin du feu avec des histoires de fantomes hantant de lugubres châteaux. Que pourriez vous faire pour vous distraire, pour donner un sens à ce quotidien morne? Les quatre compères de THE CINEMATICS ont trouvé un passe temps et nous le font partager : dans un premier temps s'emparer de la collection de vynils des parents, dans un autre investir dans la création d'un groupe de rock toute guitare dehors. C'est que les joyeux drilles soignent leurs références : ce seront les Cure, les smashing Pumpkins, ou Jeff Buckley qu'ils tenteront d'imiter au lycée, se découvrant un riff après l'autre un incontestable talent, non plus pour l'imitation, mais pour la création. Le chanteur du groupe, Chris, a en plus un grand avantage que d'autres à son âge n'ont pas le moins du monde : voix posée et sure d'elle, il a déjà tout du leader charismatique à la Chris Martin, qui s'est perdu dans ses délires "fair trade - agitation de mouchoir" devant des foules de jeunes donzelles en délire. Les Cinematics ont conquéri l'Amerique en un seul single, sont des phénomènes remarqués en Grande Bretagne, et débarquent en France. Ecoutez donc des titres comme Break ou Sunday sun pour comprendre que la gloire n'est plus qu'une question de jours. A strange education, un album à ne pas laisser perdre. (7,5/10)

La scène est probablement la suivante : un studio dans la pénombre, des volutes de fumée qui montent de multiples cendriers qui trainent dans les coins, un bande de musiciens fringués à la Sinitra qui s'affairent autour d'un micro sur pied. Cousteau sort la grande classe et chasse la vulgarité de notre époque avec un premier album renversant de beauté et de maitrise, l'éponyme Cousteau. (8/10). Par la suite, le groupe sortira également Sirena, puis après un changement provisoire de nom ( Cousteau devenu Moreau ) reviendra sur le devant de la scène en 2006 avec un troisième album et une formation remaniée.Mais c'est sur ce premier album éponyme que tout le talent de ce groupe anglais explose : une voix tour à tour feutrée et puissante à la Bowie, des cuivres et des guitares qui illuminent la scène, et un epoustouflant morceau, The last good day of the year, que vous avez peut être découvert sur Radio Devotionall. Cousteau, le marin au bonnet rouge, explorait les profondeurs et la faune marine, avec Cousteau, les musiciens, vous explorerez ce monde aujourd'hui dépassé où le talent et la classe étaient les valeurs requises pour accéder au statut d'artiste. L'antithèse de la star ac ou des Popstars actuelles. Reposant et rassurant.

The Cinematics

The Cinematics

Et puis une fois n'est pas coutume, cloturons avec quelques dvd qui nous sont tombés entre les mains ces temps derniers. Tout d'abord un bon gros nanard aux relents de pastiche : Un ticket pour l'espace, du duo Delaruesque, Kad et Olivier. Nous apprécions beaucoup, en temps normal, le travail de la doublette, mais cette fois, il faut beaucoup d'indulgence pour retirer quelque chose de vraiment comique de cette farce lourdinque. Kad remporte à la lotterie un billet pour une excursion dans l'espace qui va se transformer en grand moment d'angoisse supposée pour les cosmonautes, et d'indifférence plate pour les spectateurs. Les gags en sont ils vraiment? Un film a ranger très près de Podium, avec le sieur Dubosc, au rayon comique soufflet : gonflé, mais qui retombe vite à plat (5/10). Inversement, quel plaisir de voir ce Palais Royal avec Valerie Lemercier et Lambert Wilson. Les dialogues sont savoureux et fusent avec plaisir, le scénario est improbable mais regorge de trouvailles fort sympathiques. Wilson est parfait dans son role de prince imbu de lui même et nombriliste, Lemercier joue avec justesse et se présente dans une forme physique eblouissante; avec un visage moins disgracieux, elle aurait toutes les cartes en moins pour prétendre à la catégorie des bombes de l'ecran. Son role d'ortophoniste projetée bien malgré elle dans la peau d'une improbable princesse d'une improbable monarchie est réjouissant. Si le but ultime d'une comédie est de faire rire, l'objectif est ici grandement atteint.(7,5/10)

Un ticket pour un nanard
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Publié dans Journal des culturés

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