NIMES : Ballade provençale
Quand vous réussissez votre capes, mais que vous êtes dans une académie qui ne prend pas en compte la formation pour votre discipline, l'éducation nationale vous permet de partir sur la route, pour voir du pays : un vrai road movie des plus chiant. J'avais opté pour Montpellier, en raison des conseils de Stephanie, et de mon manque de connaissance des linges TGV : je croyais innocement qu'il existait un train direct pour l'Italie, quelle cruelle désillusion au final! Et donc, bilan des courses, un an à Nîmes, ville de féria et de restes romains, comme punition. La visite commence, faisons vite, le temps me manque, cette semaine.
Le centre ville de Nîmes est des plus jolis et agréables, structurés comme toujours, dans ce type de ville méditérannéenne, avec la traditionnelle zone de vestiges romains, dont surtout les Arenes, qui sont toujours les mieux conservées au monde, et dans lesquelles se produisent régulièrement de très bons groupes; et la Maison Carrée, un ancien temple romain assez intrigant, même si très décevant à l'intérieur ( j'imaginais déjà une espèce de musée interne : ne s'y battent en duel que de rares mosaïques, tant pis ). A coté de la Maison Carrée la municipalité de Nîmes a confié à l'architecte Norman Foster la réalisation d'une bibliothèque à l'architecture futuriste, le Carré d'Art, devant rappeler vaguement son illustre voisin antique : hélas la juxtaposition des deux finit par créer un contraste pas très engageant, un peu comme mettre cote à cote Jeannie Longo et Monica Bellucci ( c'est la rencontre d'un parapluie et d'une machine à coudre ! ).
Nîmes, quand vous êtes un prof un peu feignant sur les bords, peut devenir interressante durant la saison des pluies : régulièrement la ville se transforme en petite Venise, sans les gondoles, et alors vous attendez les secours à la maison, tel un Noé moderne échoué sur le mont : A)Ararat B)Blanc C)Golgotha D)Zemerveille ( petite epreuve de culture générale, à votre avis? ). En octobre 88 les innondations furent catastrophiques et mortelles, et depuis certaines précautions semblent avoir été prises, sans grand succès, admettons le bien. On compare parfois Nîmes et Rome car elles sont toutes deux coincées entre des collines ( sept à trois pour Rome ) et bénéficient d'un climat fort agréable. La vie nocturne nîmoise est proche de l'inexistance entre octobre et mai, la ville ne semble pas devoir se sortir de sa torpeur, hormi en période de féria, une vaste orgie à consonnance hispanisante. Le principe de la feria est des plus simples : se saouler comme un coing et rouler sous la table avant le voisin, en chantant des chansons paillardes et en touchant les nichons de la voisine ( si elle en a assez ). Nous trouvons aussi des abbrivados, c'est à dire des lachers de taureaux en pleine rue ( espace délimité toutefois ) avec des idiots qui courent après les pauvres bêtes pour étaler leur virilité imbécille.
Mon souvenir de Nîmes est globalement satisfaisant, si ce n'est pour deux points : J'habitais une zone populaire et ethnique où il ne faisait pas bon vivre après 22 heures, un peu décalé par rapport au centre ville, et sans moyen de locomotion. Ensuite car j'ai attrapé ce satané virus à l'oreille interne, fin mars, qui m'a fichu en l'air tout sens de l'équilibre et contraint à une longue et fastidieuse réeducation. J'en profite pour remercier à nouveau Alexia sans qui je pouvais crever comme un chien, cette affreuse matinée du 20 mars, encore que je n'ai toujours pas saisi le sens caché de ton caractère lunatique, mais peu importe, ceci est bien loin. Dédicaces aussi à toute cette unité de formation italienne de Montpellier, partagé entre des suicidaires depressives et des maniaques homicides ( et aussi un branleur patenté qui venait se la raconter et lancer des vannes acerbes: votre serviteur), de grands lundis matins s'il en fut... Saluons aussi au passage Marycarole, qui bien qu'étant de Montpellier, mérite amplement la citation : pour le courage et l'inconscience d'avoir suivi ma destination suivante, le grand nord et son taux d'alcoolémie galopant. Redescends, Mary. En somme, Nîmes, une page de tournée, dorénavant je ne verrai plus les crocodiles du même oeil...

Quelques infos sur Nîmes :
*Les Arènes de Nîmes sont en tout point semblables à celles de Vérone, la patrie de Romeo et Juliette. Ce qui est encore mieux, c'est que les deux villes sont aussi jumelées.
*Nîmes est aussi la patrie d'Alphone Daudet, auteur des celèbres Lettres de mon moulin, entre autres, que l'école d'autrefois faisait découvrir à ses élèves.
*Nîmes possède de vastes et splendides jardins que je vous invite à découvrir : les Jardins de la Fontaine. Passez y absolument, et en cas d'innondation, vous pourrez aisément y parvenir en barque!
*Une spécialité locale : La brandade de Nîmes est faite de morue dessalée que l'on monte avec de l'huile d'olive et un peu de lait. Servie de préférence chaude, la brandade se mange également en feuilleté. A table.
Quais de la Fontaine, pour accèder aux Jardins
La Maison carrée, qui est rectangulaire
Prochaine étape : Padoue ( Padova en italien ) à suivre.....