Amiens : Le grand froid
Nouvelle rubrique sur ce blog : Un petit tour d'horizon des différentes villes qui ont eu le privilège d'accueuillir pour un jour, une semaine, un mois ou une année ( rarement plus, Devotionall est souvent de passage... ) votre serviteur. Sans ordre précis, ni à priori, découvrons ensemble l'âme de ces mornes contrées, ou fabuleuses cités, flanons ensemble dans la géographie de l'absurde. Nous commencerons par Amiens.
AMIENS est une ville froide, presque glaciale. Pas seulement au niveau des températures ( l'hiver y est assez rigide ) mais aussi du point de vue de l'atmosphère générale qui se degage de chacune des rues de la ville. La pluie y est plus fréquente que le soleil, une fine pluie froide qui vous rentre dans les os et vous fait souhaiter un rapide retour au foyer. La première chose que vous découvrez d'Amiens, quand vous descendez du train, c'est cette grande tour triste qui domine le quartier : la Tour Perret : des dizaines ( centaines ? ) de logements entassés dans une tour moderne mais sans âme ( comme toute la ville ). On se croirait à peine débarqué à Gotham City. Le centre ville est accessible à partir d'une longue avenue souvent deserte, la rue des trois cailloux. Le sol est fait de plaques blanches qui refractent le gel en hiver et poussent les badauds à rentrer dans les seules attractions disponilbes : cinema, fnac ou Mc Do. Quelques caffés de ci de là offrent de méchantes bierres amères ou des chocolats chauds à peine buvables. Derrière la cathèdrale gothique, le seul véritable monument architectural valable dans la capitale de la Picardie ( très jolie quand elle est illuminé, en nocturne ), nous trouvons le quartier de Saint Leu, une espèce de petite reproduction en miniature de Bruges, pour donner l'idée : un peu d'eau, des maisons typiques, quelques cafés sympathique et moins formatés, une petite salle de concert qui propose de bons concerts indés, assez régulièrement.

Mais Amiens est triste, lugubre, une ville depresive qui aurait oublié de prendre ses médocs, depuis trop longtemps. La faculté est un mostre de laideur intellectuelle, on y croise étudiants mal préparés et professeurs incompétents. Un vaste couloir circulaire, la Rotonde, donne accès aux amphis : les étudiants en font le tour plusieurs fois de suite, comme des bovidés qu'on mène à l'abbatoir, avant de trouver la bonne porte. En face, les résidences universitaires offrent de splendides appartements de neuf mètres carrés à ceux qui acceptent de défier le suicide et la déchéance sociale.
J'ai vécu deux fois à Amiens : la première fut une tentative de me mêler au milieu étudiant, juste en sortant du lycée. J'avais choisi cette fac pour deux motifs dont j'ai honte aujourd'hui : tout d'abord rester avec certains (mauvais) amis qui m'ont finalement rendu de bien mauvais services. Et aussi parce que la carte de transport en train entre mon domicle et Amiens était payée par la région. J'étais plus pauvre que pauvre, à l'époque, un motif très attirant, en somme. Une année ( enfin presque, j'ai jeté l'éponge au printemps ) dans un neuf mètres carrés de la résidence du Bailly à comprendre que l'humanité ne méritait pas forcément d'être sauvéé. Seconde tentative : un an de prof contractuel dans un lycée et un collège d'Amiens : Bien que les élèves de la bas aient eu une familiaritè avec l'italien proche du néant total, j'ai passé une année loin d'être désagréable, en empochant du même coup mon capes avec une performance paranormale à l'oral ( 16 et 18, je suis encore dubitatif sur cette notation au capes... ), et plusieurs mois sur un petit nuage avec Sabrina, mon égérie de Padoue du moment, où comment exploiter les assistantes autrement que professionnellement. Je crois qu'à elle seule, elle a racheté une bonne partie de mon opinion sur Amiens, tiens...
Quelques infos sur Amiens, pour finir :
Amiens est la ville de Jules Verne, auteur de nombreux chef d'oeuvre susceptibles de plaire à un public de collégiens et lycéens qui s'en contre fichent, en 2006 il y a Harry Potter, comprenez bien...
Les habitants d'Amiens ont comme surnom les maqueux d'gueugues, c'est à dire les mangeurs de noix. On apprécie déjà la beauté du dialecte local...
Le maire d'Amiens a longtemps été Monsieur De Robien, actuellement ministre préposé aux causes perdues
Au 18 et 19° siècle, amiens était réputée pour ses textiles, à travers l'Europe. Aujourd'hui, les tenues vestimentaires des étudiants et des jeunes amiénois vient contredire cette légende
Vous êtes ou connaissez amiens, amis lecteurs? Oui toi, Carole, je le sais ( elle existe encore cette salle informatique où nous allions bénéficier d'Internet au frais du rectorat ? ), et les autres? Prochaine étape de notre tour : Ostia . Ce sera pour un prochain jour.
Le quartier Saint Leu : Bruges sans le chocolat!
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