WHITE LIES et ANTONY & THE JONHSONS
CD OF THE WEEK
Chaque lundi, l'album le plus attendu de la semaine, ou le meilleur, c'est au choix. A vingt euros le cd, autant savoir ce qui vous attend...
WHITE LIES " To lose my life"
ANTONY AND THE JONSONS " The crying light"
Les épigones se suivent et se ressemblent souvent, forcément. Ainsi Joy Division aura laissé dans son sillage quelques titres poignants et inoubliables, et toute une série de groupes dont le grand rêve secré aura été de refaire vivre la légende, de reprendre le flambeau. Les noms sont légions, d'Interpol à Editors, du méconnu mais très bon Genaro à Arcade Fire. Les trois londoniens de WHITE LIES viennent s'ajouter à la déjà longue cohorte, en ajoutant de ci de là des pincées pop qui rendent le plat assez facilement digeste, voire très agréable sur sa longueur. Porté par le titre "Death", qui décolle lentement pour finalement exploser après trois minutes de préliminaires pas pressés, et un savant dosage electro et guitares, le buzz en Angleterre est assez phénoménal, et les White Lies seront à Paris ce lundi pour une Black Session ( ce soir sur France Inter, normalement ) que je vous recommande. Les fans de Franz Ferdinand, qui piaffent d'impatience pour un 3° disque qui sortira lundi prochain, ont là aussi de bonnes raisons d'attendre avec plus de sérénité : ces blancs mensonges ont tout en main pour conquérir la France les mois prochains, ça ne semble qu'une question de semaines... (6,5/10)

Fragilité à fleur de peau, coté androgyne dérangeant en quête de féminité, ANTONY AND THE JOHNSONS sort cette semaine un nouvel album, qui disons le franchement, est tout bonnement excellent. Joué et surtout chanté sur la corde raide de la première à la dernière plage, on a le sentiment de caresser du cristal pur, qui menace de se rompre sans jamais le faire, fort heureusement. Anthony a remisé les robes, l'attitude divesque fantasque qui en irritait plus d'un, et se met à nu le temps de ce très beau "The crying light". L'orchestration qui accompagne les vocalises est de très haute volée, et l'ambiance est mélancolique à l'extrême, sombre mais revigorante. Détresse magnifique avec "Epilespy is dancing", lente plongée dans les abysses de la depression avec "Her eyes are underneath the ground", voilà un album qui agit sur l'auditeur comme un envoutement dont on ne parvient pas aisément à se défaire. Ultra recommandé pour tous les amoureux de la musique poisseuse, triste et poignante, ou pour une fin de soirée introspective. Un petit joyau. (7,5/10)