WALL-E : Le petit robot de Pixar
*** GRAND ECRAN ***
Durant ces dernières longues vacances, différents films d'importance ont régalé les cinéphiles, et c'est avec ce retard certain qu'il nous fallait aborder l'actualité cinématographique. Notre choix du jour se bornera au dernier Pixar en date, à savoir le plutôt réussi WALL-E, une tendre histoire d'amour entre deux robots sur fond d'avenir sombre, entre une planète Terre rendue inhabitable à cause de la population, et une humanité oisive et obèse qui s'est entièrement effacée derrière la facilité d'être assisté, en tout, par des machines. Rien de si révolutionnaire ou de si abrasif, en apparence, mais c'est comme d'habitude fichtrement bien fait.
Le film s'ouvre sur un personnage solitaire et semblable à une boîte de conserves sur pattes : Wall-E est le seul être sur Terre et s'avère être un... petit robot ! 700 ans plus tôt, l'humanité a déserté notre planète laissant à cette incroyable petite machine le soin de nettoyer ce qui ne peut l'être. Mais au bout de ces longues années, WALL-E a développé un petit défaut technique : une forte personnalité. Extrêmement curieux, très indiscret, il est surtout un peu trop seul... Cependant, sa vie s'apprête à être bouleversée avec l'arrivée d'une petite "robote", bien carénée et prénommée EVE. Tombant instantanément et éperdument amoureux d'elle, WALL-E va tout mettre en oeuvre pour la séduire. Et lorsqu'EVE est rappelée dans l'espace pour y terminer sa mission, WALL-E n'hésite pas un seul instant : il se lance à sa poursuite... Hors de question pour lui de laisser passer le seul amour de sa vie... Pour être à ses côtés, il est prêt à aller au bout de l'univers et braver les plus invraissemblables dangers; au point de peut être même sauver sa planète de départ?
WALL-E brille bien sur, avant tout par ses prouesses techniques, son sens inné du réalisme-merveilleux qui touchera les plus petits et séduira beaucoup des plus grands. Ces deniers s'irriteront peut être d'un certain angélisme qui est encore de mise dès que Pixar (Disney) parle à vos sentiments, mais on arguera du fait que ce n'est pas ce type de divertissement qui a pour objectif de faire changer les consciences du peuple : il y a aussi et surtout la politique pour ça. Andrew Stanton propose là un vrai long métrage animé inspiré, truffé de séquences cocasses et traversé par une réelle reflêxion qui aboutit sur un constat presque inéluctable : notre futur pourrait fort bien ressembler, dans les grandes lignes, à ces êtres obèses qui flottent sur des porteurs automatisés, dans un monde robotique. Le premier tronçon du film, presque intégralement muet ( à part Wall-E et Eve, les noms des personnages, proches du Tarzan et Jane de légende ) est d'une beauté poétique touchante, d'un romantique simpliste mais touchant. La seconde partie est rythmée, divertissante, avec un fond pertinent. Wall-E mérite bien le titre de divertissement pour tous car il est construit sur le modèle des fondants au chocolat : deux couches pour plusieurs niveaux d'observation et de compréhension, deux chances d'aimer ce dessin animé. Pardon, ce film. Le meilleur Pixar depuis Toy Story? (7,5/10)
