CARLA BRUNI "Comme si de rien n'était"
Je n'avais pas encore chroniqué ou évoqué le troisième album de Carla Bruni. J'entends déjà les protestations éhontées, cette certitude inébranlable que si je le fais enfin, c'est pour me payer la poire de l'épouse du Présidentissime, cette belle aphone qui enfante régulièrement de jolies comptines pour bobo ou jet setters. Pourtant, je voulais faire, tout, sauf me moquer. Me démarquer de la critique indépendante, et suivre les avis des journeaux mainstream, qui ont régulièrement encensé la galette de la dame, lui ont déroulé un ignoble tapis rouge sous les pieds des semaines durant. Et puis il y a eu cette scène piteuse, au sortir du dernier conseil des ministres de l'année. Ces cd gracieusement offert par Carla 1° à chacun des éminents membres du gouvernement, et tous ces faux derches lècheurs et serviles qui brandissaient l'objet convoité comme une récompense divine, tout en comparant la pertinence des dédicaces, l'aune ultime pour mesurer sa vraie place en terre sarkozyste.Trop c'est trop, même dans le pathétique ou l'anecdotique. Et dès lors la voix railleuse de Carla Bruni qui me sussurent ses bonbons sucrés fourrés au venin du mépris du petit peuple, tout cela m'a semblé bien indigeste. De la poésie de comptoir, de belles phrases inoffensives où l'allitération ne cache pas un propos indigent, un coté musical sans intérêt aucun...j'eu pu donner une note, j'eu pu, si j'avais eu le courage de finir cet album. Et puis j'ai eu comme qui dirait, un sursaut de considération de moi, presque comme un vague dégoût de cette tâche ingrâte. Ce sera tout pour soir, et c'est déjà beaucoup (trop).

Majesté, le peuple reclame de la culture!
Qu'importe, qu'on lui donne Carla Bruni...