Le cas MICHEL FOURNIRET
Je n'éprouve généralement que très peu d'intérêt pour ce qu'on appelle la chronique judiciaire, toutefois le cas de Michel Fourniret a de quoi laisser perplexe. Fourniret ressemble très fort à ce que nous pourrions nommer le mal à l'état pur, la folie calculée, la perversion la plus malade. La peine de mort serait-elle encore trop douce pour ce type d'individu, qui continue de narguer la justice et les familles de victimes, au cours d'un procès médiatique où il se sert de tous et de tout pour apparaître et vivre un dernier instant sous les feux de la rampe. Pour ne pas parler de son ex épouse, malade elle aussi, créature pathétique que je qualifie avec peine d'humaine. Le cas Fourniret, qui ferait douter, justement, de l'humanité elle même. L'article suivant, qui résume les faits, est issu de "La voix du Nord".
Le 26 juin 2003, la jeune Marie-Ascunsion, 13 ans, rentre chez elle, à Ciney, dans la banlieue de Charleroi. Une camionnette s’arrête à sa hauteur, le conducteur réussit à la convaincre de monter avec lui pour la remettre sur le bon chemin. Mais vite, très vite, elle comprend son erreur. Il est menaçant, la ligote et l’immobilise à l’arrière sans faire mystère de ses intentions : « Si tu ne me donnes pas de plaisir, tu ne pourras pas retourner chez toi »… La gamine est terrorisée mais dans l’énergie de son désespoir, elle trouve le courage de se défaire de ses liens et profite d’un arrêt à un stop pour s’enfuir. Dans la voiture d’une jeune femme qui l’a recueillie et l’emmène au commissariat, elle voit passer le C 15 blanc en sens inverse : « C’est lui ! ».
Avec le numéro d’immatriculation, les policiers n’auront aucune peine à retrouver Michel Founiret, un type apparemment sans histoires, la soixantaine rustique, qui vit avec son épouse et son fils à Sart-Custine, à deux pas de la frontière française.
Ce jour-là, c’est la fin de l’itinéraire criminel de l’un des plus terrifiants violeurs et tueurs en série. C’est aussi, pour les policiers belges, une plongée inattendue dans la folle histoire de ce couple inquiétant et mystérieux. Il est arrogant et froid, elle est tourmentée, silencieuse, plus fragile.
C’est elle, au bout de quelques jours, qui finira par avouer. Sept enlèvements, autant de viols et pour finir un meurtre, à chaque fois, qui mènera à un morbide parcours à travers les bois et les champs des Ardennes, afin de retrouver les corps.
Monique Olivier et Michel Fourniret se sont connus parce qu’elle a répondu, en 1987, à une annonce qu’il avait envoyée à un magazine de détenus, alors qu’il était incarcéré à Fleury-Mérogis pour des agressions sexuelles, depuis 1984.
Une longue correspondance débute alors, devient enflammée, puis mystique parfois, et totalement irrationnelle pour toujours. Il signe « Ton fauve », elle se soumet. Il lui propose un pacte, elle accepte. En échange du meurtre de ses deux ex-maris, qu’elle accuse de l’avoir battue, maltraitée, humiliée, Monique aidera Michel à trouver de jeunes vierges. C’est son obsession, la virginité.
De 1987 à 2001, dans les Ardennes, en Vendée puis en Belgique, le couple fera sept victimes. Au moins. Pour celles-là, ils seront jugés du 27 mars au 28 mai. Au moins deux ou trois dossiers sont encore à l’instruction, car il y a une longue interruption de dix ans, entre 1990 et 2000, à laquelle les policiers ne croient pas une minute... •
Vous lui feriez quoi, vous, à cette engeance?

Le Diable a besoin de lunettes