CIAO ITALIA : Nos meilleures années ( par ManuX )
ManuX nous replonge dans le cinéma italien pour une séance particulière, une grande fresque qui mêle fiction et histoire de l'Italie.
CIAO ITALIA : L'Italie de A à Z par ManuX

Episode 4 : M come MEGLIO GIOVENTU ( Nos meilleures années? )
Souvenez-vous, la semaine dernière mon esprit s’abandonnait , se perdait dans les draps délicieux du Cinéma transalpin. Sans vouloir être redondant et ennuyeux, il me semble important de vous signaler un des derniers succès cinématographiques Italiens de ces cinq dernières années ; un « trésor » filmique qui, pour les non-initiés à la culture de ce pays, les néophytes du Bel Paese et de sa Civilisation, constitue à mon avis une approche condensée, succincte et très intéressante de l’Italie des quarante dernières années.
LA MEGLIO GIOVENTÙ (retranscrit en français sous le titre de Nos meilleures années) retrace le destin de 2 frères, Nicola et Matteo Carati, à travers les principaux événements que l’Italie connait de 1966 à 2003. Avec clarté, simplicité, limpidité et émotion, le réalisateur Marco Tullio Giordana déroule sous nos yeux étourdis tour à tour de joie, de tristesse, de crainte, de réflexions existentielles, les événements importants qui ont jalonné l’Histoire du pays : j’évoque aussi bien la révolte étudiante de 1968, les « années de plomb » des années 70 (terrorisme lié à des groupuscules d’extrême gauche , les fameuses Brigades Rouges qui enlevèrent notamment et exécutèrent le député chrétien démocrate Aldo Moro/ terrorisme aussi lié à une frange de l’extrême droite Italienne : pensons à l’attentat de la gare ferroviaire de Bologne qui tua de nombreuses personnes) que le phénomène de la Mafia et de sa lutte en Sicile notamment (attentat du juge anti-mafia Giovanni Falcone en mai 1992 à Palerme). Cette œuvre que représente le film, d’une durée totale de 6 heures (2 parties de 3 heures/ Au départ, il devait s’agir d’un téléfilm de 4X1h30 pour la télévision publique Italienne, la RAI), nous montre également le visage de la ville de Florence au lendemain des inondations célèbres de 1966, le parcours de la Squadra Azzurra ( l’équipe nationale de football) lors des Coupe du monde de 1966 et de 1982 (scellée par la victoire finale des Azzurri face aux Allemands de l’Ouest, l’ex-R.F.A.) ou encore la montée du capitalisme et du chômage par ricoché. Surtout, le réalisateur filme au plus prés des personnages la Réalité de l’Existence : les illusions, les désillusions, les relations humaines, la jeunesse,la vie, l’Amour ( la rencontre entre les 2 frères et Giorgia sera décisive pour chacun d’eux), la mort aussi, la trahison. Marco Tullio Giordana , avec une acuité incroyable, nous brosse, nous compose une « Ouverture » pour la symphonie qu’est l’Italie de ces quarante dernières années. Comme il le dit lui-même dans un entretien, la fin du film est une éloge à la Beauté ! La Beauté suppose au préalable une série de « belles choses » existantes : la Justice, l’Egalité..Les dernières paroles du film sont d’ailleurs celles-ci : « Tout est vraiment beau ».
Effectivement, le réalisateur filme avec élégance, ravissement, clairvoyance la Beauté de ce pays à travers divers éléments : ses villes (l’œuvre nous fait voyager à travers l’Italie du nord au sud, de Turin à Palerme en passant bien sûr par Florence et Rome), ses protagonistes (quelle vigueur, force de caractère, persévérance) ; en outre, le choix des acteurs est admirable : par exemple l’acteur Alessio Boni qui interprète Matteo incarne à lui seul la Beauté de la Souffrance !!Dans le film, Nicola son frère (joué par l’impeccable Luigi Lo Cascio) le compare à un Achille (fort,courageux…mais fragile) ; je pense aux actrices charmantes et sensuelles que sont Maya Sansa et Jasmine Trinca (magnifique Giorgia le pendant de Matteo au féminin). Toutefois dans un entretien, le réalisateur évoque cette richesse culturelle de l’Italie qui va à vau-l’eau , qui se dilapide au profit de la richesse matérielle, pécuniaire : retenons cette réplique du film du professeur d’université qui dit à Nicola de quitter l’Italie… « L’Italie est un beau pays qui ne sert à rien. »
Voyez-vous, je ne cesserai jamais de parler de ce film qui m’a tant touché ! Il est un bon panorama de l’Italie, une jolie carte postale de l’Italie de 1968, de celle des années noires, celle des années Berlusconi , celles des victoires et des défaites de ce si charmant pays évocateur de tant de « Belles choses ». Si vous ne connaissez pas encore ce pays et sa culture, allez découvrir ce Visage cinématographique, allez contempler les contours magnifiques de cette œuvre qui vous transportera d’émotions, qui vous léguera une once de Beauté dans la Vie parfois difficile et dépourvue de charmes….

Une fresque de six heures recommandée par Manu

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