BIENVENUE CHEZ LES CHTIS ( De Danny Boon )
Et bien oui, tout le monde ou presque a abordé le sujet, alors j’ai hésité à vous en toucher un mot. Car point n’est besoin de mon avis pour vous inciter à allez voir la comédie de Danny Boon, BIENVENUE CHEZ LES CHTIS. Plusieurs millions d’entrées ont déjà été enregistrées, et le succès monstre a fait du film un objet culte en quelques jours. C’est la revanche d’une région d’une langue ( d’un patois ? ) sur la dérision et le scepticisme que génére d’habitude le monde des ‘chtis’. Monde que je connais bien puisque j’ai fait quatre années de fac la haut à Lille, et aussi un an de boulot à Calais, où à la différence de Kad Merad dans le film, j’ai connu l’enfer sur Terre, la pluie trois jours sur quatre et la misère sociale dans toute sa splendeur. Le nord est très contrasté en fait. On évoque souvent sa chaleur humaine, son sens des valeurs, mais son défaitisme inné, sa dérive sociale et un climat rébarbatif ont raison de bien des bonnes volontés. Il faut voir pour croire, expérimenter pour juger. En se rappellant que la réalité solidaire du film, c’est avant tout une fiction ; une comédie.
Philippe Abrams ( Kad dans le film ) est directeur de la poste de Salon-de-Provence. Il est marié à Julie, dont le caractère dépressif lui rend la vie impossible. Pour lui faire plaisir, Philippe fraude afin d'obtenir une mutation sur la Côte d'Azur. Mais il est démasqué: il sera muté à Bergues, petite ville du Nord.
Pour les Abrams, sudistes pleins de préjugés, le Nord c'est l'horreur, une région glacée, peuplée d'êtres rustres, éructant un langage incompréhensible, le "chtimi". Philippe ira seul. A sa grande surprise, il découvre un endroit charmant, une équipe chaleureuse, des gens accueillants, et se fait un ami : Antoine, le facteur et le carillonneur du village, à la mère possessive et aux amours contrariées. Quand Philippe revient à Salon, Julie refuse de croire qu'il se plait dans le Nord. Elle pense même qu'il lui ment pour la ménager. Pour la satisfaire et se simplifier la vie, Philippe lui fait croire qu'en effet, il vit un enfer à Bergues. Dès lors, sa vie s'enfonce dans un mensonge confortable...
Pour les Abrams, sudistes pleins de préjugés, le Nord c'est l'horreur, une région glacée, peuplée d'êtres rustres, éructant un langage incompréhensible, le "chtimi". Philippe ira seul. A sa grande surprise, il découvre un endroit charmant, une équipe chaleureuse, des gens accueillants, et se fait un ami : Antoine, le facteur et le carillonneur du village, à la mère possessive et aux amours contrariées. Quand Philippe revient à Salon, Julie refuse de croire qu'il se plait dans le Nord. Elle pense même qu'il lui ment pour la ménager. Pour la satisfaire et se simplifier la vie, Philippe lui fait croire qu'en effet, il vit un enfer à Bergues. Dès lors, sa vie s'enfonce dans un mensonge confortable...
Certes, le film est tourné à Bergues, là où la langue devrait être plus le flamand que le Chti, mais il ne s’agit finalement que d’un prétexte, pour évoquer l’univers impitoyable du nord profond. Danny Boon retrouve ses racines et son parler et il est bien sur à son aise, et ça se sent. Kad est fidèle à son image, c'est-à-dire drôle, juste, et on lui doit quelques unes des plus belles tranches de rire du film ( dont la scène de l’handicapé démasqué, et aussi le duo avec Galabru, conversation absurde sur l’apocalypse du Nord, absolument délirante ). Moins convaincante Line Renaud, qui bien que native d’Armentières ( en plein territoire chti ) peine à rendre crédible son personnage : surjouer n’est pas jouer. Une seule scène de pluie à Bergues, celle de l’arrivée du chef postier, alors que la « drache » est monnaie courante là haut, et une intégration un peu trop rapide et presque « walt disneyenne » ne doivent tout de même pas vous faire oublier que si une mésaventure semblable à celle de Kad vous arrive un jour, vous risqueriez fort de déchanter avec douleur. C’est bourré de clichés, c’est une belle grosse carte postale sans beaucoup d’objectivité, mais peu importe puisqu’à la base le seul vrai but poursuivi par une comédie est de faire rire le public. Laissez donc tomber le pop corn avant la projection et optez pour la « baraque à frites », que ce soit pour vous moquer des « chtimis » ou pour vous émouvoir devant la solidarité et l’humanité des gens du nord, tout le monde va trouver matière à se dérider pendant une heure trente. Achète ta place biloute ! (7,5/10)
Publicité