SURVIVRE AVEC LES LOUPS
Misha DeFonseca est belge. Mais ce n'est pas une excuse! Son film prétendument autobiographique, SURVIVRE AVEC LES LOUPS, a fini par se voir taxer de vaste supercherie, ce qu'il semble être en fin de compte. Comment ça les loups ne peuvent pas élever un enfant? et Remus et Romulus alors? Depuis une semaine, l'étau se resserrait autour de la Belge Misha Defonseca, auteure du récit prétendument autobiographique "Survivre avec les loups". Depuis sa publication il y a plus de dix ans, ce livre vendu à près de 430 000 exemplaires en France et traduit dans quatorze langues avait posé bien des questions. Certains voyaient dans cette incroyable épopée d'une petite fille juive ayant survécu à la barbarie nazie en compagnie de loups dans les forêts de l'Europe de l'Est un témoignage émouvant de l'horreur de la guerre, d'autres y lisaient une supercherie du même type que le pianiste amnésique, qui enflamma le monde des gossip il y a plusieurs années.
En novembre dernier, "Survivre avec les loups" revenait sur le devant de la scène grâce à l'adaptation pour le grand écran (déjà vue par quelque six millions de spectateurs) qu'en avait tiré Véra Belmont, avec Guy Bedos et la jeune comédienne belge Mathilde Goffart dans le rôle de la petite Misha. La cinéaste française avait beau affirmer croire en l'histoire de Defonseca, son film se présentait cependant surtout comme un conte de fées sombre, l'aspect fictionnel étant fortement accentué, notamment par l'utilisation d'une bande-son onirique signée Emilie Simon. Depuis la sortie du film en France le 16 janvier, la polémique avait refait surface, non dans la presse mais bien sur la toile, où nombreux étaient ceux qui remettaient ouvertement en question la véracité du récit. Difficile en effet de croire, non seulement qu'une petite fille de neuf ans ait été recueillie par des loups, mais ait pu, qui plus est, parcourir à pieds des milliers de kilomètres et survivre aux rudes hivers de la Seconde Guerre mondiale
Alors que Misha Defonseca annonçait encore ce week-end prendre un avocat pour tenter de se défendre, elle a été obligée de reconnaître hier qu'elle avait bel et bien inventé de toutes pièces son histoire. "Je me suis raconté une vie, une autre vie. Je demande pardon. Ce livre, cette histoire, c'est la mienne. Elle n'est pas la réalité réelle, mais elle a été ma réalité, ma manière de survivre", a-t-elle déclaré au journal "Le Soir", face à une série de preuves irréfutables, dont la biographie de résistant de son père et le témoignage confondant d'une de ses cousines retrouvées à Bruxelles. "Je demande pardon à tous ceux qui se sentent trahis, mais je les supplie de se mettre à la place d'une petite fille de quatre ans qui a tout perdu, qui doit survivre [...] et de comprendre que je n'ai jamais rien voulu d'autre que de conjurer ma souffrance." Misha Defonseca n'est donc ni juive, ni une enfant-loup. Si ses parents ont bien été arrêtés et déportés en 1941, elle n'avait pas à l'époque huit ans mais quatre ans et a passé sa petite enfance à Bruxelles. "J'ai été recueillie par mon grand-père, Ernest De Wael (Guy Bedos dans le film), puis par mon oncle, Maurice De Wael. [...] A part mon grand-père, j'ai détesté ceux qui m'avaient accueillie. Ils me traitaient mal. Je me sentais autre. C'est vrai que, depuis toujours, je me suis sentie juive et plus tard, dans ma vie, j'ai pu me réconcilier avec moi-même en étant accueillie par cette communauté", déclarait encore Misha Defonseca au "Soir".
En résumé, si un de vos amis prétend avoir passé une soirée au coin du feu en compagnie de ses amis loups à se taper une belotte ou un poker, il y a de fortes chances qu'il soit myho ou alcoolo. En tous les cas, pas forcément cinéaste.

On m'aurait menti ?