GREVE DES PROFS : LA LUTTE FINALE!

Publié le par DEVOTIONALL

Je revenais hier de l’agrégation, après une première épreuve qui fut à mes chances de réussir ce concours ce que Waterloo fut aux armées napoléoniennes. En débouchant sur la Place Masséna ( car oui, le temps est ici vraiment magnifique, et j’aime flâner dans ces cas là dans le centre de Nice ) je suis tombé sur le cortège révolutionnaire des enseignants en colère. De mes collègues syndiqués, en somme. Mégaphones à plein régime et odeur de frites merguez, les démonstrations populaires se suivent et se ressemblent, sous toutes les latitudes. Ai-je participer moi aussi à cette manifestation pour le pouvoir d’achat et la revalorisation d’un métier maltraité ? Et bien non, et j’ai mes raisons, bien que je sois tout sauf un sarkozyste convaincu, comme le savent les lecteurs habituels.

C’est la bande son du défilé qui m’a le plus repoussé : comment peut-on en 2008 prétende manifester, en tant que fonctionnaire et enseignant, au son d’Antisocial, l’hymne ringardo populo de Trust ? Même Bernie Monvoisin doit avoir honte de réentendre son vieux tube ( car il a le droit qu’on lui fiche la paix quand à ses erreurs de jeunesse, quand même !) ), et là, le voici de sortie. C’est carrément ridicule de la part d’une corporation qui a pour vocation de structurer le tissu social, qui participe jour après jour au respect et au maintien des institutions, et qui doit son emploi stable et définitif à l’Etat. Et puis la suite n’est mal non plus, saluons au passage le DJ du jour : l’habituelle Internationale Communiste, cette fois version piano lounge, pour séduire la gauche plurielle, qui ressemble de plus en plus à une droite assez singulière. Ensuite, un petit Les bourgeois, de Brel, qui nous informe que le bourgeois, c’est comme les cochons. Pour ma part j’ai repérer dans le cortège certains collègues dotés d’une panse remarquable et qui vivent dans de charmantes petites habitations des collines niçoises, et qui n’aspirent à rien d’autre qu’à cette petite vie bien tranquille de bourgeois qu’ils viennent ici décrier.

Je suis donc parti, pour me prendre mon habituelle pizza à la descente du marché, dans le Vieux Nice. Pour les amateurs, c’est la meilleure de la ville, absolument irrésistible. Au loin j’ai cru reconnaître les dernières notes de La Lutte Finale, version samba brésilienne, cette fois. A moins que ce ne soit la répétition du prochain carnaval, qui débute bientôt. 1968, c’est donc si loin que ça ?

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C'est la lutte finale ! Le gouvernement tremble.....
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