BONNE ANNEE RONALDO
Moi je connais un autre RONALDO. Pas le joueur de foot mondialement célèbre, un autre. Je l’ai connu durant ma période en fac de langues, à Lille III. A l’époque, il venait manger le soir au restaurant universitaire, a coté de ma superbe chambre 9 mètres carrés tout conforts. Ce type, c’était en fait un marginal, presque un sans abri, ce qui en dit long sur le statut social de l’étudiant sans parents friqués, avec ses problèmes de ticket U et de bourses en retard. Le sobriquet Ronaldo, c’était pour sa dextérité avec les frites, qu’il mangeait d’une étrange façon, en les faisant tournoyer d’une manche de son pull à l’autre, en les ingurgitant par le nez, bref, pour ses prouesses de doux dingue avec la malbouffe locale. Un jour Ronaldo a cessé de fréquenter le resto U, et quelques temps après est apparu un sosie de ce type, dans un fauteuil roulant, paraplégique, qui mendiait quelques piécettes dans une bouche de métro. N’en déplaise à certains, j’avais compris, Ronaldo avait eu un facheux incident, dont il ne se remettrait jamais.
Voir Ronaldo dans cet état, ça me fend le cœur, mais que puis-je bien y faire ? A en voir son corps chétif et maladif, tout tordu comme un vieux ressort bon à jeter, exposé aux rigueurs du froid lillois, je ne donnais pas cher de sa peau, pour survivre bien longtemps. Mais voilà que une décennie plus tard, j’ai retrouvé Ronaldo ! Je suis remonté à Lille pour les fêtes de Noël, et voilà qu’en débouchant dans le couloir souterrain de la gare Lille Flandres, je me retrouve nez à nez avec l’animal ! Toujours aussi tordu dans son fauteuil, encore plus mort que vif, mais toujours là à mendier, sans même comprendre la farce tragique qu’il récite depuis des années. Mon regard s’est arrêté un instant sur le pauvre homme, et en bon insensible que je suis, son apparition ne m’a suscité, au final, que ces quelques lignes. Ronaldo do CHR Lambret, si je pouvais te guérir d’une simple imposition des mains, je referais ces 2000 km aller retour, dès cette nuit. Mais tu appartiens déjà au passé comme ces plats de paella ou de carbonara à bon marché que je me tapais à l’époque où mes finances étaient autres. Le temps passe vite et se plait à varier les cruautés ; parfois, franchement, je me sens privilégié.
BONNE ANNEE A TOUS
BONNE ANNEE RONALDO

Pour beaucoup trop d'exclus 2008 ne sera pas forcément une bonne année.
BONNE ANNEE A TOUS
BONNE ANNEE RONALDO

Pour beaucoup trop d'exclus 2008 ne sera pas forcément une bonne année.
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