BEN : EST-CE BIEN DE L'ART ?
Il est très difficile de pouvoir tracer une ligne franche entre art moderne et supercherie. Et ce n’est certainement pas à moi d’y parvenir. Mais de plus en plus de passants interloqués s’interroge sur les dernières créations de BEN, qui ornent les arrêts du tram de Nice, et qui ont bien entendu étaient rémunérés contre monnaie sonnante et trébuchante. Mais que vaut vraiment l’ami Ben, qui gagne des fortunes avec les agendas et autres babioles ornées de ces phrases banales stylisées à la Ben ?
D’abord, qui est BEN ? Ben, de son vrai nom Benjamin Vautier, est un artiste français d'origine suisse, né le 18 juillet 1935 à Naples en Italie. Il vit et travaille à Nice. Membre du groupe Fluxus, Ben est un artiste majeur de l'avant-garde artistique française à partir des années 1960, connu pour ses performances, installations et peintures. Il devient connu du grand public à partir les années 1990, à travers notamment ses « écritures » déclinées sous diverses formes. Ce qui lui vaut aussi nombre de quolibets. Ces écritures constituent un très bon visuel, une bonne empreinte facilement identifiable, mais sont d’une charge artistique assez indigente.
L’art brut, c’est l’art sans le background artistique qui constitue la formation de base des artistes. Mais cela ne doit pas non plus devenir la porte ouverte à n’importe quelle création superficielle. Ben a un mérite : avoir créer une griffe, un style merchandising qui lui est propre, sans génie, sans réelle portée et sans message, une création originale mais creuse, un univers graphique personnel mais fade. Ce qui correspond bien à notre temps : tout pour l’enveloppe charnel mais peu pour l’âme. Ben se vend très bien, et nos écoliers font se damner leurs mamans qui se saignent aux caisses des hypermarchés pour un cahier de texte griffé. La mairie de Nice a axé le visuel du tram sur le monde créatif de Ben et ses écritures : une façon de rappeler que si la ville est splendide sous certains aspects, sa vie culturelle est plutôt plan plan, et il vaut mieux, pour habiter ici, avoir un gros portefeuille, qu’un CV et une tête bien remplis.