BIG CITY ( de Djamel Bensalah )
EDDY MICHELL, moi je l’aime bien. Il est un peu à part, dans le panorama de la chanson française. Ou de la french song, si vous préférez. En voilà encore un que le mythe des States ( mythe si l’on veut car tout ceci a vraiment existé, autrefois ) à profondément marqué. Moi je m’imagine toujours Eddy en plein far west, occupé à compter les cow-boys qui repoussent les assauts d’indiens déchaînés, après qu’on ait essayé de spolier leurs terres. La voix pâteuse et traînante, le regard fin pour ses dernières séances qui ont fait revisité à la France entière tout un pan du western ricain ( aujourd’hui ce serait impossible, les nouveaux héros sont des flics ou des fonctionnaires à la Cordier et Brigade criminelle. Plus on fait planer la peur sur les citoyens, plus ceux-ci sont prêts à tout pour être protégés ) Mitchell est aujourd’hui l’adulte parmi les enfants, le résistance du mythe dans une réalité bien autre. Il est à l’affiche du western le plus juvénile de l’histoire, un BIG CITY surprenant et amusant.
Dans les années 1880, aux confins de l'Ouest américain, la petite ville de BIG CITY attend l'arrivée d'une caravane de nouveaux immigrants. Hélas, la caravane est attaquée en chemin par les Indiens, et tous les adultes de Big-City partent pour la défendre. Au matin, les enfants de Big City se réveillent orphelins, avec pour seule compagnie adulte un vieil alcoolique et le débile du village. A partir de ce jour, le débile devient shérif, le vieil alcoolique juge de paix, et Big City se dote d'un maire enfant, d'un barman enfant, d'une entraîneuse enfant, d'un épicier enfant, d'un menuisier/croque mort enfant... chaque enfant reprenant la place occupée par ses parents. Mais les enfants indiens ne vont pas tarder à montrer le bout de leur nez... Un film parfait pour tous ceux qui ont gardé leur … âme d’enfant, et qui ont grandi entre Lucky Luke, Tex et le petit ranger, ou encore les films de John Wayne. Et puis la cité, c'est quand même bien plus sympa à l'Ouest et dans les saloons que dans des tours impersonnelles et en ruine, non ?
L’idée est indiscutablement bonne et les jeunes acteurs convaincants. Une ribambelle de cow-boys en culotte courte, une poignée d’indiens pas plus grands que cela, des personnages attachants ( Mitchell est égal à lui-même, c'est-à-dire bon dans ce qu’il fait, en général ) et le tour est joué. A l’heure où les studios Disney et Pixar rivalisent d’audace dans les effets spéciaux et le graphisme pour offrir des divertissements futuristes en période de fête, Djamel Bensalah prend le pari de miser sur le scénario et d’étonner avec une troupe bien humaine et sympathique. Si vous devez emmener vos enfants voir un film pour la famille, sans qu’une partie de celle-ci ne s’endorme à mi-chemin, vous pouvez toujours opter sur BIG CITY, une bonne carte à jouer pour le cinéma français en cette période de Noël où les mièvreries festives ne vont certes pas manquer. (7/10)