DURAN DURAN "Red carpet massacre"
Les années 80 font décidemment de la résistance. Mais pas toujours pour le meilleur, franchement parfois pour le pire. Que reste t’il en 2007 de cette décennie new wave ? Pas grand-chose, et les arbres en pleine forme, comme Depeche Mode ou The Cure, masquent la forêt de groupes disparus ( Visage, Ultravox ) ou à l’agonie, artistiquement parlant ( Simple Minds, par exemple ). DURAN DURAN tend à s’inscrire dans cette catégorie : de joyeux drilles has been, qui ne sont pas sans rappeler le récent film avec Hugh Grant, où un crooner peroxydé de cette même époque tentait un come back pour sortir de l’anonymat total dans lequel il est tombé. Il est vrai que le vrai grand intérêt lors de la sortie d’un nouvel album des DD était plus la nouvelle coupe de cheveux des membres du groupe que leur créativité artistique. Des tubes imparables comme Wild boys ou The reflex cohabitent à coté de nombreuses fautes de goût impardonnables.
Quand DURAN DURAN fit son retour sur scène à l’occasion du concert en mémoire de Diana, on se prit plus à ricaner qu’à rêver, soyons honnêtes. On avait l’impression de voir des dinosaures à peine sorti du formol, et complètement anachroniques dans un monde qui n’est plus le leur. Ce sera pour s’y réinsérer qu’ils ont fait appel pour ce RED CARPET MASSACRE, à un certain Justin Timberlake, comme ils le firent déjà en 1987 avec Nile Rogers, sur Notorious, pour gagner en « puissance sonore » ? Leur a-t-on vraiment expliqué qui est ce Justin en question ? En tous les cas, ce nouveau disque est remarquable… d’inutilité. Aucun vrai tube, rien de bien nouveau, une vieille soupe réchauffée qui manque de sel et que plus personne ne veut avaler. Falling down évoque la pop californienne sans la moindre conviction, She’s too much est un morceau d’Europop qui arrive avec vingt ans de retard. Timberlake fait le malin sur ce disque, mais gageons que même lui doit se rendre compte de l’évidence : voilà un album qui n’a absolument aucune raison d’être, et que vous n’avez absolument aucune raison d’écouter. Même en téléchargement gratuit. Comment on dit « partir à la retraite », en anglais ? (4/10)
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