la Presse

Publié le par Devotionall

Un article dans le numero de cette semaine de Marianne met l'accent sur la crise sans précédent que connais la presse française. Quotidiens et hebdos, de quelque obédience politique que ce soit, personne, ou presque, ne semble echappé à l'inéluctable déclin du support papier. De nombreuses raisons y sont évoquées, mais qu'en est il vraiment?

Je parlerai de support papier volontairement. La crise n'est pas que celle de la presse ou d'une certaine catégorie de journalisme. La crise des journeaux est avant tout une crise culturelle profonde, ou plutôt une mutation inévitable qui s'opère dans notre société. Lire un journal sous entend que nous possédions diverses qualités : que nous sachions lire, premièrement. Et premier echec. Un simple contact avec les jeuens de collèges et lycées mettra en évidence un constat affligeant : une bonne partie est certe capable de se rapeller qu'un B suivi d'un A se prononcera BA, met est incapable de donner un sens, une direction au texte lu. La lecture est techiquement et mécaniquement correct, mais en réalité vidée de sa substance et de son pouvoir didactique ou ludique.

Secondement, lire un journal signifie se sentir partie prenante d'un tout, d'une société ou d'un groupe précis ( qui se sent bigot conservateur lira La croix, qui se sent idiote ado boutonneuse 20 ans, par exemple ). Hors la jeunesse ne se sent plus concernée par rien. Juste par son propre nombril qu'elle observe avec angoisse. Ce n'est pas sal, ton corps change... mais le cerveau lui, n'évolue guère. A force d'éléver les nouvelles générations à la bequée, les oisillons n'osent guère s'aventurer hors du nid.

Car là est notre troisième problème : l'extrême insignifiance des aspirations et de la curiosité du nouveau lectorat. En effet, le goût de la lecture, l'envie de savoir, est un puissant moteur qui nous pousse à acheter notre quotidien préféré, même si ce dernier n'a plus grand chose à nous apprendre. Nous désirons comparer, recouper, lentement forger notre propre rapport et notre propre position en regard du monde extérieur. Peine perdue avec les 15-25 ans( voire 30 ), qui acceptent d'emblée la vérité édifiante de la télé ( Si PPDA l'a dit alors c'est vrai ) et angoisse à l'idée de se fouler un neurone en tombant par hasard, après la Star'Ac, sur un magazine culturel de seconde partie de soirée.

Et puis il y a internet, ce dévoreur de temps et d'informations. Internet nous offre le monde entier, et le savoir universel, en quelques clics. Ce n'est pas pour rien qu'il est le chouchou de la nouvelle génération, à qu je m'en prends très souvent. Une règle de la nature veut qu'un lecteur de 50-60 ans finit par s'éteindre fort logiquement ( perdu entre le cimetière, la cécité ou le gâtisme ), et si il n'existe aucun renouveau générationnel, le support ecrit disparait, au profit du support virtuel, moins encombrant, plus léger, plus futile, parfaitement adéquat à l'air du temps.

En formatant à la chaîne les nouveaux enseignants, en les dissuadant dès l'IUFM de mettre en pratique leur esprit critique, et de tenter de le transmettre aux jeunes élèves, l'éducation nationale est complice de ce processus de génocide culturel. Alors que les manuels scolaires continuent chaque année de s'alléger d'une bonne partie de leur contenus, que les inspecteurs académiques n'en finissent plus de se masturber en pensant au concept de l'élève roi au centre du système, ces derniers, gavés tels des oies stupides, sombrent dans l'apathie et dans la paresse intelectuelle et morale. Même les centres de documentation regorgent de Cd rom et coupent les budgets pour les abonnements aux quotidiens. Parce que sur le CD rom, il y a toujours, à portée de clic, la réponse à nos questions, alors que le role du vrai journalisme n'est pas forcément de nous révéler une vérité divine, mais de nous amener à contester celles préalablement imposées.

Cela dit, le ventes de Closer, Public, et autres torchons sur papier glacé se portent bien. Il ne manque plus que Je suis partout, et nous pourrons fermer également les kiosques, en attendant de s'attaquer aux bibliothèques.

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V
oups...j'allais dire qu'il y a quelques années de cela je lisais 20 ans mais bon...j'ai arrêté de le lire à 21 ans...je croyais que c'était que pour les 20 moi...pfffiou que je suis bête!
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D
Alors disons que sa ligne rédactionelle a du évoluer ces dernières années. Il y a 6/7 ans de cela, c'était un ignoble ramassis de clichés et d'articles racoleurs ( 20 trucs pour allumer ton mec, comment devenir une bombe sexuelle au lit, bref que de la culture ) pour un public bien ciblé... Mais tout évolue, pourquoi pas???
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C
Mon cher Jose, je suis d'accord avec toi sur certains points, mais je réagis au nom des fans de "20 Ans". C'est un magazine de qualité qui n'a rien à voir avec le médiocre "Jeune et jolie". Il fourmille de références culturelles, est bien écrit, bref il est apprécié de celles qui ne sont ni "idiotes", ni "ados" ni "boutonneuses"...<br /> <br /> Une copine (qui lit "20 Ans", "Libé", "Le Nouvel Obs", "Sciences humaines", etc.)<br /> <br /> E buone vacanze!
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