DAVE GAHAN " Hourglass "
Chaque groupe qui désire réussir se doit de définir correctement les rôles. Ainsi, le fonctionnement au sein de Depeche Mode a toujours été clair. Après le départ d’Alan Wilder en 1994 ( le sorcier du son ), Martin Gore a continué de fournir parole et musique ( sous la supervision de différents producteurs ), Andy Fletcher a mis dans la balance son sens des affaire, sa bonhomie et son talent pour le synthé joué à un doigt, et DAVE GAHAN a ajouté sa voix et son charisme sur scène. Alors quand ce dernier a décidé il y a quelques années, de se lancer dans une carrière parallèle en solo, les rires persifleurs ont fusé. Son premier travail, Paper Monsters, a partiellement démenti ces oiseaux de mauvaise augure. Des chansons délicates et assez bien ficelées, mais un tantinet mollassonne, avaient finalement trouvé un bon accueil et poussé Dave à la récidive, dès que l’occasion s’en serait présentée. Ce qui est chose faite avec dans les bacs ce HOURGLASS, que les aficionados des Mode ont déjà érigé en disque de la rentrée, voire de l’année. Ce site n’étant pas livré aux mains d’adolescents aveuglés par l’éclat de la nouveauté, même si résolument admiratif du travail du groupe de Basildon, vous allez pouvoir nous faire confiance pour l’objectivité.
L’album débute fichtrement bien. Pas grand-chose à redire. C’est pop, c’est rock, calibré pour tourner en boucle sur votre platine. Saw Something est même vraiment bien construit, un morceau très intelligent et complexe. Le single Kingdom n’a rien de bien nouveau mais il développe un electro rock assez sombre truffé de synthé/guitare/sirène d’usine qui sème le trouble et le malaise, et qui fonctionnent sans problème. Arrive ensuite une tuerie sonore à la Marilyn Manson où le chant de Gahan est presque méconnaissable ( Deeper and deeper ) et un bon morceau pop un peu mièvre mais agréable ( 21 days ). C’est ensuite que l’album baisse un peu en qualité, et son ventre mou, hormis l’excellent Use you, ne nous a pas complètement convaincu. Les ballades comme Miracles les titres lents comme Insoluble, n’ont pas ce mordant et cette classe directe que les titres de DM peuvent revêtir, la plupart du temps. Dave a un passé lourd et chargé, et ses expériences de souffrance et repentir, de drogue dure et de sevrage, de trahison et d’histoires tronquées, sont la source d’inspiration intarissable de ses chansons, et le portent parfois un peu trop loin dans l’auto commisération et dans l’introspection surfaite. Mais globalement cet album est meilleur que le premier : plus abouti et plus travaillé en amont, avec un son plus ronflant qui en réjouira beaucoup. Mais même en applaudissant à cette nouvelle sortie, je ne céderai jamais au blasphème de penser que Hourglass puisse vraiment valoir un album de Depeche Mode. (6,5/10)
Sinon je vous recommande chaudement de vous replonger dans les commentaires suite à notre critique musicale ( ? ) du best of ( ?? ) de TOKIO HOTEL. Les récents ajouts sont historiques et feront date dans l'histoire de l'humour. Si si, allez voir, j'en ri encore rien qu'à l'idée! ( commentaires, colonne de droite )
Publicité