BAND OF HORSES "Cease to begin"
L'an passé, au moment de dresser la liste des meilleurs albums de l'année, le choix s'était logiquement orienté vers un groupe américain parfaitement inconnu, la BAND OF HORSES, souvent encensé sur ce site. Tout est allé très vite pour les musiciens de Seattle : des premières parties avec le groupe Iron and Wine au premier trimestre, au passage chez David Letterman en juin et des chifres de vente enfin en accord avec des aspirations plus que légitimes. Uncut, Billboard, NME, toute la presse spécialisée mondiale a encensé la bande de chevaux, sans retenue ni exception. Pour ce second volet, le titre CEASE TO BEGIN semble particulièrement bien approprié ( Cesser de commencer, pour les ignorants ). Certes Phil Ek est toujours l'heureux producteur du disque, mais pour ce qui est de la formation titulaire qui descend sur le terrain, il y a eu bien des changements. Ainsi quatre membres de Band of horses, pour des raisons diverses et variés, ont déjà quitté le navire après le génialissime Everything all the time. Les remplaçants avaient du pain sur la planche, mais il semblerait que ce ne soit pas le talent qui leur manque. Moins tarabiscoté et cérébral, plus direct et catchy par moments, le deuxième opus a plus d'un atout à faire valoir, et va réjouir les foules, croyez nous!
Très mélodique, bourré d'arrangements délicats comme du cristal, avec une claire identité rock, ce disque est un de ceux qu'on va se repasser en boucle en décembre, quand viendra la dure période de l'établissement de notre top ten 2007. Magnifique est un des adjectifs qui reviennt le plus souvent quand on cherche à poser des mots sur la musique de Band of horses. Le style est varié et aéré, de la fausse country de Detlef Shrempf ( ex joueur de basket de Indiana et Portland ) à la comptine délicieuse The general specific. Ben Bridwell est resté, lui, et la voix si caractéristique du chanteur vient illuminer l'labum comme un phare en pleine nuit, guidant les navires vers la sécurité du port. Band of horses est un refuge contre la vulgarité et la médiocrité de l'époque. Dans Lamb of the lam, on tape des mains et on apprécie le piano délicat. No one's gonna love you est un petit joyau pour lequel Chris Martin vendrait probablement son âme. Les arpèges et les arrangements font parfois un peu pensé à Cocteau Twins, à cette grâce etrange et un peu mortifère qui régnait dans le new wave éthéré de Guthrie et Frazer. Mais en plus salutaire et un peu moins oppressant. La seule vraie raison d'être de Band of horses semble être celle de produire et diffuser le Beau, à grande échelle, espérions le. Alors oui, ce second album est un peu plus léger que le premier et un peu moins percutant, mais il reste à des années lumières de 90% de ce que nous avons entendu cette année encore, rayon réussites et chifres de vente à plusieurs zéros. Faites un geste pour combattre l'injustice, adoptez le dernier Band of horses! (7,5/10)