THE BABYSHAMBLES "Shooter's nation"
C'est une chose bien difficile que de parler des BABYSHAMBLES, sans évoquer les frasques sans fins de son leader et chanteur, Pete Doherty. Je ne vais pas vous résumer les derniers épisodes, de sa relation tumultueuse et contrastée avec le mannequin anorexique Kate Moss, ou sa dépendance à la drogue dure qui l'amène aussi souvent devant les tribunaux qu'en cure de désintox'. Non, ce serait trop facile, presqu'un coup bas porté contre l'homme, plus que contre sa musique. Musique par ailleurs fort surestimée, et bénéficiant d'une formidable caisse de résonnace à travers presque tous les médias. Un petit punk/rocker défoncé, gratouillant gentillement la guitare, est donc devenu une icone trash glamour, et par là même un véritable épiphénomène dans le rock d'aujourd'hui. La sortie du troisième album des Babyshambles était attendue comme peu d'autres en cette rentrée, et nous, au blog, nous l'avons écouté. Oui, et bien bof...
Avec l'arrivée de Patrick Wolden, les Babyshambles ont probablement gagné en maturité et semblent un peu moins brouillon, leur musique parait avoir légèrement grandie et s'éparpille un peu moins que par le passé. Des morceaux comme Baddies boogie méritent qu'on le souligne, les voici qui jouent tel un bon Blur qui muscle son milieu de terrain. Mais l'ensemble de ce Shooter's nation est tout de même assez fade, du post Sex Pistols bien moins virulent et bien plus policé, un bon rock basique sans grand génie qui se laisse écouter sans jamais vraiment emporter l'auditoire. Parfois pétilant ou sautillant ( comme sur Deft left hand, morceau très oasissien ) le groupe acouche quand même de bonnes mélodies, ce que nous ne contesteront pas, comme pour Carry on up the morning ou encore You talk. Mais au final, on ne se laisse pas berner : on a entendu bien plus passionant et bien plus sincère ces temps derniers, et Pete Doherty lorgne ouvertement du coté du public ado / ado attardé pour mener à bien sa pseudo révolution du trash people au pouvoir. J'ai revu Johnny Rotten l'autre soir à la TV, et j'ai encore une fois était stupéfié de voir combien la rébellion d'une fois s'est dissoute, chez les Pistols, remplacé au fil du temps par un pathétique amer. Mais gageons que le processus sera bien plus rapide pour les babyshambles, qui surfent allègrement sur la vague du temps; celle du rock anecdotique, à consommer entre deux portes, puis à oublier. Pas franchement mauvais, mais loin d'être indispensable (6/10)
