RECOIL "SubHuman"
Le journal des culturés présente :
RECOIL : LE PROJET PESANT D'ALAN WILDER
ALAN WILDER, vous vous rappellez? Pour ceux qui répondraient non à cette simple question, sachez donc qu'il s'agit là d'un ancien membre de DEPECHE MODE; ni plus ni moins. Il avait été recruté par le biais d'une petite annonce sur un hebdo musical anglais, en 1982 et fut longtemps le sorcier du son du groupe de Basildon. Travailleur de l'ombre, c'est lui qui passait des heures aux consoles ( voire des jours ) pour peaufiner le son Depeche Mode, entre un album et l'autre, un concert et l'autre. En gros, pendant que les autres se bourraient au Bloody Mary, lui faisait joujou avec ses synthés.
Alan a toutefois fini par se lasser de cette situation, et il claqua la porte en 1994 après la longue et destructice tournée Devotionall tour. Si les Mode ont su gérer sa départie grâce au recrutement de producteurs avisés, Mister Wilder s'est quand à lui retiré du show business et diverti avec son propre projet solo, RECOIL. Il faut être honnête : il avait initié cette seconde activité dès la fin des 80's, sans toutefois y mettre beaucoup de sérieux. Il s'agit en fait d'un terrain de jeu sonore, d'expérimentation musicale chère à notre ex modien. A mille lieues de la pop d'autrefois, sans aucune chance d'entrer un jour dans les charts mondiaux.
La production de RECOIL comprend déjà plusieurs albums : Hydrology et 1+2, regroupés ensemble, sont vers 1988 les balbutiements de Wilder en solo. On y retrouve de longues plages instrus où les gimmicks electro de DM sont encore ckairement identifiables, même si déconstruits. En 1990, c'est son meilleur album, et plus simplement accessible, Bloodlines, où il alterne expérimentation et véritable pop rock, en collaborant entre autre avec Moby ( à l'époque encore simple musicien en devenir ) ou la chanteuse de Curve. Puis sortent en 1997 Unsoud methods ( truffé d'ambiances glauques et un peu claustrophobes ) et en 2000 Liquid, très hermétique, composé de morceaux parlés plus que chantés. Depuis silence radio sur le projet RECOIL.
Voici donc venir le nouvel album, du nom de SubHuman. qui se distingue par la participation du bluesman Joe Richardson, au timbre particulièrement évocateur et qui s’accompagne à la guitare et à l’harmonica. Album très bluesy, nous a t'on promis, et en effet Wilder s'inspire de la musique du sud des States, tout en la truffant de trouvailles electro à la limite de la crisse d'angoisse. Le son de cet album est envoutant et lourd, une chappe de plomb qui s'abat sur l'auditeur, qui se perd dans la mélasse des tourments d'Alan Wilder et ses amis. On y trouve un coté grandiloquent qui finit même par irriter : à force de vouloir mettre mal à l'aise, Recoil fait fuir ses auditeurs. Franchement, n'écoutez pas SubHuman par une belle journée d'été : ça casse l'ambiance et vous allez regretter ne pas avoir choisi la plage. Wilder a le mérite évident d'expérimenter et de ne pas choisir la facilité, mais de là à ce que je le suive dans ses elucubrations tortueuses, il y a un pas, que je n'ai pas encore franchi. Etouffant, tout cela... (5/10)

Wilder, Alan : L'art de vivre dans la joie
RECOIL, le site officiel
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