INTERPOL "Our love to admire"
Le journal des culturés présente :
INTERPOL : Du rock tendu à l'extrême
Au commencement, ce fut JOY DIVISION. Musique froide et crispée, urgence new wave servie par Ian Curtis jusqu'à ce que la joie l'emporte dans un suicide attendu. L'histoire sera d'ailleurs bientôt sur vos grands ecrans grâce à la biopic de Corbijn : "Control". Puis apparurent de nombreux épigones, pas forcément talentueux comme l'original, d'ailleurs. Cela dit, depuis quelques années, nous avons donc INTERPOL, un clone qui a su conserver ce coté habité qui fut les grandes heures de la bande à Curtis. Un nouvel album est fraîchement débarqué.
Ces new yorkais ne rigolent pas : leur musique est rock rigoureuse, les corbeaux ne sont jamais très loin. Le troisième album d'Interpol "Our love to admire" est sorti le 9 juillet 2007 chez Capitol et il est franchement bon. L'angoisse et l'urgence sont encore au rendez-vous pour cette nouvelle livrée qui place nos américains dans le peloton de tête du genre, avec The Strokes ou The National. Deux albums et un maxi auront suffit à donner à Interpol ce leadership incontesté que le groupe revendique avec une certaine fierté. Ici, il vous suffit de vous prendre entre les oreilles le titre d'ouverture, "Pioneer to the falls" pour bien comprendre que le niveau qualitatif restera des plus hauts. Le chant est posé avec perfection, la musique suinte ce romantisme vénéneux qui fit la gloire des Baudelaire et autres poètes maudits. Décadence chic et chansons chocs, la recette est gagnante.
Les titres s'enchainent, implacables. On guette la faute de goût, la baisse de régime, pour leur tomber sur le rable et se rassurer : rien à faire, ils évitent l'esquif avec dextérité. Les moments intenses se succèdent avec une régularité impressionante, et la musique ecorchée d'Interpol se déploie avec flamboyance dans des titres comme The Scale ou Peace is the trick. The Heinrich maneuver est des plus forts, et Rest my chemistry le coup de grâce pour un album tendu comme un ressort mais qui ne rompte jamais. On ne sort pas de là dedans avec le sourire aux lèvres et la chemise à fleur, mais plutôt avec la tête encore endolorie de s'être pris autant de titres puissants dans la figure, mais prêts à recommencer. Our love to admire va t'il nous rendre masochistes? Interpol vainqueur de l'été par KO ? (7,5/10)

INTERPOL : Un nouvel et bien bon album !