MUSIC

Lundi 26 octobre 2009 1 26 10 2009 00:00

ARCHIVE "Controlling crowds part IV"

ARCHIVE a peut être enfin digéré le succès de son phénoménal album d’il y a presque dix ans, le vénéré « You all look the same to me ». Depuis lors, la formation anglaise à géométrie variable n’a plus vraiment réussi à bisser ce succès commercial mais surtout artistique, en se focalisant sur une formule éculée avec le temps, en oubliant toujours plus, au fil des disques, le rôle prépondérant de l’inspiration et de la prise de risque. Même la première partie de ce « Controlling crowds » parue au printemps dernier n’avait laissé de souvenirs impérissables. Mais voilà, en cet automne 2009, Archive renoue avec le danger et l’expérimentation, accepte de briser la cage dorée pour puiser dans ses racines ( le phrasé rap de « Lines » qui évoque indubitablement le tout premier « Londinium »), et dope ses compositions toujours aussi brumeuses et dépressives, avec un tempo plus véloce, pour de savantes comptines qui suintent l’urgence (« Pills »). Archive n’en oublie pas non plus de plomber l’atmosphère avec de lugubres balades déchirantes à faire fondre en larmes les plus insensibles, notamment sur un final bouleversant, le bien nommé « To the end » ( voir la compil de samedi dernier, Radio Devotionall est toujours sur le pont…). En multipliant les facettes et les points de vue sur son spleen, Archive se dépouille enfin de ses oripeaux « prog-rock » et retrouve le droit chemin de la beauté. Le public aura-t-il eu la force d’attendre ? (7,5/10)

BASEMENT JAXX "Scars"

Comme vous le savez, je trouve tout de même dommage, voire affligeant, que certains groupes continuent d'avoir un succès mérité et jamais démenti dans leur pays d'origine, et une fois débarqués en territoire français, soient contraints forcés d'évoluer dans le maquis. La Manche nous sépare des anglais de 30 kms, mais musicalement parlant, on a parfois la sensation de devoir franchir le Pacifique à la nage. Exception faite pour BASEMENT JAXX. Depuis "Red Alert" fin 1999, ce groupe a été promu la bas sensation des dance-floors, machine à tubes imparables pour faire danser jusqu'à plus soif. Oui mais voilà, je ne comprend pas le phénomène : Basement Jaxx nous le prouve encore avec ce cinquième album, sa production ressemble avant tout à une bouillie electro réchauffée, de la danse brouillonne sans inspiration, putassière et racoleuse. Des exemples? Ce "Raindrops" qui démarre comme un hybride Bollywood/boite du coin, et qui est aussi subtil qu'une bonne vieille compil tuning. "Scars" et ses basses redondantes, qui sent mauvais le r'nb faisandé. Ou encore "Saga", un résumé sauce boule à facettes du pire de la bande FM. Surnagent de ci de là de rares moments comme le blues mutant de "She's no good", mais c'est assez peu pour que je considère l'ensemble. Allez, David Guetta, enlève ton masque, on t'a reconnu! (5/10)

                                                              
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Mercredi 21 octobre 2009 3 21 10 2009 00:00

C’est au tour de la carrière solo de Dave Gahan, voix habituelle de Depeche Mode, de faire l’objet de notre rubrique du mercredi. Longtemps brimé dans sa créativité, c’est sur ce tard que Gahan s’émancipe en partie de l’ombre de Martin gore, et décide de produire en son nom propre un album qui fait aussi figure d’exorcisme de son passé turbulent, le bien nommé « Paper monsters ». Epaulé entre autres par Christian Eigner ( le batteur full time de DM depuis des années ), il signe là toute une série de compositions assez classiques, qui semblent au premier abord un peu plus rock et bluesy que les morceaux classiques de son groupe de référence, mais qui conservent toutefois une sorte de « patte », de touche évidente, qui font que l’univers Depeche Mode et Gahan restent intimement lié. Ballades électro (I need you) ou rock qui fait le gros dos (Bottle living, un peu trop baroque), ces monstres de papier alternent les sentiments et les ambiances, pour un résultat digne et honorable, sans jamais prétendre à l’immortalité. Resteront en tête également le refrain catchy du single « Dirty sticky floor » et le romantisme naïf de « A little piece », qui trouve un écho faiblard et assez mièvre dans un « Stay » tire larmes et mou du genou.

 

Gahan cherche ses marques et tente une seconde escapade en solitaire avec « hourglass », un disque forcément plus abouti et ambitieux, et qui pourtant, au-delà d’une production plus léchée et patinée, n’offre guère plus de raisons de se réjouir, au contraire. Inégal et probablement trop long, ce qui aurait pu être un bien joli Ep devient un disque souffrant de longueurs coupables, d’un manque d’inspiration évidente pour tenir dans la durée. Gahan se la raconte Trent Reznor sur un efficace « Deeper and deeper » ou met en application les leçons du maître Gore pour donner vie à des singles potentiels et musclés comme « Kingdom » ou « I saw something » et son solo lacérant l’air sur le final. « Use you » aussi mérite le détour, pour son ironie et sa hargne portées avec élégance par un chanteur qui en connait un rayon. Le reste sonne un peu prétentieux et creux, et si on prête une oreille indulgente en raison des états de service au sein de Depeche Mode, on retiendra finalement et au mieux, 4 à 5 morceaux de ce second effort court sur pattes.

                           

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Lundi 19 octobre 2009 1 19 10 2009 00:00

RICHARD HAWLEY "Truelove's gutter"
Quand on est le guitariste d’un groupe assez célèbre, mais dont le chanteur ( Jarvis Cocker ) a tendance à phagocyter les feux de la rampe, il est difficile de sortir du cône d’ombre et de se tailler un costume de protagoniste. Sauf si ce groupe implose, et que vous avez ainsi toute latitude pour organiser votre carrière solo. Voilà qui tombe bien pour Richard Hawley, ex membre éminent de Pulp, qui à l’inverse de son ancien « patron » gagne de l’ampleur à chaque nouvelle livraison. « Truelove’s gutter » est déjà son troisième disque, et l’Angleterre a tout compris, en lui réservant les hommages qu’il mérite. Pas la France, pas encore. Voix de crooner à tomber à la renverse, arrangements classieux à la Sinatra moderne, crossover entre country et rock en costume à la Tindersticks, la musique de Hawley est faite pour s’élever la nuit, entre les volutes de fumée d’un piano bar, et parle de solitude, d’amours incomprises, tout en respectant et sublimant les codes du genre, avec une aisance et une retenue sidérantes. Ecoutez donc « Open up your door », et ses envolées sublimes ( sur la compilation Radio Devotionall 11 de samedi dernier ) pour pénétrer cette autre dimension, celle de la classe artistique, de l’esthète doué et sur de lui, en passe de s’imposer définitivement comme un des maîtres du genre, sans faire de bruit. (7,5/10)

RAMMSTEIN "Liebe is fur alle da"
Rammstein et la poésie ont peu en commun, et ça ne date pas d’aujourd’hui. Toutefois, ce « rock – electro – gothique » teuton, qui ose et assume son chant en allemand, a produit de bons singles efficaces voilà quelques années, et même si le public visé est souvent en attente de la majorité, ça ne nous a pas empêché de commencer la journée bille en tête avec les refrains de « Sensucht » ou encore « Asche zu Asche », reprise de Bowie. Là où ça se corse, c’est à force de se parodier, de se répéter. Que reste t’il de frais et de novateur chez Rammstein, qui désormais nous sert inlassablement les mêmes recettes de disque en disque, tout en perdant encore un peu, à  chaque tentative, de son envie et de sa fougue ? La dernière fournée n’est guère croustillante, et faire gronder les guitares et pousser des hurlements gutturaux en allemand n’aide guère à compatir. Pas grand-chose de folichon, donc, hormis peut-être le titre éponyme « Liebe ist fur alle da » qui sort la tête de l’eau, bien au dessus d’un album décevant, où le pire est atteint, comme souvent, quand les Rammstein se prêtent au jeu de ballades bancales et caricaturales, où quand ils se mettent à bafouiller quelques paroles en français (sur « Fruhling in Paris ») au sujet du printemps dans notre capitale. Ils sont fous ces allemands ! (5/10)

                      

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Mercredi 14 octobre 2009 3 14 10 2009 00:00

MARTIN GORE : Counterfeit & Counterfeit 2

Curieux paradoxe. Quand le principal parolier et compositeur de Depeche Mode, le blondinet Martin Gore, se lance dans un projet solo, c’est pour ne rien composer en son nom propre. Fatigue passagère, crise de fainéantise, ou réel hommage appuyé à certains musiciens qui ont influencé le son Gore, et par conséquence, Depeche Mode ? En 1989, à peine terminée la tournée marathon de 101 concerts, immortalisée sur vidéo après le show du Rose Bowl de Pasadena, Martin propose un Ep de six titres, où il chante d’une voix fluette tout en falsetto de gentilles ballades mélancoliques, le tout produit avec un son assez cheap et sans grands effets particuliers. Emouvante montée dans les aigus quand il reprend les Sparks ( Never turn your back on mother Earth), énigmatique plongée dans une foule informe et presque hostile ( Smile in the crowd des Durutti Column ) ou carrément reprise du folklore américain(Motherless child), Gore ne se casse pas trop la tête et chantonne dans le sens du poil, tout en révélant des goûts éclectiques pas si évident au premier abord.

 

En 2003, rebelotte. Cette fois Martin pousse le plaisir à accoucher d’un vrai album, là encore uniquement de reprises, qui auraient toutes fortement contribué à forger l’univers de Depeche Mode. La production est beaucoup plus léchée, plus lourde, certains titres semblant se couler dans de l’acier trempé et lorgner du coté du rock indu. On trouve même un titre tout en allemand (Das Lied von einsamen Madchen) et une superbe reprise fuyante et déséquilibrée de I cast a Lonesome Shadow. « Stardust », le single, est à coté assez fade, une faible tentative d’exister dans les charts en solo, tout en proclamant que le « rock’n roll is dead ». Le disque contient aussi une émouvante sortie ( « Candy Says » du Velvet Underground ) et l’éthérée et fantomatique « In my other world » qui oscille entre rêverie et cauchemar. A coté de tout cela, on découvre aussi des titres anecdotiques, une inspiration parfois inégale, qui font penser qu’un second Lp, plutôt qu’un premier véritable disque, aurait été plus judicieux.

cover_front-28.jpg image by digitalsmokingrobot       

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Samedi 10 octobre 2009 6 10 10 2009 00:00

Pas de compilation ce samedi ( ça n'est pas non plus systématique, laissez moi le temps de compiler pour samedi prochain ) mais un retour sur la tournée actuelle du plus parodique des groupes de rock, à savoir U2. Les irlandais sont passés par ici ( à Nice ) en kuillet dernier, et j'avais laissé mes impressions sur un petit mémo publié sur facebook. L'heure est venu de vous les reproposer ici, tout en vous donnant la possibilité de jeter une oreille sur leurs concerts ( la set list est immuable, donc vous allez pouvoir juger ) juste à la suite. Commençons par le commencement:

Quelques considérations diverses et variées, après le concert de U2 à Nice, hier soir (c'était le 15 juillet)

- Rien à dire de la scène en elle même, si ce n'est qu'elle est impressionante, et que les ecrans circulaires permettent au public d'avoir une vision acceptable, voire très bonne, de ce qui se passe sur scène, et cela qual que soit votre situation autour de cette dernière. Une bonne idée, c'est indéniable, qui sera reprise, à n'en pas douter, par beaucoup à l'avenir
- La performance du groupe? Energique, U2 assure sur scène, ça reste leur marque de fabrique, après tout. Certains observateurs des tous premiers rangs ont pu noter des phénomènes paranormaux, comme lorsque Clayton change sa basse en douce, derrière la batterie ( problème avec l'instrument en plein morceau ) et que la ligne mélodique qu'il était en train de jouer continue quand même, par miracle. Oh le tricheur!
- Les meilleurs moments? Les classiques (Where the streets, One...), un enchainement City of Blinding lights/Vertigo qui réveille le public, un mix très surprenant et réussi de I'll go crazy if I don't go crazy tonight, le retour de UltraViolet que personnellement j'adore, et la version acoustique de Stuck in a moment, ou The Edge montre l'étendue de son talent.
- Les ratés? Disons que c'est dur d'enchaîner trois/quatre morceaux, comme en début de show, quand ceux ci sont assez faibles, car le dernier album, répétons le, n'a pas grand chose de formidable... Et puis surtout et encore, le coté Messianique de Bono et de son cirsque. Une minute sms juste avant One, un défilé pathétique de 50 spectateurs invités tous cachés derrière le masque de Aung San Suu Kyi, et tout un tas de préchi préchas stérile et agaçant, de la part d'un mec qui rappellons le a lui aussi "délocaliser" ses comptes en banque pour ne plus payer d'impôts et gère son groupe comme un immense business capitaliste. Tant que certains y croiront...
- L'organisation? Bah quoi, on est à Nice... Pratiquement une demie heure juste pour sortir du Nikaia (200m) ça veut tout dire. Une heure d'attnte pour choper un bus et rentrer, mais bon, il fallait évacuer 50 000 personnes... Par contre certaines personnes qui avaient un billet pelouse ( certaines, beaucoup en fait, à en juger par ce qu'on m'a confirmé ce matin...) ont pu avoir accès aux tribunes juste avant le show. Celles ci étaient en effet un peu vides, et de la sorte, hop, elle se sont remplies. Magie! Devant le Nikaia les connards qui revendaient à la sauvette ( vous savez, les mêmes à cause de qui vous ne trouvez pas de place quand vous allez à la fnac pour prendre un billet ) ont du faire moitié prix, bien fait pour eux!
- Coté VIP? Je ne sais pas trop, on m'a juste confirmé ... Denise Fabre, Ciotti (un politicien du coin, ump of course ) et Patrick Bruel. Le prince cul-cul de Monaco devait être là, en tous cas il l'avait promis.

Au final, allez, une bonne soirée en plein air avec un gros concert événement, à NICE, on va quand même pas non plus faire la fine bouche. Surtout qu'avec la grippe A cet hiver on n'aura ni matchs de foot ni rassemblement public, profitions en bien tant qu'il y a encore assez de monde en vie pour organiser ce type d'événement. Ah oui, et pour finir, non, non, U2 n'a pas joué "Close to me" ni "just can't get enough", c'est vraiment etrange et décevant

Et maintenant le concert de Sheffield, qui a été enregistré et diffusé à la radio, ce qui explique que je vous le propose ici :





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Ce sera tout pour cette fois, bon week-end et à demain

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