Parfois on apprécie un titre, un film, car le moment précis où on en prend connaissance, on traverse une période particulière, propice à une
certaine ouverture d'esprit. C'est le cas avec ce Man on the Moon. Le film éponyme, c'est cette tragi comédie poignante avec Jim Carey, insupportable en général, excellent ici. On y retrouve la
vie d'Andy Kaufman, comique américain et mystificateur de génie, show man déjanté qui succombe finalement à un cancer, son ultime pied de nez à la vie. Les premières notes de cette chanson
suffisent à me replonger dans la salle obscure, où je venais de recevoir ce film comme un coup de poing dans l'estomac, une de ses séances destinées à ne jamais être oubliées. Alors quand
j'entend le rock brouillon de Rem ces temps derniers, et que je vois la critique qui s'extasie sur des titres à peine décents, je me souviens aussi de ce génie qu'avait le groupe d'Athens, de sa
fabuleuse capacité à toucher les gens avec des chansons comme celle ci, mais aussi l'intégralité du sublime Automatic for the people ( Find the river, excellent! ). Et j'en conclu que vieillir,
c'est vraiment mourir un peu... dans certains cas.
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En 2002, lors de sa tentative infructueuse de signature du groupe THE MUSIC, Tony Wilson parlait ouvertement de "groupe de rock le plus
excitant de la planète". Il est vrai que nous avons affaire ici à une formation hybride capable d'enflammer ses guitares pour improviser une rave party à ciel ouvert. Pourtant le succès discret
des deux premiers albums n'a pas enfanté de titres fédérateurs, d'hymnes ravageurs comme nous les attendions; et le demi succès du groupe est vu par certains comme un demi echec. Idée renforcée
par les frasques du chanteur Rob Harvey et sa lente descente aux enfers. Ce troisième album est là pour réparer l'injustice. Pêchu, dynamique, testostéroné. Certes, souvent l'inspiration vient
d'expériences vécues et livrées ici sans finesse ( le titre "Drugs" ou encore "The spike" ) mais Harvey apprend aussi à se livrer nu et accepter les risques, comme sur "No weapon sharper than
will" ( pas d'arme plus tranchante que la volonté ) et nombre de morceaux de bravoure où les guitares se font tout à tour menaçantes et euphorisantes. Nous passons de la new wave assumée à la new
rave, un disque jouée à cent à l'heure qui ne confond pas vitesse et précipitation. Peut être enfin l'album de l'explosion d'une formation qui possède le potentiel pour hanter durablement vos
partys et vos playlists mp3. Réponse les prochaines semaines, la force venant du nombre ( des disques vendus? ) comme le clame le titre : Strength in numbers. (7,5/10)
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Je n'avais pas encore chroniqué ou évoqué le troisième album de Carla Bruni.
J'entends déjà les protestations éhontées, cette certitude inébranlable que si je le fais enfin, c'est pour me payer la poire de l'épouse du Présidentissime, cette belle aphone qui enfante
régulièrement de jolies comptines pour bobo ou jet setters. Pourtant, je voulais faire, tout, sauf me moquer. Me démarquer de la critique indépendante, et suivre les avis des journeaux
mainstream, qui ont régulièrement encensé la galette de la dame, lui ont déroulé un ignoble tapis rouge sous les pieds des semaines durant. Et puis il y a eu cette scène piteuse, au sortir du
dernier conseil des ministres de l'année. Ces cd gracieusement offert par Carla 1° à chacun des éminents membres du gouvernement, et tous ces faux derches lècheurs et serviles qui brandissaient
l'objet convoité comme une récompense divine, tout en comparant la pertinence des dédicaces, l'aune ultime pour mesurer sa vraie place en terre sarkozyste.Trop c'est trop, même dans le pathétique
ou l'anecdotique. Et dès lors la voix railleuse de Carla Bruni qui me sussurent ses bonbons sucrés fourrés au venin du mépris du petit peuple, tout cela m'a semblé bien indigeste. De la poésie de
comptoir, de belles phrases inoffensives où l'allitération ne cache pas un propos indigent, un coté musical sans intérêt aucun...j'eu pu donner une note, j'eu pu, si j'avais eu le courage de
finir cet album. Et puis j'ai eu comme qui dirait, un sursaut de considération de moi, presque comme un vague dégoût de cette tâche ingrâte. Ce sera tout pour soir, et c'est déjà beaucoup
(trop).

Majesté, le peuple reclame de la culture!
Qu'importe, qu'on lui donne Carla Bruni...
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