Je suis donc resté deux ans sans remettre le pied à Saint-Quentin, avant d'y faire un saut de quelques jours cet été. Quid de ce retour en
terre picarde? J'ai pensé en toucher un mot, ecrire quelque chose entre le caustique et le poétique, mais finalement c'est Zola qui vient à mon secours, avec cet extrait de "La Terre", issu du
cinquième chapître de la seconde partie. Cela semble ecrit pour l'occasion :
Deux ans s’étaient passés, dans cette vie active et monotone des campagnes ; et Rognes avait vécu, avec le retour fatal des saisons, le train éternel
des choses, les mêmes travaux, les mêmes sommeils.
Il y avait en bas, sur la route, à l’encoignure de l’école, une fontaine d’eau vive, où toutes les femmes descendaient prendre leur eau de table, les maisons n’ayant que des mares, pour le bétail
et l’arrosage. A six heures, le soir, c’était là que se tenait la gazette du pays ; les moindres événements y trouvaient un écho, on s’y livrait à des commentaires sans fin sur ceux-ci qui
avaient mangé de la viande, sur la fille à ceux-là, grosse depuis la Chandeleur ; et, pendant les deux années, les mêmes commérages avaient évolué avec les saisons, revenant et se répétant,
toujours des enfants faits trop tôt, des hommes soûls, des femmes battues, beaucoup de besogne pour beaucoup de misère. Il était arrivé tant de choses et rien du
tout !
Exactement ce que je ressens ici, entre les vains commérages, la misère ambiante ( intellectuelle et sociale surtout ) et l'immobilisme. Après,un peu de fraîcheur au milieu de la canicule
niçoise, et de calme avec des champs à perte de vue et aucun touriste, ça fait aussi du bien. A petites doses, très espacées.

L'hôtel de Ville.
Immortalisé par un timbre dans les années 60.



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