Mercredi 16 avril 2008

CIAO ITALIA : L'Italie de A à Z par ManuX

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Episode 7 : V comme VIAGGIO Part II ( Voyage en italien )

 

Encore tout empli de l’émotion procurée par l’agréable ville de Piacenza (Emilie-Romagne) où mes yeux se sont perdus, mes nombreuses pérégrinations « italiennes » viennent interpeller mon esprit et lui rappeler la promesse de doux instants à partager. Ce séjour scolaire me permet d’égrener paisiblement ces plages de découverte de « Mon » Italie…

 

Je me remémore ce moment « magique » pour moi sur une petite place de Benevento (en province d’Avellino, non loin de Naples) où avaient lieu en ce début juillet les festivités locales annonçant les grands débuts de l’Eté ; en compagnie d’amis, je débouchais sur cette placette où se tenait un concert classique de jeunes musiciens talentueux…Ils jouaient en plein air devant une assemblée garnie ; le temps était serein, l’air quelque peu frais. Et là, « l’orchestre » se mit à susurrer à mes oreilles le « thème » d’amour du film de G.Tornatore, Nuovo Cinema Paradiso (originairement mis en musique par Andrea Morricone, frère du très célèbre compositeur Ennio Morricone). Un flot d’émotions spontané vint embrumer mon regard et colorer de joie mon cœur !Je me trouvai au moment opportun, à la place juste,  pour assister en toute simplicité à cet instant musical sublime, fastueux pour moi ! je me trouvai en un point donné être Le témoin de mon goût particulier pour l’Italie ! Je faisais partie de cette Italie que j’aime, faite de vie, de passions, d’Amour…

 

Je me souviens de mon passage dans la très coquette ville de Sienne (en Toscane) lors de mon premier vrai « Tour » de l’Italie. Emerveillé par la profusion de couleurs de ses immeubles, de ses places, de l’étroitesse de ses rues qui serpentaient à travers la ville, j’étais transporté de bonheur à l’idée de rencontrer ces personnes si chaleureuses, heureuses, vigoureuses, colorées elles-aussi (j’appris rapidement que j’avais débarqué à Sienne, en ce 2 juillet, le jour du fameux « Palio » : course de chevaux  qui a lieu 2 fois l’an –le 2 juillet et le 16 août- Les chevaux représentent les principaux quartiers de la ville ; ils arborent avec élégance les couleurs du quartier. Le vainqueur fait gagner son quartier et participe donc à la domination de la ville pendant l’année) ! L’ami et moi étions fascinés par cette fougue présente lors des préparatifs qui allaient menés à cette course le soir même autour de la « Piazza del Campo ». Cette place, en temps ordinaires, est surtout la « possession » le soir des jeunes Siennois qui viennent discuter ou jouer de la guitare et passer ainsi de doux moments de vie. Sienne fut pour moi l’occasion de goûter et de savourer à sa juste valeur le célèbre Chianti (vin rouge très raffiné) dans un écrin de toute beauté : la campagne siennoise et ses vignes ! Quel spectacle de la vie ! 

 

Promener son regard en Italie est aussi  s’offrir le privilège de contempler l’harmonie existant entre le ciel, la terre et la mer ! Une mer bleue azur en totale opposition avec la blancheur éternelle des maisons de la Pouille (nous sommes dans le Sud-est du pays, dans son « talon » avec ses villes de Bari, Lecce) vous fait frémir d’exaltation ! Observer l’horizon infini en longeant la mer, à Molfetta (province de Bari), s’apercevoir des barques de pêcheur, se sentir en symbiose avec la population sont si enivrants. Je conserve de ce passage beaucoup de « merveilleux », de petits bonheurs simples (comme cette soirée improvisée dans une demeure où les personnes invitées chantaient, criaient, dînaient avec gourmandise, parlaient politique, où les regards se cachaient pour mieux se trouver).

Ces quelques « ricordi » (souvenirs) ont le miel de la vérité, de la simplicité et font montre de reconnaissance à l’égard de ce pays voisin. Ces réminiscences participent à ma connaissance de ce pays si particulier, me donnent un angle de vue, un objectif quelque peu atypique . Telle une personne, l’Italie me procure une myriade d’images, de parfums, d’odeurs, de traces cachées ; elle est somme de mystère, de beauté, de suavité. Elle est une perpétuelle « Renaissance » du bien-être, de l’ingéniosité ! Merci pour elle !! Viva la vita e viva l’Amore !!


Molfetta : ManuX y fut pêcheur sur une vieille barque...

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Mercredi 9 avril 2008

Un retour ce mercredi, dans tous les sens du termes...

CIAO ITALIA : L'Italie de A à Z par ManuX


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Episode 6 : V comme VIAGGIO ( Voyage en italien )


J’évoque souvent dans cette rubrique mes parfums d’Italie, mes émotions brutes, mes pensées premières…Flâner dans ce merveilleux pays est comme courtiser une belle femme : vous êtes comme transporté d’Amour, vous brûlez de fièvre à l’idée de capturer le moindre de ses détails, vous frémissez à l’odeur embaumante de moments partagés en sa compagnie. Mes « flâneries » italiennes ont toujours recelé de merveilleux, de magnificence. Me remémorant pêle-mêle ces instants importants de ma vie, il s’en dégage une cohérence de l’esthétisme propre à l’Italie ( harmonie des traits, des courbes avec les couleurs utilisées aussi bien dans les villes que dans les campagnes ), une simplicité de vie ( correspondant au côté pratique, pragmatique de l’Italien, l’ « arrangiarsi ») qui donnent une Beauté (« bellezza » serait plus approprié ! N’entendez - vous pas l’enchantement sonore de ce mot ?!! ) à l’Existence.

 

Revenant d’un voyage scolaire en Emilie – Romagne ( région intermédiaire entre le Nord de l’Italie et la capitale Rome ; les fidèles catholiques utilisaient pour rejoindre Rome la Via Romea et la Via Emilia ; d’autre part, il faut savoir que l’Emilie est la partie qui tutoie la mer Adriatique, la partie orientale de cette région avec une ville comme Ravenne par exemple ; la partie occidentale, la Romagne, est représentée surtout par l’imposante ville universitaire, Bologne ), mon regard et mon esprit ont été pris en otage par tant de trésors architecturaux : je pense à la plus ancienne université d’Europe, l’université de droit de Bologne qui côtoie le «  théâtre anatomique » ( où avaient lieu devant les élèves des dissections faites par les médecins de l’époque  « sous les yeux » d’Apollon ) ; je pense à ses 37 kilomètres de portiques ! Majestueux ! Je pense à la « Villa Araldi » ( du nom du Général Italien de Napoléon qui occupa cette demeure surplombant la ville ), aux deux tours ( dont l’immense « torre Asinelli » qui survole la ville avec ses 492 marches ! ).  

Ravenne l’Adriatique m’impressionne surtout par sa basilique San Vitale ( VIè siècle ap.J.C ) dans laquelle les fresques d’U. Gandolfi  ( XVIII ème siècle ) jouent d’ingéniosité avec les couleurs ! Quelle osmose ! Cette ville a en ses murs aussi la tombe de Dante Alighieri ( l’auteur de la Divine comédie  et « père de la langue Italienne » qui rédigera d’ailleurs le troisième opus de son œuvre, Le Paradis , à Ravenne même où il mourut en 1321, ne revit jamais sa ville natale, Florence ). Ravenne et son mausolée de Théodoric est une ville propre, calme et où la bicyclette est reine !! Quel hommage à la sérénité, quel contre – pied à cette société de consommation, éprouvante, lassante. Comme de nombreuses villes italiennes, la place est importante, elle est un symbole de l’identité ; contemplez la « piazza del popolo » petite mais chaleureuse ! Et allez visiter la mairie au coin de cette place magnifique et touchante ! elle détient de sublimes décors que la chaleur de son personnel vous montrera !


Ferrare, autre ville superbe, calme, voluptueuse, emplie d’une nuée de bicyclettes qui ravit la vue et l’ouïe. La monumentale cathédrale San Giorgio ( mi – gothique, mi- baroque ) vous saisira d’émotion !! Le regard dans ce silence immense dédie sa perception infinie vers un éloge du Beau, du Sublime ! A l’intérieur de ce lieu enchanteur, mes pensées sont allées vers mes proches disparus ; un foisonnement de recueillement vous disais – je ! J’ai aussi pensé au célèbre réalisateur Italien, originaire d’ailleurs de cette ville, Michelangelo Antonioni ( décédé il y a peu ) qui ne cessait de répéter : «  Mon regard est mon maître ». A la fin de sa vie, il ne parlait plus, il contemplait seulement, il caressait l’Art du beau.

Comment ne pas avoir, posséder, utiliser son œil romantique pour la jolie petite perle Adriatique qu’est Comacchio ? Enlacée de  ses canaux, ses innombrables amoureux s’aiment «  à même » le « Triponti » (  pont gigantesque de briques rouge constitué de 3 escaliers qui se rejoignent en son centre ). Le temps semble figé dans un arc-en-ciel de bonheur ! Prenons donc le temps de prendre le temps !


Comacchio : ManuX was there !

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Mercredi 26 mars 2008
CIAO ITALIA : L'Italie de A à Z par ManuX

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Episode 5 : T come TRICARICO ( Chanteur italien "décalé" )


« La musique est le parfum de l’oreille » ai-je lu un jour … Cette réflexion vibre en moi d’une émotion sincère, vraie, colorée à l’idée d’évoquer la sortie du dernier album en date du « poète en-chanteur » Francesco Tricarico.

 

Début mars, le poète « lunaire » originaire de Bologne a délivré son nouveau chant du monde :  Giglio   (littéralement le lis) est un parchemin humaniste de 11 titres dans lequel Tricarico poursuit l’évocation de Son monde intérieur déjà ébauchée il y a quelques années dans son premier album éponyme. Avec sa voix écorchée, éraillée quelque peu, fausse surtout, il imprime une vraie gravité à ses paroles, à ses mots (et maux). La planète Tricarico est comme une malle à l’intérieur de laquelle est regroupée une myriade de petits bonheurs : on y découvre une cour joyeuse et immense d’animaux bruyants, surprenants (crocodile, poules, lézards, lucioles, souris…) : cela me fait penser incontestablement à la folie baroque du comte Palagonia qui avait assemblé autour de son château ( à Bagheria en Sicile, près de Palerme) des statues d’animaux divers ou encore (tout autre chose) au cinéma d’Emir Kusturica. De cette malle « tricariquesque », jaillissent les couleurs vives de la Vie, la liberté de vivre et d’être soi tout simplement, la Magie d’exister humblement, la Joie de vivre, l’Amour dans toute son infinité. Tricarico nous apparaît tel un magicien existentiel, un Enchanteur de Vie qui d’un coup de baguette nous fait contempler un monde merveilleux, humain, simplement simple ! Le quotidien créé par Tricarico est empli de poésie, de sublime.


Dans la chanson « Oroscopo » (Horoscope) par exemple, il écrit ceci :

Scorre la vita infinita / cadono i petalli delle rose / siamo solo piccole particelle che compaiono, scompaiono e riappaiono   ( « l’infini existentiel coule / les pétales des rose tombent / nous ne sommes que de petites particules qui apparaissent, disparaissent et réapparaissent »). Tel Marcovaldo, le héros de l’écrivain Italo Calvino, Tricarico nous apparaît dans ses personnages comme quelqu’un d’atypique faisant partie d’un monde à part, un monde non matérialiste où l’Emotion coule limpidement !

Tricarico nous interpelle, lance une Ode à la Simplicité de vie, à un retour (à mon avis) de valeurs traditionnelles. Dans son hymne (crié lors de son passage au Festival de la chanson Italienne de San Remo) « Vita tranquilla », il désire vivre tranquillement, sereinement loin de la vie frénétique offerte (ou imposée ?) par notre société de consommation. C’est un vrai cri du cœur empreint d’une grande tendresse et une émotion non fîntes. Le brin de poésie « Eternità » nous invite à Passeggiare stretti stretti poi fermarsi a prendere un caffè con serenità  (se ballader enlacés et puis nous arrêter prendre un café avec sérénité).

Le titre « Ghiaccio » vient renforcer cette idée d’Abandon totale à la paix retrouvée :

Piano con la mano, piano con la lingua, piano con la tua cattiveria,

Piano con la sicurezza, con tutta questa fretta.  (Doucement avec toute cette agitation)


Je le répète mais Tricarico nous offre une page de Candeur, de Naïveté, de Simplicité dans un monde contemporain formaté où semble t-il la valeur commerciale d’un objet ou même d’une personne est plus attrayante que la valeur affective , émotive. Giglio n’est donc pas un titre fortuit, livré aux vents du Hasard ! Ne dit-on pas « être pur comme le lis » ?

Tricarico se rapproche sans conteste dans cette veine sensible, contemplative du héros d’Italo Calvino MARCOVALDO. Cet être simple, coexistant en harmonie avec la Nature. Repensons quelques instants simplement à ces mots de la chanson « Eternità » :

Cadono le foglie, i pensieri nella mente non fanno male  ( Les feuilles des arbres tombent, le flot de pensées dans mon esprit ne fait pas mal)

Ce chant de Vie simple pourra vous accompagner allègrement lors de votre passage, votre venue, votre découverte, votre contemplation de l’Italie. Il est une porte ouverte à la Connaissance de ce beau pays. Il est teinté d’une mélancolie joyeuse et surtout vous colorie la Vie si …naïvement et simplement. Laissez donc ce « parfum » si capiteux agir en vos sens.

Viva la Vita e viva l’Amore !!



La vidéo de Tricarico au festival de Sanremo : une prestation lunaire, à l'issue de laquelle il réussit à envoyer discrétement un "stronzo" ( connard ) à l'un des présentateurs qui le tournait en dérision pour son absence chronique de conversation et d'envie de communiquer avec les médias. Tricarico, à part, résolument!

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Mercredi 19 mars 2008

ManuX nous replonge dans le cinéma italien pour une séance particulière, une grande fresque qui mêle fiction et histoire de l'Italie.

CIAO ITALIA : L'Italie de A à Z par ManuX

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Episode 4 : M come MEGLIO GIOVENTU ( Nos meilleures années? )

 

Souvenez-vous, la semaine dernière mon esprit s’abandonnait , se perdait dans les draps délicieux du Cinéma transalpin. Sans vouloir être redondant et ennuyeux, il me semble important de vous signaler un des derniers succès cinématographiques Italiens de ces cinq dernières années ; un « trésor » filmique qui, pour les non-initiés à la culture de ce pays, les néophytes du Bel Paese et de sa Civilisation, constitue à mon avis une approche condensée, succincte et très intéressante de l’Italie des quarante dernières années.
LA MEGLIO GIOVENTÙ (retranscrit en français sous le titre de Nos meilleures années) retrace le destin de 2 frères, Nicola et Matteo Carati, à travers les principaux événements que l’Italie connait de 1966 à 2003. Avec clarté, simplicité, limpidité et émotion, le réalisateur Marco Tullio Giordana déroule sous nos yeux étourdis tour à tour de joie, de tristesse, de crainte, de réflexions existentielles, les événements importants qui ont jalonné l’Histoire du pays : j’évoque aussi bien la révolte étudiante de 1968, les « années de plomb » des années 70 (terrorisme lié à des groupuscules d’extrême gauche , les fameuses Brigades Rouges qui enlevèrent notamment et exécutèrent le député chrétien démocrate Aldo Moro/ terrorisme aussi lié à une frange de l’extrême droite Italienne : pensons à l’attentat de la gare ferroviaire de Bologne qui tua de nombreuses personnes) que le phénomène de la Mafia et de sa lutte en Sicile notamment (attentat du juge anti-mafia Giovanni Falcone en mai 1992 à Palerme). Cette œuvre que représente le film, d’une durée totale de 6 heures (2 parties de 3 heures/ Au départ, il devait s’agir d’un téléfilm de 4X1h30 pour la télévision publique Italienne, la RAI), nous montre également le visage de la ville de Florence au lendemain des inondations célèbres de 1966, le parcours de la Squadra Azzurra ( l’équipe nationale de football) lors des Coupe du monde de 1966 et de 1982 (scellée par la victoire finale des Azzurri face aux Allemands de l’Ouest, l’ex-R.F.A.) ou encore la montée du capitalisme et du chômage par ricoché. Surtout, le réalisateur filme au plus prés des personnages la Réalité de l’Existence : les illusions, les désillusions, les relations humaines, la jeunesse,la vie, l’Amour ( la rencontre entre les 2 frères et Giorgia sera décisive pour chacun d’eux), la mort aussi, la trahison. Marco Tullio Giordana , avec une acuité incroyable, nous brosse, nous compose une « Ouverture » pour la symphonie qu’est l’Italie de ces quarante dernières années. Comme il le dit lui-même dans un entretien, la fin du film est une éloge à la Beauté ! La Beauté suppose au préalable une série de « belles choses » existantes : la Justice, l’Egalité..Les dernières paroles du film sont d’ailleurs celles-ci : « Tout est vraiment beau ».
Effectivement, le réalisateur filme avec élégance, ravissement, clairvoyance la Beauté de ce pays à travers divers éléments : ses villes (l’œuvre nous fait voyager à travers l’Italie du nord au sud, de Turin à Palerme en passant bien sûr par Florence et Rome), ses protagonistes (quelle vigueur, force de caractère, persévérance) ; en outre, le choix des acteurs est admirable : par exemple l’acteur Alessio Boni qui interprète Matteo incarne à lui seul la Beauté de la Souffrance !!Dans le film, Nicola son frère (joué par l’impeccable Luigi Lo Cascio) le compare à un Achille (fort,courageux…mais fragile) ; je pense aux actrices charmantes et sensuelles que sont Maya Sansa et Jasmine Trinca (magnifique Giorgia le pendant de Matteo au féminin). Toutefois dans un entretien, le réalisateur évoque cette richesse culturelle de l’Italie qui va à vau-l’eau , qui se dilapide au profit de la richesse matérielle, pécuniaire : retenons cette réplique du film du professeur d’université qui dit à Nicola de quitter l’Italie…  « L’Italie est un beau pays qui ne sert à rien. »
Voyez-vous, je ne cesserai jamais de parler de ce film qui m’a tant touché ! Il est un bon panorama de l’Italie, une jolie carte postale de l’Italie de 1968, de celle des années noires, celle des années Berlusconi , celles des victoires et des défaites de ce si charmant pays évocateur de tant de « Belles choses ». Si vous ne connaissez pas encore ce pays et sa culture, allez découvrir ce Visage cinématographique, allez contempler les contours magnifiques de cette œuvre qui vous transportera d’émotions, qui vous léguera une once de Beauté dans la Vie parfois difficile et dépourvue de charmes….    


Une fresque de six heures recommandée par Manu
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Mercredi 12 mars 2008

Le mercredi c'est ManuX qui officie sur ce site. En moderne Châteaubriand il vous prose de faire l'Italie de A à Z. On y va:

CIAO ITALIA : L'Italie de A à Z par ManuX

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Episode 3
: F comme FILM ITALIANI ( Les films italiens, le C comme cinéma est déjà pris! )

 

Lorsque mon regard se promène en Italie, il est telle une caméra, le témoin émerveillé de scènes de la vie quotidienne pleines d’émotion, de vérité. Mes yeux captent ce délicieux miel de la vie qui nourrit mon imaginaire ! Et l’Italie en est le parfait terreau, le substrat idéal. Les Italiens ont cette vigueur que n’ont pas en général les Français ;ils sont naturels, avenants, spontanés. Le corps et la voix évoluent en symbiose totale : ils sont théâtraux ! Comment ne pas être frappé souvent par la virulence de leurs échanges, le ton employé et la gestuelle qui va avec !Attardez-vous quelques instants dans les rues de Naples, Rome et vous assisterez à une véritable représentation de la Comédie Humaine !Les femmes et les hommes,les vieux et les jeunes, à gorges déployées, se lancent dans des joutes orales !
C’est bien toute cette cacophonie, cette force de l’être Italien que je retrouve dans ce formidable réceptacle qu’est son Cinéma ! Le cinéma Italien est à mes yeux une sensationnelle « exploration de l’âme ». Le réalisateur F.Truffaut disait que le cinéma c’était la vie et il a parfaitement raison ! Il représente une certaine forme de la société, il filme l’Humanité dans tous ses aspects.
Songer à ce lien étroit entre l’existence et le cinéma me fait indubitablement venir aux lèvres certains films : La Dolce Vita de F.Fellini (1960) où Fellini nous conte la décadence de la société bourgeoise mais plus encore le pourrissement du monde occidental à travers les pérégrinations d’un journaliste spécialisé dans les chroniques mondaines (M.Mastroianni) assisté de son photographe,Paparazzo ( de là découle le nom commun désignant aujourd’hui une certaine catégorie de charognards de l’image – Note de Devotionall), dans les méandres de Rome ; Le Guépard de L.Visconti (1963) qui évoque le problème du Risorgimento (Unification de l’Italie en 1860) en Sicile à travers le Prince de Salina (B.Lancaster). L’arrivée au pouvoir de la bourgeoisie cupide et arriviste va entraîner la Fin d’une Caste (l’aristocratie) et d’un Temps ( la féodalité). Ce chef-d’œuvre ressuscite l’âme sicilienne tout en poésie. Le Sicilien nous apparaît taciturne et fataliste ;la vie et la mort se confondent sans cesse. La caméra de Visconti a su comprendre et restituer l’âme insulaire et ce avec talent !
En 1988, le réalisateur sicilien G.Tornatore nous offrit cette ode au cinéma : Nuovo cinema paradiso retrace avec nostalgie et fraîcheur la Vie ( !) d’une petite salle de cinéma après la seconde guerre mondiale dans un village de Sicile,Giancaldo. Ce film représente pour moi La passerelle idéale entre la création cinématographique et l’existence. Empli d’émotions, de sincérité, de rires, de larmes, de haine et surtout d’Amour, il me fait penser en premier lieu à l’Italie et à sa force créatrice et sa spontanéité !! La scène finale est un bouquet d’exaltation : le héros Toto récupère de son ami mort Alfredo une boîte métallique avec à l’intérieur toutes les pellicules des scènes censurées jadis par le prêtre du village ; tous ces « baisers dérobés » rejaillissent à la mémoire de Toto adulte (qui devenu un metteur en scène reconnu).Un flot d’émotions, de larmes, affleure ! 
 Cette profusion simple de sentiments restituée ici est un reflet de la vie ;c’est pour cela aussi que le cinéma est si populaire car proche de nous et aussi si subjectif !Comment savoir ce qui va nous plaire ?J’aime l’Italie à travers ses gens et son cinéma qui véhiculent tant de vrais sentiments. En esquissant ce succinct rapprochement entre existence et sa représentation au cinéma en Italie, je fais acte de curiosité envers ce peuple si chaleureux…


Scènes mythiques pour films de légende : il cinema italiano

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