Dimanche 1 novembre 2009
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Imaginez donc un peu : toute l’histoire de la Marvel, résumée dans une sorte de gigantesque encyclopédie, où on ne
s’arrête pas simplement aux personnages, aux séries les plus en vogue, mais où on revient année après année sur tous les grands et petits moments qui ont jalonnés l’histoire de la maison
d’édition américaine par excellence… C’est désormais ce que Semic ( et pas Panini, pourtant chargé de l'adaptation des comics Marvel en nos contrées... ) offre à tous ceux qui ont
encore une cinquantaine d’euros à débourser. Un livre de luxe, vendu dans un boitier / écrin, avec deux litographies, et dont la couverture est taillée en forme de M, comme Marvel, ou
merveilleux. L’occasion de revenir sur toutes les époques, des débuts difficiles avec des séries western ou à l’eau de rose, en passant par l’âge d’or et d’argent, avec Stan Lee et Jack Kirby qui
invente l’univers même des superhéros tel qu’il va nous être ensuite légué par ces pères fondateurs. Puis les années 80, l’ère Jim Shooter, qui a vingt ans et quelques poussières s’empare du
trône pour un règne discuté mais récemment réévalué. Ce sont les Guerres secrètes, notamment, et l’explosion du phénomène X-men et de ses séries dérivées. Les années 90, avec la prise de pouvoirs
de l’image au détriment du scénario ( Liefeld et sa X-Force, Mac Farlane et son Spidey ultra stylisé ) et l’explosion d’un nouveau contingent de talents naissants. Et puis c’est aussi le présent,
avec le duo Bendis / Quesada qui fait franchir un nouveau palier à la Marvel, plus que jamais en adéquation avec l’univers réel, dont elle traduit et reproduit les moindres vicissitudes par le
truchement d’œuvres miroirs qui ne pourront plus jamais être taxées de puérilité. Bref, un bien beau cadeau pour faire plaisir et se faire plaisir. Et même si ces « CHRONIQUES DE MARVEL De
1939 à nos jours » n’ont pas non plus un caractère absolument exhaustif, il y a fort à parier qu’elles feront se pâmer plus d’un geek marvelophile qui en a longtemps rêvé la
nuit.
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Mercredi 28 octobre 2009
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Avec la Gazzetta dello sport, c'est noël chaque lundi ! Cela fait maintenant 32 semaines que le célèbre quotidien sportif italien offre à ses lecteurs, pour 9,99 euros, un gros
volume tout en couleurs, sur papier glacé, reprenant les plus grandes sagas de l'histoire des super héros Marvel. Alors bien sur, je possède déjà la plupart, mais parfois ça n'est pas le cas,
tout du moins pas dans un tel confort de lecture. Ce lundi, c'est au tour des ETERNELS de Jack Kirby. Le maître du comic-book d'antan livre là une de ses pièces maitresses. Les Célestes, Dieux
énigmatiques cuirassés et de proportions colossales, retournent sur Terre pour juger leurs créations : les humains, mais aussi les Déviants et les Eternels, deux races parallèles dont les
conflits ont perduré à travers les siècles, et dont l'issue pourrait bien être la disparition - ou la sauvegarde - de l'humanité toute entière. Dessins lisergiques, naïveté et sens du merveilleux
à leur paroxysme, ce volume est absolument indispensable à tout ceux qui gardent un souvenir ému, ou apprécient particulièrement, les comics des seventies. Les Eternels ont bénéficié recemment
d'une relecture de leur histoire, sous la plume savante de Neil Gaiman et les pinceaux de Romita Junior. La Gazzetta nous l'avait déjà offert voici quelques mois. Rappelons que dans cette
collection sont déjà sorties des petites perles avec entre autres Civil war, Spiderman : One more day , les Mighty Avengers de Bendis , la mort de Captain America par Brubaker, les Astonishing
X-men de Whedon, le récent Messiah complex, ou encore World war hulk ou les Guerres Secrètes sur la planète du Beyonder, et le Daredevil de Frank Miller. La France, toujours avec un train de
retard, continue de snobber la culture comics, et s'extasie devant le reporter du petit XX° et de son caniche parlant. Par mille sabords !
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Dimanche 25 octobre 2009
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Le coup de génie de Chris Claremont, avec le personnage de Magneto, fut de donner une épaisseur, une
profondeur inattendue à l’homme, plus qu’au criminel. Derrière le masque du terroriste, réside ainsi un homme meurtri par l’Histoire. Erik Lehnserr est un rescapé des camps de la mort, et il a
vécu les pogroms, la chasse et l’élimination systématique des juifs par les nazis, ce qui lui a coûté sa famille et une bonne partie de son humanité. En tant que mutant, il s’est juré de protéger
les siens, et de leur éviter un destin semblable. Et comme pour lui il n’existe pas de meilleure défense que l’attaque, il prend donc l’initiative en faisant régner la terreur, dès ses premières
apparitions sur la série "Uncanny X-men" . Nous retrouvons Magneto, qui a entre temps a vu ses mobiles et sa psychologie maintes fois retouchés en quarante ans de carrière ( il a même guidé
momentanément les X-men ! ), dans le dernier 100% Marvel en date consacré aux X-men. Pourtant ici, il ne sera jamais question de super pouvoirs ou de types en costume. On a droit pour le
coup à des supers méchants en uniformes (les allemands) et des victimes désignées qui luttent pour leur survie, partagées entre un besoin et une envie de fuite, et une résistance acharnée et
pratiquement utopique. Encore une œuvre autour de la Shoah, s’exclameront les lecteurs blasés, après le « Maus » de Spiegelman, « La vita è bella » de Benigni ou le récent
documentaire colorisé, « Apocalypse » diffusé sur France 2 ! Et bien oui, encore une, qui forcément, puisque qu’elle colle véritablement à la réalité historique, n’apporte guère de
nouvelles révélations sur cette sombre période de l’Histoire, mais qui touche au but par la justesse du ton et l’émouvante sincérité du récit. Là où Spiegelman utilise des souris et des chats, Di
Giandomenico, un italien qui monte, qui monte, chez la Marvel, mise sur le réalisme de planches soignées et puissantes, jusque dans le regard effaré, indigné, désespéré, des différents
personnages qui traversent cet album fort différent des autres 100% Marvel déjà proposés. De ci de là sont disséminés des indices sur les futurs pouvoirs de Magneto, mais jamais il ne peut les
utiliser pour aider les siens, même quand on peut deviner que ce sera enfin le moment ( juste avant la fusillade de ses parents ); c’est l’impuissance d’un jeune adolescent face à une tragédie
absurde qui répond à nos attentes de lecteurs super héroïque. Un coup de chapeau à Greg Pack pour ce récit adulte et rondement mené ( de lui c’est assez surprenant pour être noté ) que vous
pouvez aller acquérir en toute tranquillité : du bel ouvrage. (7,5/10)
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Dimanche 18 octobre 2009
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Durant l’ère du « Dark Reign », qui sera chargé
de protéger les citoyens des menaces les plus mortelles ? Qui seront les nouveaux héros de ce nouveau monde, où les valeurs semblent marcher sur la tête ? Tony Starck étant devenu un
fugitif, lourdement tombé de son piédestal, c’est Norman Osborn qui se charge du recrutement de la nouvelle équipe de Vengeurs. Bien entendu, ses choix sont sujets à caution, puisqu’il intègre
dans son roster une belle brochette de psychopathes ( Bullseye et Venom, quand même ! ) assaisonnée de loosers ou d’individus au psychisme fragile (Sentry, Arès, Osborn lui-même…) prêts à
péter un câble au premier dérapage venu. Le grand public ignore bien entendu qui se cache derrière les masques ( le costume d’œil de Faucon est ainsi offert à Bullseye : on attend avec
impatience que Clint Barton règle ses comptes avec l’imposteur…) et peut être même ne désire t’il pas le savoir. C’est aussi cela que suggère Bendis : face à une menace omniprésente et
contre laquelle vous avez épuisé les solutions classiques ( l’invasion Skrull chez Marvel, le terrorisme de masse dans le monde réel ), sacrifier de sa liberté pour un sentiment de sureté accrue
est un choix que nombre d’américains a déjà fait.
Bendis s’amuse aux dialogues, et nous offre quelques
scènes très amusantes, comme celles des repas de Vénom, qui dévore un skrull auquel il a au préalable pris le soin de demander de se transformer en Spiderman. Ou encore quand il s’offre un
habitant d’Atlantide, et en conclue qu’il « avait un goût de sushi ». Les crayons sont tenus par un Mike Deodato efficace et habitué de la maison ; le brésilien a déjà officié sur
nombre de titres consacrés aux Vengeurs, de la saga « The crossing » dans les années 90, aux plus récents Thunderbolts. Pas de faute de goût avec lui, ses admirateurs vont en avoir pour
leur argent. Fatalis est aussi de la partie. Dépossédé de son royaume depuis les Guerres Secrètes de Nick Fury, il est mis à mal par une ancienne amante, la sorcière Morgane LeFey. La première
mission de nos nouveaux héros sera donc de sauver la mise à un des pires dictateurs que la Terre ait jamais porté, ce qui n’est pas une sinécure quand l’adversaire peut remonter le temps et donc,
de ce fait, s’avérer immortel. Osborn devra aussi gérer les premiers conflits en interne : la psyché délabrée de Bob Reynolds, alias Sentry, et la presse libre qui se réveille avec Hank Pym.
Une plongée inquiétante dans un nouveau statut-quo qui possède en germe tous les ingrédients pour nous régaler les mois à venir. (7,5/10)
En Vf depuis ce mois sur les pages de Dark Reign (Panini)
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Dimanche 11 octobre 2009
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Cela faisait si longtemps que je l'attendait, ce TPB regroupant l'intégralité du grand crossover DC, FINAL CRISIS, que
j'en suis encore tout retourné. Comment? Tout ça pour ça? Alors que la critique intellectuelle crie au génie et allume des cierges, le lecteur lambda de comics hurle au scandale et n'y comprend
absolument rien. Tout ceux ( et ils sont nombreux ) qui hérissent le poil dès qu'on prononce les deux lettres honnies, DC, vont encore avoir du grain à moudre.
Qui détient la vérité? Probablement un peu des deux. Morrison enfante là un récit ultra complexe, absolument hermétique à qui ne connait pas sérieusement l'univers DC, aux multiples
rebondissements, et truffés de trame en suspens, de mise en abîme à reserver aux lecteurs de longue date. Le novice, ou le fan de passage, n'aura plus qu'à perdre la tête en tentant d'y voir
clair. C'est bien là le défaut de Grant Morrison : ses délires personnels sont souvent géniaux, mais parfois il abuse tant qu'on a la sensation qu'il n'y plus que lui qui peut en comprendre les
tenants et les aboutissements. C'est ainsi qu'au beau milieu du récit principal, Morrison insère une aventure de Superman en deux épisodes, "Beyond", qui ne rime à presque rien, si ce n'est des
élucubrations humoristiques avec Bizarro, le contraire de l'homme d'acier, et qui fut présenté aux lecteurs américains en 3D. Gadget amusant, rien de plus.
FINAL CRISIS narre de la chute finale du multivers ( et donc de notre planète ) qui tombe sous la coupe de Darkseid, et se laisse vaincre par la corruption, le mal total, la noirceur
ultime. Rien à voir avec les précédentes "crisis" de chez Dc qui reposent d'habitude sur le concept des univers et des Terres parallèles. De grands personnages meurent, d'autres sont à l'article
de la mort puis gambadent comme par magie deux épisodes plus loin ( Le Green Lantern black, Stewart, guéri par miracle ? ), et le scénario est au moins aussi confus que la barbe de Demis Roussos
était touffue. Il vaut bien avoir entendu parler de "Batman : RIP", par exemple, pour ce qui est de l'homme chauve souris. Coté crayons, rien à redire par contre. JG Jones n'a pas réussi à tenir
le rythme, et il a fallu faire appel à une main d'oeuvre qualifiée pour l'épauler (Bachalo / Manhke ) mais le niveau global reste toujours de très bonne facture, surtout dans les mains du dernier
cité.
Cette "crise finale" sera t'elle la dernière du genre? Quelle direction va bien pouvoir prendre dorénavant l'univers DC? Pour ma part, je ne sais que répondre... vu que je n'ai pas encore tout à
fait compris ce qui a pu se passer, ni vraiment savouré l'ensemble. Faire alambiqué et retors, ce n'est pas forcément faire de l'art. Parfois, un peu de clarté ne saurait nuire, au contraire. On
a le sentiment qu'il vient de se passer quelque chose de fort, de gros, mais qui nous est un peu passé par dessus la tête. Un comble ! Final Crisis : la palme d'or du comic-book le plus confus.
Faîtes comme moi, relisez le attentivement si vous voulez en tirer un plaisir véritable. Et sortez vos mouchoirs pour Martian Manhunter... (6/10)
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