Vous avez aimé la nouvelle Star et les derniers télé crochets absurdes dont nous abreuvent une télévision
toujours en mal de voyeurisme? Alors vous allez adorer la prochaine "next big thing" ( sans jeu de mot, lisez la suite...) que nous prépare Rocco Siffredi, ancienne star du X qui compte à son
tableau de chasse tout ce qui se fait de mieux coté starlettes du porno. Rien que pour ça, respect! Le but sera de trouver la nouvelle étoile du genre, le nouveau Rocco, adoublé par le
maître.
"Je veux prouver avec ce programme, que contrairement à l'idée reçue, acteur pornographique c'est un vrai métier", a expliqué l'intéressé aux 1.300 films comme acteur, plus 220 comme
réalisateur-producteur. L'émission baptisée "Rocco's World" mettra en scène des prétendants au métier, dont "le travail sera filmé comme s'ils étaient en apprentissage", précise Siffredi, 45 ans,
marié et père de deux garçons.
L'émission sera diffusée le samedi soir en deuxième partie de soirée pendant huit semaines, avec un candidat éliminé par semaine. Les chaînes Sky et Fox Italia sont en pourparlers avec le
producteur, "intéressées par la synergie existante avec les nombreux matches de football qu'elles diffusent".
"Les segments 'hard', seront exclusivement visibles sur Internet après acquittement d'un abonnement", poursuit celui a déjà "lancé quatre stars masculines", dont l'Espagnol Nacho Vidal.
Déontologie oblige, les candidats devront se plier au "'Catalogue des 10 règles de Rocco', visant à leur inculquer ses valeurs intangibles telles le respect de la partenaire, la passion, ou la
technique", précise-t-il, souhaitant que "chaque candidat se retrouve face à sa propre dignité". Le vainqueur de la finale se verra attribuer le rôle principal d'une production inspirée de la
comédie à succès "Borat", mais en version X, qui sera présentée officiellement aux AVN Awards, les Oscars du X, à Las Vegas.
Aux dernières nouvelles, Tommawack a vu sa candidature repoussée ( absence de matières premières, le minimum requis de 10 centimètres n'ayant pas été atteint ) et ManuX a été jugé trop émotif, ce
qui est une manière délicate de définir son empressement à participer. Rocco devrait toutefois faire appel à votre à votre serviteur en tant que consultant technique, un spécialiste en studio
étant toujours un gage de qualité pour le spectateur inculte. On va pas manquer ça, quand même?

Un peu de subtilité, ça manquait sur ce site...

Devant l'insistance de certaines personnes, et afin de faire preuve d'une bonne foi inébranlable, j'ai décidé, durant ces derniers jours, de me pencher enfin
sur le cas de NIP/TUCK, une des séries phares du moment, en ces temps etranges ou le format épisodes et personnages à répétition a le vent en poupe au détriment du cinéma.
Loin d'être la daube redoutée, cette série possède un fond intelligent et un discours en filigrane, sur le règne des apparences et la quête de la perfection, qui mérite qu'on s'y attarde.
La série Nip/Tuck propose de suivre la vie et les opérations de deux chirurgiens esthétiques qui possèdent une clinique à Miami,
en Floride, où ils reçoivent, épisode après épisode, des patients venus de tous les horizons. Sean McNamara (Dylan Walsh) est partagé entre son travail et sa vie familiale tandis que son
partenaire, Christian Troy (Julian McMahon, que l'on a pu voir notamment dans Profiler et Charmed, c'est aussi le très mauvais Doctor Doom dans Fantastic Four ), est un
séducteur invétéré, qui utilise sa clinique pour satisfaire des pulsions sexuelles.
Nip/Tuck se distingue par le rendu très réaliste des interventions chirurgicales et par ses scénarios parfois provocants (voir en particulier les épisodes avec la vénéneuse Ava
Moore, interprétée par Famke Janssen). Mais, au-delà, elle décrit avec intelligence et subtilité le parcours de deux amis qui, la quarantaine venue, sont à l'heure des bilans. L'un comme l'autre
semblent avoir tout réussi et se trouvent pourtant confrontés à leurs échecs. Le choc est particulièrement rude pour Sean, qui avait fait le choix de la stabilité et voit ses certitudes
s'évanouir et sa famille se disloquer autour de lui.
Au-delà de sa provocation affichée, Nip/Tuck décrit la lente dégradation d'une famille et le questionnement des deux héros à qui, en apparence, tout a réussi et qui s'interrogent
sur leur vie tout en accumulant les erreurs de jugements et les faux-pas en tentant de rattraper leurs erreurs précédentes.
Pour ceux qui s'interrogent sur le sens du titre de la série, Nip/Tuck est une
expression familière signifiant littéralement pincer (to nip) et border, replier, rentrer (to tuck) et qui désigne l'opération la plus courante de la chirurgie esthétique : le lifting. Autres
anecdote : Vanessa Redgrave qui joue le rôle de la mère de Julia, la femme du docteur McNamara, est aussi la mère de son interprète, Joely Richardson. ( Merci à Hern, moniteur/éducateur
)
Le tout est très glossy : esthétique soignée, superficialité assumée. Les deux héros de la série se complétent à merveille, mais attention toutefois à ne pas abuser de cette série : remplacez le
pétrole par des seins en silicone, l'horrible JR par le retort Docteur Troy, le Texas par la Floride, et vous obtiendrez un Dallas des temps modernes. Temps modernes où les héros affichent un
sourire carnassier et taillent dans la graisse de garces fortunées, baisent leurs clientes entre une opération et l'autre et érigent leur pognon comme arme ultime d'affirmation de soi. On en
rirait bien et on trouverait cela si pathétique, si quelque part, ça n'était pas non plus aussi la réalité. NIP/TUCK, c'est de la grosse fiction à l'américaine, mais pas seulement, et c'est cela,
le pire...

Quand on vous dit que le monde est devenu cynique à l'extrême...
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