Dimanche 10 août 2008

Mulder et Scully sont de retour, mais une décennie est passée. L’agent Scully, après une carrière flirtant dangereusement avec l’oubli, accuse le poids des ans sur un visage plus émacié et une silhouette amaigrie ; on préférait avant ! L’agent Mulder, passé de bide en projet insignifiant, a été sauvé par la grâce d’une série trash mais sans profondeur, Californication. Comme quoi, baiser et proférer des insanités, ça marche toujours très bien, à la tv. Il est de retour pour le Fbi, toujours aussi préoccupé de retrouver sa sœur enlevée par des aliens, et prompt à s’enflammer pour la première théorie farfelue. Voilà pour le cast, on prend les mêmes et on repart, ce qui n’est pas pour déplaire aux nostalgiques de mon genre. Le hic, c’est que les moins de vingt ans n’ont aucune idée de qui sont nos deux agents préférés !

Quand plusieurs femmes disparaissent dans les terres hivernales de la Virginie rurale, les seuls indices de leur disparition sont de grotesques restes humains, retrouvés dans la neige jouxtant les routes. La police, désespérant de trouver une piste, a recours à un prêtre pédophile dont les visions vont mener à une mystérieuse expérience médicale qui serait, ou non, reliée aux enlèvements. Une affaire pour les X-Files, le bureau des affaires non classées, ladit bureau qui a été fermé par le FBI il y a de cela plusieurs années. Les agents Mulder et Scully, ne désirant pas revenir à cette époque compliquée de leur vie, vont devoir néanmoins endosser à nouveau leurs imper' car eux seuls peuvent résoudre ces horribles crimes...

Pas d’aliens, pas de complot extra terrestre dans ce second opus. Pas de ce qui a fait le succès de la série préférée de Jean Claude Bourret. Que nenni, il reste cependant une bonne intrigue policière, pas mal de suspens, et une dose se surnaturel avec des corps découpés qui restent cependant en vie, et une galerie de personnages secondaires qui fait froid dans le dos. Chris Carter a encore de beaux restes et des idées à exploiter pour le cinéma, ce qui fait de ce film un agréable moment à passer, même si le verbiage et les explications pseudo scientifiques qui émaillent l’enquête de Mulder et Scully prêtent parfois à rire. Plus sobre et moins clinquant, cette suite ne sera pas le film de l’été, mais se privera t’on pour autant du plaisir de retrouver les deux agents du Fbi de nos années fac ? Allez, un sympathique 6,5/10

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Mardi 5 août 2008

Pour une fois on ne pas nous rabattre les oreilles avec le concept du super type sans peur et sans reproche, porté par ses idéaux et sa noblesse d'âme. Le super-héros, jusqu’ici modèle de vertu, en prend pour son grade avec ce film. Hancock est asocial, alcoolique, susceptible, assez feignant, bas-de-plafond, violent en bref comme on le lui répète le long du film, c’est un sale con. Tout le contraire de Superman, avec qui il partage une seule chose : sa toute puissance, son invincibilité totale.

Will Smith incarne parfaitement le rôle. Non pas qu’il corresponde aux adjectifs de son personnage mais dans un film d’action fantastique il est comme un poisson dans l’eau. Certes il ne s'agit pas là d'un rôle des plus raffinés, et le critique pourra peut être faire la moue surtout si comparé au récent "Pursuit of happiness", mais étant l'un des héros d'une certaine coolitude à la black américaine, il fallait fatalement que cela arrive au grand ecran. En face, il n’y a pas de super-vilain. Et pour une fois ça fait du bien de ne pas voir un super-héros suivi de sa cohorte de puissants imbéciles ayant tous le même but : conquérir le monde. L'ennemi d'Hancock, c'est lui même. Ce n’est pas une adaptation d’un comics, et on ne s'en plaindra pas ! Les adaptations sont par nature peu fidèles et généralement décevantes pour les fans. Certains des super-héros existent depuis 60 ans et ont au moins une aventure par mois, résumer leur parcours en un film de 2H frise souvent le ridicule et conduit la plupart du temps à des aberrations chronologiques (X-Men) ou a des omissions rendant le héros fade et sans profondeur (Spiderman).

Dans ce film, c'est la solitude du héros qui lepousse à plonger dans le coté obscur de l'individu. Alcool, frime, tout est bon pour évacuer un dangereux mal de vivre, un malaise persistant chez un être que rien ni personne n'est en mesure d'arrêter.  Une vraie solitude et pas juste le sentiment habituel du super-héros tiraillé entre son devoir et le besoin de protéger ses proches qui l’oblige à avoir une double-vie. Au final on en tire un film agréable et divertissant dans sa première heure, avec de bonnes petites trouvailles et des sourires faciles. On se perd un peu dans un final rocambolesque et qui soulève autant de poussière que d'interrogations. On a même l'impression que le réalisateur pris par le temps, a décidé de bacler son film avec moult explosions, pour en finir avec ce qui jusque là semblait pouvoir mériter le titre de petite réussite plaisante. Dommage car il y avait là un potentiel certain, en évitant le sensationnel et le grand guignol de la dernière demie heure. Ce qui n'empêche pas le tout de rester assez correct, même si loin de ce que j'attendais de cette sortie, pour laquelle il y avait tant à dire et à faire. (6/10)


Hancock : l'affiche du film

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Mercredi 23 juillet 2008

Sommés par leur boss de se planquer suite à un contrat mal négocié et qui s’est achevé en infanticide, deux tueurs à gage irlandais zonent dans le cœur historique de la ville de Bruges. En attendant de nouvelles instructions d’un chef invisible que l’on devine acariâtre (par le biais de conversations téléphoniques), l’un, plutôt sage et attentionné, joue les touristes modèle, tandis que l’autre, réfractaire à la découverte de ce lieu de villégiature non désiré et en quête de rédemption, tente vainement d’apaiser sa sinistre erreur en tombant amoureux d’une charmante autochtone dont il ignore les desseins. Dans le rôle du premier, Brendan Gleeson est comme toujours nickel, tandis que le second est incarné par Colin Farrell qui, après Le rêve de Cassandre, joue sur la corde du dépressif agité. Comme Brad Pitt en son temps, le brun irlandais risque de se voir reprocher de surjouer quelque peu. Mais ce n'est pas le plus grave dans l'affaire, sa prestation s’accommodant avec les excès du personnage. Née de l’esprit de l’Anglais Martin McDonagh - après avoir visité Bruges -, cette première réalisation, judicieusement accompagné d’une bande originale mélancolique, combine étonnamment et sans écueils le comique de situation (scènes avec le gros et le nain, les a priori sur les Américains), la comédie romantique (l’idylle entre Farrell et Clémence Poésy : la blonde qui monte, qui monte…), le polar pur et dur (règlements de compte sanglants) et même le loufoque (la dernière conversation entre Farrell et son boss joué par Ralph Fiennes, l’intervention de la patronne de l’hôtel). L’exercice du cumul des genres est toujours périlleux, mais McDonagh s’en sort très bien car il ne s’attarde jamais trop longtemps dans l’une ou l’autre de ces catégories et parvient à créer le type même de fims attachants que j'adore, à savoir ceux où le regard du cinéaste s'attarde surtout sur la destinée de ses héros ou pseudos héros, pour devenir un film à objet et dimension humaine. Un bien bonne découverte à faire dans les salles obscures, où une heure trente de climatisation peut faire grand bien en période de canicule. (7,5/10)


Une bien belle surprise : allez y !

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Mardi 15 juillet 2008

Je suis allé en Italie voir le film de Louis Leterrier, L’INCROYABLE HULK, dont il est difficile de savoir s’il s’agit d’un sequel du fort mauvais Hulk d’Ang Lee ou pas. Il en faut du courage, sachant que je n’ai jamais réussi à atteindre la fin du premier, mais l’espoir fait vivre, et je ne pouvais tout de même pas laisser passer une sortie cinéma super héros sans vous en toucher un mot ? La première bonne nouvelle, c’est qu’on ne perd pas de temps : tout ce qu’il faut savoir sur le dédoublement Banner/Hulk est résumé en 120 secondes dans ce qui ressemble à un générique de début. On entre de plein pied dans le vif du sujet, avec Edward Norton, un de mes acteurs préférés, très à son aise dans la peau du savant contaminé aux rayons gamma, et pourchassé par les méchants militaires qui veulent faire de sa découverte une arme redoutable. On assiste d’ailleurs à une scène de course poursuite superbe, en pleine favella de Rio. Quand Banner perd patience, il se transforme en géant vert, et là on pousse un ouf de soulagement. Les progrès technologiques et les railleries du monde entier ont fait que ce Hulk là est bien plus crédible que le premier, bien plus caractérisé et dessiné, bref on pourrait presque y croire…

 

Le problème du film ? Liv Tyler en petite fiancée compréhensive ( Betty Ross ) qui est incolore et sans relief. Les scènes d’action surjouent le coté cataclysme catastrophe et perdent leur crédibilité. Emile Blonski ( les fans de la BD connaissent la némésis de Hulk, Abomination, un monstre lui aussi chargé aux rayons gamma ) est un personnage à l’ancienne, tout méchant et sans nuance, qui une fois transformé fait parfois sourire. Bref ça castagne de partout, ça explose comme dans tout bon blockbuster qui se respecte, mais à vouloir en faire de trop, ça peut devenir aussi ennuyeux et répétitif. Quand à l’humour, il est très présent mais souvent forcé, en tous les cas bien moins léger que dans le très bon « Iron Man » que je vous invite à voir si ce n’est déjà fait. En fait, ce « Incredible Hulk » est un divertissement honnête pour amateur de grosses bastons, qui dégage beaucoup de poussière mais peu de véritable intérêt pour le spectateur qui n’est pas déjà conquis, à la base, par le personnage de la Marvel. A voir, par curiosité, mais ne restera pas dans les annales du genre. (6/10)


Très belle affiche, par contre
Dans l'esprit du comic book

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Dimanche 13 juillet 2008

Les Nuls, c'était quand même quelque chose, non? Il suffit de revoir "La cité de la peur", grand monument de l'absurde format "Esprit Canal" pour s'en convaincre. A l'époque ( celle ou il y avait encore Bruno Carette et où Faruggia n'était pas encore converti au sarkozysme primaire ) Alain Chabat me faisait bien rire, et puis au fil du temps, notoriété aidant, j'ai un peu décroché. Certes j'ai aimé son rôle dans "Didier", par exemple, mais pour le reste, ça me laissait froid. Nouvelle chance avec ce film, "La personne aux deux personnes", où il n'apparait en réalité que quelques minutes à peine, le reste du temps étant consacré à une présence "voix off" dans le corps d'un très bon Daniel Auteuil, en quadra bouffé par le travail et vieux garçon indécrottable. Idée de film un peu burlesque mais qui fonctionne finalement.

Ce film est l'histoire de Gilles Gabriel, ex-star de la chanson des années 80, qui meurt dans un accident de voiture causé par Jean-Christian Ranu, un petit employé coincé de la COGIP, une grande entreprise de la Défense. Mais Gilles Gabriel n'est pas totalement mort : son esprit a en fait atterri dans la tête de Jean Christian qui ne comprend pas bien qui lui parle tout d'un coup. Quant à Gilles qui conserve toute sa fougue, il n'a pas le contrôle des mouvements de son hôte. Gilles et Jean-Christian passent par tous les états avant de se rendre à l'évidence : il va falloir faire avec, à deux dans la même personne, malgré leurs personnalités opposées. Condamnés à une extrême promiscuité, ils vont s'apprivoiser, s'épanouir et se surprendre. Et le chanteur ringard va se donner comme mission de décoincer son binome, qui en a bien besoin...

La situation de départ est idéale pour toute une série de quiproquos, et en effet le film en est truffé. Passé la difficile et un peu laborieuse introduction au phénomène de double personnalité, les gags s'enchaînent et font passer un très agréable moment. Marina Fois est un peu plus sobre qu'à l'accoutumée et se cale très bien dans son rôle de secrétaire rigide, courtisée par un Daniel Auteuil à son avantage. La voix off de Chabat n'a pas toujours le ton juste, et récite parfois à coté de la plaque, mais comme le propos est divertissant, on ne s'y attardera guère. D'anthologie la scène en fin de film, où Ranu doit présenter un projet économique très austère devant une assemblée de sa boîte, et qu'il mène de main de maître, derrière un clavier et en chansons! Le final est un peu confus et manque de punch sauf pour les tous derniers instants qui vont vous faire sourire, forcément. Une comédie à prendre pour ce qu'lle est : sans grande prétention, mais suffisament armée pour vous dérider pendant une heure trente. (7/10)


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