Jeudi 22 octobre 2009
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Vous avez tous eu un magnétoscope ou avez un lecteur de dvd. La touche « Fast forward », vous connaissez donc. Il s’agit de faire un bond en avant, avance rapide,
pour passer à une autre scène. ManuX est même devenu champion du monde de la matière avec sa collection de dvd porno, pour zapper les scènes les moins croustillantes. Flash Forward, c’est un peu
ça également. Pensez donc, voilà que l’humanité toute entière, du bon vieux macrocosme new-yorkais aux indigènes africains, tombe dans les vapes, comme ça, à l’impromptue. 2 minutes et 17
secondes sans connaissance, avec bien sur durant ce « black-out » une longue série de catastrophes qui en découlent : entre les avions et les voitures sans pilotes, ceux qui
choient dans l’escalier, ceux qui se noient en se baignant, la planète est soudain allégée d’un certain nombre d’habitants, et c’est particulièrement bien rendu à l’écran, dans des premières
scènes post apocalypse à faire frissonner. Le héros de l’histoire est un flic, Benford, qui poursuivait au moment de l’incident fatal des trafiquants de drogue, en mode course folle en grosses
voitures. La grande trouvaille des scénaristes est que durant le laps de temps où l’humanité reste inconsciente, chacun a un flash, un instantané de ce que sera sa vie quelques mois plus tard,
précisément le 29 avril 2010. C’est ainsi que Benford réalise qu’il sera chargé de l’enquête, pour découvrir les causes de cette tragédie, et que sa
vie en sera fortement menacé par d’étranges individus avec plusieurs étoiles tatouées sur le poignet. La grande réussite, c’est le naturel avec lequel les différents éléments sont introduits dans
le récit, sans forcer, tout semble couler de source. L’efficacité du premier épisode est bluffante, et les dernières secondes permettent un des meilleurs cliffhangers de l’histoire des série
tv : je ne vous gâche pas la surprise si vous ne l’avez pas vu, mais rien que pour savoir qui sont ceux dont on nous fait comprendre l’existence, je vais regarder l’intégralité de la
première saison. Clairement destinée à jouer dans la cour et avec les spectateurs de séries comme « Lost », Flash Forward a tout de même une petite différence de taille : elle
semble en plus courte, plus nerveuse, bien plus talentueuse. Et bénéficie d’une interaction enviable sur le net, où fleurissent les sites « en temps réel » où nombre de geeks contaminés
laissent les souvenirs de leurs propres visions durant un « black-out » qui n’a jamais existé. Et si les plus fascinants, c’étaient
eux ?
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Jeudi 15 octobre 2009
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Séance
cinéma un peu particulière ce jeudi.
La liberté d’expression totale dont bénéficient les américains a de quoi surprendre, voire faire des envieux, de ce coté ci de l’Atlantique. Une des plus féroces satyres politiques, associés à
une des plus radicales démythisation de la politique actuelle, nous vient du monde honni du porno. Hustler, la compagnie de Larry Flint, a eu la bonne idée de chercher le sosie de Sarah Palin
parmi les actrices du circuit du X américain : pour 30 000 dollars, c’est Lisa Ann, une des grandes spécialistes des rôles « Milf – Mother i’d like to fuck pour les non initiés à
cette culture…» qui a décroché le jackpot. Il faut dire que la Palin, doté certes d’un cerveau atrophié et aux idées rances et rétrogrades, fait fantasmer toute une partie du pays avec ses
tailleurs stricts, des lunettes de prof sadique et son air faussement innocent à ne pas y toucher, encore que… Dans sa dernière provocation, Flint invite la donzelle chez un pseudo David
Letterman, en compagnie d’autres pontes de la politique dont surtout… Barack Obama himself, qui ne va pas rester insensible aux charmes de sa rivale.
Le plus surprenant là dedans, ce sont les ahurissantes dix premières minutes durant lesquelles le faux Letterman énumère, dans le plus pur style du vrai, les 15 raisons pour ne plus élire Sarah
Palin à son poste de gouverneur de l’Alaska , avec une causticité et une lucidité mordantes. Impayable aussi le regard que porte d’emblée le faux Obama, quand le postérieur et les nibards de la
républicaine commencent à l’émoustiller. Imaginez juste l’espace d’une seconde ce type de film de par chez nous, avec un Sarkozy qui s’offre l’anus de Ségolène Royal, en double avec Pujadas en
plein journal de 20 heures ? C’est un peu l’effet que ce type de vidéo doit faire sur les américains, sans pour autant que tout ceci déborde dans les tribunaux, dans d’immondes et fastidieux
procès. La bas la représentation d’une certaine réalité, grimée et caricaturée, reste bien dissociée de la réalité même, et donc acceptée. Ce film fait d’ailleurs suite à deux premières
réalisations tout aussi impertinentes, surtout la seconde, « Obama’s nailin Palin (Obama se tape Palin)», où la rencontre entre les deux principaux antagonistes des dernières élections
américaines se trouvaient des affinités en dessous de la ceinture. Quand le cinéma porno fait bien plus rire que certains comiques engagés, il y a de quoi se poser de bonnes, et vraies
questions…

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Jeudi 8 octobre 2009
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Le PETIT NICOLAS, en 2009, évoque forcément autre chose.
Et il n’y a franchement pas de quoi rire, ou si peu. Sauf qu’il s’agit en premier lieu d’une bande dessinée presque mythique, œuvre de Sempé, qui met en scène un jeune écolier d’il y a cinquante
ans, avec tenue d’époque de rigueur, et tout l’attirail de nostalgie attenant. Composée d’une série d’histoires courtes et humoristiques, la Bd se voit adaptée sur grand écran par Laurent Tirard,
qui réussit globalement à saisir l’esprit et l’essence de la chose, transformant une mosaïque fragmentaire en un long métrage truffé de clins d’œil au support papier. Ce qui est vraiment dans
l’air du temps, ce sont ces films au parfum d’autrefois, des « Choristes » au « Faubourg 36 », comme si la nostalgie déjà évoquée s’était diffusée dans tous les esprits
français : ah que c’était mieux avant. Mais si avant, vous savez ! Avant quoi ? Avant la France du chômage et de la crise, avant la société de consommation TF1/MTV, avant les
arabes et les kébabs en lieu et place du jambon-beurre ? Où commence un sain « revival » de l’après guerre, et où s’amorce un mouvement réactionnaire et rance (Pétain, il n’a pas
fait que des conneries quand même..), nous ne le saurons jamais vraiment. En attendant, le public adhére, forcément. Les plus jeunes apparemment, qui rient devant les aventures de ce Nicolas en
culotte courte et sans Rolex, alias Maxime Godard, ici charmant bambin un peu falot et loin d’avoir le potentiel comique et ironique de la Bd. Si certaines scènes sont assez drôles ( Des visites
surtout, la visite médicale, celle du ministre…) le patchwork final est plutôt décousu et laisse un sentiment mitigé, comme la prestation du jeune héros, mièvre et défilée par moments. Souhaitons
que Frédéric Lefebvre, l’improbable porte parole de l’Ump, sous secrétaire d’Etat aux propositions débiles et ahurissantes, ne se laisse pas transporter par ce spectacle gentillet, et sur les
ailes de l’euphorie, ne demandent le retour de la blouse grise, la fin de la mixité scolaire, et le recours aux châtiments corporels pour les cancres, dans nos écoles. Encore qu’aux dernières
nouvelles, nous en sommes encore loin, puisque nous envisageons plutôt de récompenser les plus assidus aux cours avec monnaie sonnante et trébuchante. Le petit Nicolas, gentil comme il est,
aurait fait une longue et brillante carrière au pays merveilleux de Xavier Darcos et Luc Chatel. (5/10)

Quoi, je me serais trompé de film?
Allons, celui ci est bien plus drôle...
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Jeudi 1 octobre 2009
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40 ans plus tard, la grand messe de Woodstock continue de
nourrir fantasmes, légendes, souvenirs. Et ce d’autant plus que nos sociétés occidentales semblent avoir amorcé un virage vers le tout répressif et le tout sécuritaire. Ang Lee, après avoir
touché du géant vert aux rayons gammas et aux cow-boys aux mœurs relâchées, se lance ce mois dans un film qui ramène à nous cette époque qu’on voudrait bénie, où un bon tarpé et une belle chemise
à fleurs suffisait à vous rendre plus belle la vie ; plus économique également puisque vous n’aviez pas besoin de rendre visite à votre coiffeur. On a échappé au pire, c'est-à-dire une
reconstitution un peu pathétique du concert en lui-même. Pas de Jimi Hendrix au rabais ( Corneille dans le rôle ? ) ou de Janis Joplin grimée, ici c’est les à cotés, les coulisses de
l’événement qui sont à l’honneur. Elliot, décorateur d'intérieur à Greenwich Village, traverse une mauvaise passe et doit retourner vivre chez ses parents, dans le nord de l'État de New York, où
il tente de reprendre en mains la gestion de leur motel délabré. Menacé de saisie, le père d'Elliot veut incendier le bâtiment sans même en avoir payé l'assurance alors qu'Elliot se demande
encore comment il va enfin pouvoir annoncer qu'il est gay...Alors que la situation est tout simplement catastrophique, il apprend qu'une bourgade voisine refuse finalement d'accueillir un
festival de musique hippie. Voyant là une opportunité inespérée, Elliot appelle les producteurs. Trois semaines plus tard, 500 000 personnes envahissent le champ de son voisin et Elliot se
retrouve embarqué dans l'aventure qui va changer pour toujours sa vie et celle de toute une génération. Demetri Martin est absolument parfait dans la rôle phare, d’une crédibilité qui suscite
l’empathie et l’adhésion. Ce film d’Ang Lee est en fait l’histoire des petits pots qu’on range dans les grands : une trajectoire individuelle, celle d’Elliot, croise la Trajectoire avec une
Majuscule de toute une génération, dans une libération collective et personnelle. Un individu, des individus, qui apprennent à briser les carcans les séparant du bonheur, et qui opèrent pour
enfin se réaliser, envers et contre les mœurs et les préjugés de l’époque. Ce n’est bien sur qu’illusoire et sujet à caution sur le long terme, mais quand c’est interprété avec la candeur et la
légèreté qui s’impose, c’est agréable à regarder. (7/10)
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Jeudi 10 septembre 2009
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Dernier film en date sur les écrans, avec pour toile de fond une « invasion » extraterrestre, DISTRICT 9 a en tous les
cas une base de départ qui sort des canons classiques. Tout d’abord, on n’assiste pas ici à l’arrivée puis l’installation des affreux hommes verts ( en réalité des sortes de crevettes sur pattes
) : l’exposition des faits se fait à vitesse grand V, et on apprend ainsi que pour une fois, la présence chez nous de ces aliens est tout sauf conquérante : ils sont tout bonnement en rade avec
leur vaisseau gigantesque depuis des années, comme s’il était mu par un vulgaire moteur de Fiat Punto. Autre particularité, ils n’ont pas choisi comme à l'acoutumée de faire de New-York leur
terrain de jeu, mais se retrouvent parqués contre leur gré dans un camp de réfugiés des plus sordides, aux portes de Joahnesburg, en Afrique du Sud. C’est là que réside tout l’intérêt de la
première demie heure, qui oscille entre pathétique et comédie, critique sociale et satyre réussie. Ce District 9 se présente à nous comme un film de Sf plutôt « cheap » où les deux camps, humains
opportunistes et extraterrestres livrés à eux-mêmes, en prend pour son grade. On a beau chercher, on trouve finalement assez peu « d’humanité » dans ce sombre tableau, que vient compléter une
équipe de spécialistes chargés d’organiser une vaste évacuation, vers de nouveaux lieus isolés. Un immigré est toujours un immigré, personne n’en veut chez soi, qu’il soit basané, jaune, ou doté
de mandibules. Hortefeu applaudirait des deux mains, que diable, point de sensiblerie sur ces sujets !
Là où ça se corse, c’est quand le responsable de l’opération d’évacuation manipule sans précaution une sorte de spray extraterrestre, qui lui envoie à la figure un jet néfaste. Pas la peine
d’être un prix Nobel pour comprendre ce qui va advenir au malheureux, qui va vite se retrouver fort malade ( à coté la Grippe A est vraiment à mourir… de rire ) et avec une pince de crustacé en
guise de main gauche : ça s’appelle combinaison de l’ADN, et ça n’augure rien de bon. D’autant plus que cette particularité fait de lui le seul être coté humain à pouvoir utiliser la technologie
des armes aliens. Pour le coup, adieu audace et innovation, retour à la case « science fiction pure et dure » avec la menace d’une contamination, et la lutte d’une victime pour sa propre survie.
Coté esthétique, ce n’est guère mieux : nous avions eu une très bonne entame sous forme de faux documentaire, voici que nous poursuivons avec un film classique, un blockbuster de plus, bien
qu’assurément meilleur marché ( 40 millions de dollar, ce qui est peu pour une production Peter Jackson de cette envergure ). L’impression définitive est que le postulat de départ, qui est à
louer, est tombé à plat beaucoup trop tôt, et qu’il a fallu boucler District 9 en recourant aux ficelles convenues, pour en faire un produit appétissant qui fera recette. Le tour de passe-passe a
bien fonctionné aux States, où le film a enregistré de bons résultats cet été, mais il nous empêchera tout de même de le ranger dans la catégorie des réussites de la rentrée. En somme, inachevé.
(6/10)
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