Bosser tue

Publié le par Maniette

La pacchia è davvero finita.

A partir de demain je reprends donc le travail après des"vacances" qui ont durées presque trois mois

Certes je ne devrais pas me plaindre, si je considèreque tant de personnes sont au chômage, en France, et seraient disposées à accepter les sacrifices les plus humiliants juste pour pouvoir se sentir en paix avec le reste de la société, qui ne vous juge pas digne d'un ragrd si vous ne pouvez pas justifier de votre statut professionel ( ou tout du moins si vous ne pouvez pas offrir le moindre pouvoir d'achat, le vrai sésame de la félicité moderne ).

Le problème est que je pense trop souvent à tout ce que je pourrais faire, les livres à lire, les endroits à voir, les choses personnelles que je pourrais accomplir, au lieu de perdre 18 h de ma semaine ( mais avec les heures de préparation et de correction, nous sommes, nous enseignants, bien proche des classiques 35h, et parfois plus ) pour un public initéressant et ininteressé.

L'homme n'est pas fait pour travailler, c'est une évidence. Le problème, c'est que depuis toujours ( depuis qu'Eve s'est permis de croquer la pomme ) nous culpabilisons les gens qui ne peuvent pas justifier d'une utilité quelconque pour le reste de la société. Question classique : mais à quoi tu sert, alors, si tu ne veux pas travailler.

Certes, mais qui nous dit que tout doit être absolument utile, que tout doit être vu dans l'otique de la rentabilité? L'art, le seul refuge de paix qui nous est encore offert à tous, en est l'exemple le plus eclatant. Vouloir appréhender le monde dans son aspect "utilitaire" revient à le vider de tout plaisir, pour conserver juste une coquille vide et sans saveur.

Je ne veux pas retourner au travail. Je ne veux pas perdre mon temps. Et si on m'y oblige, je trouverai bien un moyen de faire de la résistance.

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On raconte souvent que Nice est une ville de vieux. Allez donc faire un saut sur les bancs des arrets de bus, devant la gare centrale. Le spectacle est effrayant. Les vieux s'y posent en nuages entiers, comme les pigeons sur la place San Marco, ou comme les oiseux migrateurs qui se rassemblent avant de partir pour l'exil hivernal. Ils bavent et crachent, vacillent et maugréent, ils s'épient plein de méfiance et rêve de se prendre à coup de canne... Ils sont tous là sur les bancs, comme des corbeaux sans plumes, et personne ne pense à y placer un épouventail.

Publié dans devotionall

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aless 21/11/2005 19:40

Que de bon sens !!! Devotionall est un génie !