LES 50 ANS DE GASTON LAGAFFE

Publié le par DEVOTIONALL

Gaston Lagaffe, c'est le grand nigaud de la bande dessinée franco-belge, un gringalet au squelette monté sur ressorts, un vieux pull over-vert élimé et trop court. Franquin, le père de l'individu, est donc le père de cette créature de papier, qui depuis 1957 recueuille les suffrages de plusieurs générations de lecteurs. Et pourtant ce ne sont pas les défauts qui manquent, dans la personnalité de Gaston : Plus faignasse tu meurs, gaffeur en série incapable de guérir une maladresse maladive, poète doux rêveur loin d'être en adéquation avec les exigences du marché du travail. Gaston travaille à la rédaction du journal Spirou, où il accumule bévues et boulettes : mais il n'a jamais été licencié ou presque : après les tous premiers gags, son patron le remercie après qu'il ait introduit une vache dans la redaction! Mais le pouvoir des lecteurs est grand, et leurs protestations remirent de l'ordre dans ce dossier) ou sacrifié sur l'autel de la rentabilité. Ah si dans la vraie vie il en était ainsi, on irait bosser avec le sourire aux lèvres, tiens!

50 ans donc pour la créature de Franquin, ce n'est pas rien. 50 ans pour un anti héros fainéant qui s'inscit en contre pouvoir aux courageux Tintin, Asterix, ou autres Michel Vaillant. 19 albums et 30 millions de copies viennent consacrer le règne du grand nigaud qui préfèrent peaufiner les inventions les plus ridicules, ou entretenir une vraie petite ménagerie domestique dans son bureau, plutôt que de répondre au courrier des lecteurs. Si Gaston a si bien vieilli, c'est que ses caractéristiques épousent parfaitement celles de bon nombre de français, pour qui le travail est un ennemi de longue date : comme disait Coluche, les pauvres reclament du travail? C'est faux, de l'argent leur suffirait! Sinon, pour ce qui est de la BD en soi, un des moments clef de la saga est l'opposition avec l'homme aux contrats, le mal nommé Aimé De Mesmaeker. Ce fut Greg (auteur d'Achille Talon) qui eut ce trait de génie. Il interpelle Franquin et lui dit : « Tu devrais inventer un homme d'affaires qui essaie de faire signer des contrats et n'y arrive jamais ». Franquin le crée et dira plus tard : « Je ne saurais jamais ce qu'il y avait dans ces contrats. Ce qui m'intéressait à chaque fois, c'est : comment va-t-il échouer cette fois-ci ? ».

Gaston aujourd'hui, donc, c'est cette fresque murale de trois mètres de haut, visible en face de l'opera de Bruxelles. Et c'est un album special pour le cinquantenaire de l'animal, qui vient de débarquer dans les librairies. Ce GASTON 50 1957-2007 est publié chez Marsu Productions, mais curieusement le tirage est limité à 100 000 exemplaires ( 48 pages, 8 euros 50, l'habituel tarif pour ce type d'ouvrage cartonné ). Une raison supplémentaire pour ne pas manquer l'ouvrage, qui devrait ravir les fans de longue date.

 

Publié dans devotionall

Commenter cet article