LES ARCHEOLOGUES EN GREVE!

Publié le par DEVOTIONALL

Retour vers le passé : Nice en première ligne. La plupart des grandes villes avaient un service de tram au début du XX° siècle, progresivement remplacé, modernité oblige, par les autobus bruyants et polluants et l'arrivée massive des voitures vrombissantes, des cohortes entières de moteurs qui rugissent, du matin au soir. Mais avec les premiers problèmes et la résurgence d'une mouvance ecologique, le tram s'impose à nouveau comme le moyen moderne le plus interressant pour convoyer les usagers en respectant propreté et efficacité. Sortez les trams, c'est le nouveau mot d'ordre, chaque belle ville se doit d'avoir le sien.

Nice aussi s'y est mis. Pour ce faire, la municpalité à mis les petits plats dans les grands. Elle y a mis aussi les pieds, dans le plat, et même les coudes : la ville est eventrée du nord au sud, une affreuse cicatrice à ciel ouvert, des travaux qui n'en finissent plus, et un chantier qui avance peu ou pas. Les commerçants sont lésés, la ville offre son plus laid visage, la circulation est devenue pratiquement impossible, bref, rien de guère engageant. Les travaux ont de surcroit été retardés : nous sommes à Nice, ne l'oubliez pas, donc des malversations financières ont ammené à reconduire l'appel d'offre pour ces travaux après que la première compagnie ait eu maille à partir avec le justice. Un vaste chantier qui s'eternise, ralenti recemment par des découvertes archéologiques lors des fouilles. Une aubaine pour justifier certaines lenteurs.

Oui mais voilà, même les archéologues en ont marre d'être pris pour des buses. Dans un pays où tous corps sociaux confondus, à peine un habitant sur dix se dit satisfait de son sort, nos braves chercheurs du passé ont décidé de se mettre en grève. Place Garibaldi ont été retrouvé les restes d'un des ponts historiques qui permettait de relier les deux rives du Paillon, ce fleuve qui occupait l'espace aujourd'hui dévolu au boulevard menant à la Promenade. Belle découverte : ce pont orne tous les documents d'époque, et voilà que la municipalité feint de s'étonner, après avoir creusé un peu sous le boulevard, de voir le pont réapparaître! Sous payés et traités comme de vulgaires petextes pour excuser les retards des travaux liés au tram, les archéologues expriment leur ras le bol, et pas seulement à Nice. On peut imaginer que le gouvernement tremble : imaginez donc le pouvoir de ce corps de métier, comment l'archéologie serait capable de mettre la France  à genoux, là où les cheminots ou les routiers ont échoué. Un métier qui consiste à exhumer, analyser, et sauvegarder le patrimoine lié au passé d'une société, a t'il la moindre importance quand cette même société n'accorde aucune considération à la culture présente, et fait preuve d'une arrogante ignorance qui la pousse à se priver de tout futur viable? Les archéologues ont cessé de creuser, mais les politiques locaux eux, n'en finissent pas, et s'enfoncent pelle en main sous la croute terrestre de la décence. Les usagers eux, peuvent bien attendre, l'important étant de ne pas oublier la date butoir du deuxième tiers provisionnel : les vaches à lait produisent un bien bon beurre.

Archéologues en grève sous mes fenêtres : la France tremble

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