CARNAVAL DE NICE

Publié le par DEVOTIONALL

Nous voici donc à nouveau en pleine période de Carnaval, fête populaire ( en théorie ) par excellence. A Nice le carnaval dure presque trois semaines, et se résume en batailles de fleurs, défilés de chars dits aussi "grosses têtes" et profusion de confettis et déguisements. A l'origine, chez les romains, la période du carnaval était un moyen d'abolir les frontières sociales et de mélanger les genres : ainsi couramment les esclaves se déguisaient et devenaient leurs maîtres, et vice versa ( dans d'évidentes limites, tout de même... ). Quand le peuple fait la fête, l'élan porte l'âme collective à la communion et les barrières sociales sont momentanément plus fragiles. Pas  à Nice depuis que le carnaval est devenu payant. Profitant des travaux pour l'installation du tramway niçois, les festivités ont été déplacées sur le bord de mer ( la fameuse Promenade ) et ceinturées d'un réseau de barrière et d'agents municipaux, afin d'instaurer un filtrage par l'argent. Le carnaval de Nice est avant tout payant!

Les tarifs cette année sont identique à l'an passé, c'est une bonne nouvelle. La mauvaise, c'est que déjà en 2006, ils étaient honteusement exagérés! Lors des principales manifestations, comme ce dimanche, les places en tribune numérotée ( seul endroit où il est possible de vraiment bien voir le carnaval, tant il y a de monde ) reviennent à 25 euros. Les places debouts où la foule s'assemble et se piétine sans compassion sont à seulement 15 euros, merci la municipalité. Seuls deux ou trois jours sont gratuits, comme le final ( avec feu d'artifice qui se voit de trop loin pour qu'on le fasse payer! ). Certes, il est encore possible de resquiller, tant est grande l'affluence, et la zone à couvrir friable. Mais pour entrer gratuit, il faut donc frauder.

Les résultats de cette politique? Les vraies familles niçoises populaires ne participent plus au carnaval, ou de façon marginale. Dans les tribunes et sur le parcours, on retrouve des hordes de touristes anglais ou japonais qui ne comprennent rien à ce qui se passe et qui se comportent comme des enfants dans un zoo. Beaucoup de retraités fortunés également, dont le pouvoir d'achat reste satisfaisant, voire etonnament au dessus de la moyenne : ceux qui se plaignent des retraites, à juste titre, seraient étonnés de voir une certaine catégorie du 3° âge ici, à Nice. Les enfants sont moins nombreux qu'auparavant, et  pour cause. Et moi donc, ce dimanche, après avoir versé mon obole à Peyrat, le maire ancien FN jamais vraiment repenti, grand chef de la pègre locale, entouré de bras droits issus des milieus frontistes et aux prises avec la justice, j'ai donc pris quelques clichés du défilé de chars, que vous trouverez sur ce site, colonne de droite, sous l'appellation "Clichés d'auteur". Juste dommage que le soleil, présent douze jours sur treize à Nice, ait décidé de faire une pause le même après-midi! J'avais pensé faire payer la consultation des photos, pour rentabiliser la dépense carnavalesque, mais finalement, ma générosité légendaire m'a retenu. Cela dit, si vous voulez des clichés de la bataille de fleurs, il faudra contribuer au plus vite. Pour 2007, je crois que je vais me faire resquilleur...

1931 : Le carnaval sur la Place Massena, et c'était gratuit!

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