V FOR VENDETTA ( ou FOR VITE VU VITE OUBLIE )

Publié le par DEVOTIONALL

Du coté des DVD de ces temps derniers, le film adaptation du comics culte d'Alan Moore, V For Vendetta, mérite qu'on s'y attarde. Objet d'un véritable culte outr'Altlantique et outre Manche, l'oeuvre de Moore commence à être sérieusement appréciée en France, mais surtout par son coté politique et subversif, moins pour ses qualités intrinsèques de scénaristes de BD. Le père Moore, qui porte sur le cinéma un regard hautement désabusé, a d'ailleurs décidé de ne plus jamais participer à l'élaboration d'adaptation de ses création, travail qu'il juge redondant et hautement infidèle à l'original. Pour une fois, nous applaudissons des deux mains, tant pareille décision n'a jamais semblé aussi clairvoyante. V For Vendetta n'est qu'un produit marketing finalement vide de sens, en tout du moins vide du sens que beaucoup voudraient lui donner. Comme le précise la petite revue critique suivante :

Faut-il s'étonner de trouver sur le net tant d'articles vantant le côté "subversif", "intelligent" quand ce n'est pas "révolutionnaire", du film des frères Wachowsky? Après tout Florent Pagny a bien brandi l'étendard de la "liberté de penser". Dans les deux cas : caricature.

Car comment caractériser autrement que de bric-à-brac l'orientation politique de ce film, puisque politique ce film se dit tel. Il y a en aura pour presque tous les goûts:

  •  Hommage à Fawkes, l'homme qui tenta au XVII° siècle de faire sauter le parlement, parce que catholique il réprouvait l'anglicanisme triomphant.
  • Défense des droits des homosexuels, mis en avant comme victimes emblématiques d'un régime fasciste triomphant en Grande-Bretagne.
  • Critique effleurée de la notion de "terroriste" et clin d'yeux assez visibles, mais sans plus, à un certain Georges Bush.
  • Et même, en conclusion sonore, des extraits de discours de Malcom X et de "street fighting man" des Stones.


Un tel empilement ne débouche pas sur de la politique fiction, mais au contraire sur une fiction de politique. Car que critiquent les frères Wachowsky? Que défendent-ils? 
Certes, certes, ils en rajoutent encore : critique de la télévision, défense de la littérature. Mais celui qui porte ces valeurs, qui apparaît comme un esprit critique, est un homme seul, rendu fou - adulant Monte Cristo et débitant du Shakespeare - qui assouvit sa vengeance grâce à une colossale fortune.
Avec ce dernier point, on touche du doigt à quel point ce film prétendument subversif est en fait une incarnation d'un certain prêt à penser "libéral" au sens américain du terme, de "gauche bien pensante" dirait-on ici.
En effet, là où le héros de fight club entendait libérer ses pairs en détruisant à l'explosif les centres de cartes de crédit pour remettre les compteurs à zero, "V" utilise la sienne pour financer sa petite révolution/vendetta privée. Sous quel drapeau se situe "V"? Celui de la liberté individuelle, celui du droit à l'individualisme. Or s'il est une valeur que l'ensemble des systèmes politiques existants aujourd'hui, non seulement ne combat pas, mais encore exalte et dresse inlassablement contre les valeurs collectives, c'est bien celle que défendent avec tant de force les auteurs/adapatateurs de "V".



Résultat : à décrire la subversion contre une forme de totalitarisme ouvert et hors de saison,  "V"  est dans le fond une oeuvre de dénigrement  de toute tentative de modifier l'ordre établi, celui d'aujourd'hui, celui de l'hyper-capitalisme réellement existant, car il en épouse toutes les valeurs, celles de la consommation industrielle y compris dans le domaine de la culture, dont l'un des succès récents fut...Matrix. La boucle est bouclée. (merci à J.G )

     V FOR VENDETTA : Au final donc une adaptation poussive d'un comics qui n'y gagne rien au change. Un film qui a tout pour devenir culte pour une génération, celle des rebelles prêts à consommer, des guerilleros en Gucci, des révoltés gavés de champagne. Probablement un des films préférés du fiston de Nicolas, tout heureux d'avoir retrouvé son scooter. Merci Papa, merci le cinéma. (5/10)

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Devotionall 17/02/2007 14:27

Cher Tommawack, désolé pour ta muse, qui d'ailleurs m'aurait particulièrement au sortir de l'adolescence, mais mes goûts ont beaucoup évolué et aujourd'hui je suis plus porté sur les bonnasses typiques de film X, je l'admet. Qu'à cela ne tienne, Nat joue mal dans un film pas terrible, je persiste et signe.

Tommawack 17/02/2007 10:59

Et même pas un mot sur Nathalie Portman, la plus belle des femmes du monde, celle qui hante toutes mes nuits et surclasse de loin toutes les vaches laitières de la coupe du monde des gros nibards (sur un autre site de qualité) ?

C'est trop injuste !

Tommawack 17/02/2007 10:55

Et même pas un mot sur Nathalie Portman, la plus belle des femmes du monde, celle qui hante toutes mes nuits et surclasse de loin toutes les vaches laitières de la coupe du monde des gros nibards (sur un autre site de qualité) ?

C'est trop injuste !