San Remo : L'Italie mérite bien mieux

Publié le par Devotionall

Pour beaucoup de monde, l'Italie c'est le grand soleil permanent et le theâtre quotidien d'un peuple exhubérant qui se donne en spectacle sur des airs de dolcevita et de farniente. D'ailleurs cette phrase même a peu de sens en soi, juste un ensemble maladroit des pires poncifs du genre censé servir d'introduction à notre propos. Son seul mérite est de créer le contraste avec ce qui va suivre : Non, toute l'Italie n'est pas ce pays de délice declamé, San Remo est un petit cloaque dans lequel les palmiers poussent les racines dans la fange, et où les notables locaux vont jouer au casino le week end. C'est ça aussi et surtout, San Remo.

N'essayez pas de commencer une conversation à San Remo, si vous vous balladez entre amis, dans les artères de la ville. Jamais vous ne trouverez lieu aussi bruyant, aussi cahotique que celui ci. Entre les claxons des voitures, les nuages de scooters s'abattants sur les piétons téméraires qui s'aventurent sur les clous, les bruits des moteurs qui crachotent ou eructent, vous regretterez les bon vieux temps de Denis Papin et de sa première machine à vapeur ( notez les références culturelles qui se glissent dans cet article ). Evoquer ensuite la pollution me semble presque inutile. NE portez pas de chemise blanche à San Remo, après quelques minutes passés au centre ville, le col se retrouve refractaire à l'action des meilleurs détachants du monde, il ne vous reste plus qu'à faire teindre le vêtement tout entièr en noir. Cependant par mauvais temps, les pluies acides se chargeront d'éliminer toute trace de teinture, un beau et cruel dilemme, en somme.

San Remo est situé sur la Riviera, c'est à dire la méditerranée. Cela signifie aussi que la vie quotidienne y est assez chère, et que le public local est plus proche du cinquième âge que du premier. Vieillard respectables, ou pas d'ailleurs, qui viennent profiter du climat favorable pour passer une belle retraite à l'abri de la rigueur hivernale. Comme leurs compte en banque se vident moins rapidement que leurs vessies hors d'usage, ils s'en vont dilapider des sommes colossales dans les casinos de la ville, puis se faire opérer de la prostate à Nice, au dela de la frontière, pour echapper à la grande tragédie du système sanitaire italien.

Certes, il existe aussi une vieille ville, à San Remo, assez charmante mais minuscule, un petit ilot dans lequel il fait encore bon prendre un verre en terrasse le soir, à regarder decroitre le soleil qui se reflête dans un bon verre de Martini Rosso ( pour les alcolos ) ou de Crodino ( pour les autres ). Certes il existe aussi à San Remo une très bonne fumetteria, c'est à dire un comic shop, chez lequel il m'arrive régulièrement de faire des folies, qui me font penser que si mon grand père paternel, au lieu de m'offrir des Zagor ou des Strange quand j'avais trois quatre ans, m'avait plutôt proposé des Penthouse ou des Hot Video, cela m'aurait au final fait économisé pas mal d'argent, et peut être orienté vers une toute autre carrière professionelle. Ainsi va la vie.

Image:Sanremo-Stemma.png

Alors quoi, vous direz vous, que doit on allez visiter, si par inadvertance nous nous retrouvons un beau jour à San Remo? Vous me posez une vraie colle, là. Le bord de mer, peut être, encore que cette partie du litoral n'est rien de fabuleux. En fevrier, il y a le festival de la chanson italienne, dans le prestigieux theâtre de l'Ariston, où les anciennes gloires des 70's et 80's se mêlent à la jeune génération formatée Star ac pour de jolis duos miévreux et inutiles. Ce festival a déjà été remporté entre autres par Laura Pausini ou Eros Ramazzotti, juste pour en définir en quelques mots le niveau... Et puis aussi le Carnaval et le défilé des chars fleuris, mais ça, vous l'avez vu hier. en somme, vous ne connaissez pas San Remo? Rien de bien grave, croyez moi!

En bref sur cette petite bourgade :

San Remo est la ville natale d'Italo Calvino, un des romanciers les plus importants de l'après guerre en Italie, auteur de textes magnifiques comme le recueuil de nouvelles Marcovaldo ou le Baron perché.

C'est aussi à San Remo que la première classique de printemps trouve son issue, je parle bien sur de cyclisme. Généralement le peloton arrive presque groupé après près de 300 kms et c'est une belle épreuve de force pour arriver le premier sur la Via Roma. Cette année encore je compte bien y assister aux premières loges. Merci beaucoup à Sirio et Gisella, la meilleure chose se San Remo.

Enfin le principal cinema et théâtre de la ville est le lieu où se retrouve les grandes (?) stars de la musique pour le festival de la chanson. La foule est toujours aussi présente pour y arracher une photo ou un autographe, et la ville se transforme en petite Cannes pendant une semaine. Le theâtre s'appelle l'Ariston.

Immagine:Sanremo0006.jpg

Publié dans devotionall

Commenter cet article