La mort dans l'art (2)

Publié le par Maniette

VENDREDI 10 JUIN     10H55

 

La décadence de la littérature n’est qu’un des nombreux aspects du recul généralisé et inéluctable de l’art, sous toutes ses formes. Mort par atrophie, mort par asphyxie. Même le blog, en règle général profondément inutile et égocentriste ( ce blog ne fera pas exception) contribue à cet enlisement déplorable. Bien sur la situation n’est pas aussi désespérée que celle de la peinture ou de la sculpture ( deux formes d’art qui sont aujourd’hui portées disparues ). Le cas de la musique et du cinéma est différent, puisque là , il est possible, en vendant son âme et en pactisant avec la bassesse atavique du consommateur, de présenter des produits « pseudo artistiques » de consommation immédiate, que le grand public s’empresse d’ingurgiter pour se donner bonne conscience et l’illusion de conserver un ersatz de sensibilité.

Dans ces conditions, il est presque naturel d’en arriver à désirer poser définitivement le crayon, et cesser d’écrire, de produire, pour se contenter de jouer le rôle du spectateur qui assiste à une fin de règne, une fin de cycle. Ce rôle ne me déplait pas tant que cela, finalement. La mort de notre culture commune ne se fait pas avec panache et fanfare, elle est silencieuse, lente et couarde.  Mais elle est inéluctable. Pour peu que nous l’acceptions, voire que nous la souhaitions, cela peut devenir presque divertissant, en plus d’être absolument nécessaire. Si le XXI siècle consiste à élever au rang d’icônes les derniers rejetons de la Star AC’ ou de la Nouvelle Star, à s’extasier devant les pitreries de la reclue Castaldi ou de l’ignoble fermière Régine, à idolâtrer les avatars du vide que peuvent être Lorie, les bad boys rappeurs américains ou les pseudos comiques en manque d’inspiration ( Jamel La Bouze ?), alors il est grand temps de changer de chaîne, sans regret.

 

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