Les Conséquences de l'amour

Publié le par Devotionall

Le journal des culturés présente :

LES CONSEQUENCES DE L'AMOUR

( de Paolo Sorrentino )

Puisque nous avons déjà évoqué ce film, voici donc de plus amples détails. Cela est d'autant plus interressant qu'en traitant des CONSEQUENCES DE L'AMOUR, nous nous attaquons à rien de moins qu'à un véritable chef d'oeuvre. Nous avons ici affaire à l'antithèse parfaite du film d'action ricain ou de la comédie à l'italienne : le rythme est d'une lenteur presque terrifiante, du moins au début, et le film a le mérite de ne jamais s'abaisser à racoler ses spectateurs, mais plutôt les oblige à se hisser à son niveau. Une recherche esthétique profonde parcourt la pellicule, chaque scène, chaque geste, chaque réplique, avoisine la grâce que confère l'assurance de la perfection. Tony Servillo, dans ce role de comptable mafieux cloitré dans un hôtel en suisse est excellent, probablement la meilleure interprétation qu'il nous a été donné de voir depuis bien longtemps.

L'histoire :

Les Conséquences de l'amour raconte l'histoire d'un mystérieux pensionnaire solitaire et taciturne d'un hôtel. Elégant, mais toujours distant, voire antipathique et misanthrope, cet homme distingué semble pourtant cacher un secret. Un passé inavouable que le scénario s'attache à dévoiler, par petites touches. Le portrait s'enrichit au fil des scènes, jusqu'au final, forcément funeste. Cette histoire d'un comptable condamné par la Casa Nostra à rester enfermé dans un hôtel, loin de sa famille, et qui attend l'occasion d'apporter une fin rocambolesque à sa sinistre vie (sic) aurait peut-être pu prendre une autre tournure si Girolamo ( le nom de notre comptable ) n'avait pas croisé le regard innocent de la jeune femme receptionniste de l'hôtel...

Rien dans ce film n'est laissé au hasard : le huis clos étouffant de l'hôtel, la fausse froideur qui en émane, jusque la bande son electro qui vient donner du souffle à de simples déplacements apparemment anodins ( Servino part déposer une valise pleine de billets à la banque, la bande son en devient techno-affolée ), tout cela donne au film ce mot qui revient souvent : la classe. Même les mafieux du film sont campés avec une justesse qui echappe à l'habituelle parodie trop souvent resservie ( croyez moi sur parole... ). Sorrentino a accouché la d'un film hors du temps, hors des conventions, qui à partir de presque rien rejoint l'universel, qui sur un faux rythme glacial captive et ensorcelle son auditoir. Un film modèle qui pourrait s'imprimer sur papier glacé et se laisser écouter avec une compil du Buddha Bar, un essai esthétique amplement réalisé, un OVNI etrange dont on sentait cruellement le besoin tout en en ignorant l'existence. Vous savez ce qu'il vous reste à faire, non? (9/10)

 

( Pour ceux qui s'en inquiète, Devotionall lutte toujours contre une forme d'infection grippale très forte qui luit brule les poumons et cause une forte fièvre. Placé sous cortisone, le séjour à l'hôpital n'est pas tout à fait exclu. Croisons les doigts... )

Publié dans Journal des culturés

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